CHAPITRE V
Bonté de Pyrgos à Oljmpie. — Cours de rËnipée, du Dation 9 de l'Achéron, du Parthénias, du Cythérius et du Cladée. — Noms modernes de ces rivières. — Aspects du pays.
Nous partîmes de Pvrgos pour Olympia , peu de Jours après le solstice deté , époque où Tod célébrait autrefois , tous les quatre ans (i) , aux bords de l'Alphée , des fêtes instituées par Hercule. "Vingt siècles plutôt , nous aurions rencontré sur notre route ce que le monde connu avait d'hommes avides de gloire ^ qui se rendaient à Olympie pour ohteiiir des palmes , des éloges publics ou des mentions honorables. Nous aurions vu les enfants, de la Sicile , avec les coursiers superbes envoyés par les rois d'Agrigente et de Syracuse , les députés de Cyréne en Afrique , qui se destinaient à entrer dans la lice ; les athlètes , les poètes , les orateurs et les ai chiLlicores f^) , se diri^reant vers cette panégyrie, où les nations civilisées envoyaient l'élite de leurs citoyens , afin de gagner la couronne d'olivier, distinction aussi glorieuse pour les Grecs que Vhonneur du triomphe Vêtait pour un
(1) Les jeux olympiques se cclébraicDt tous les (juatre ans , comme cela est mentionné par le SchoL sur le 35*^ vers de la IlI^Olyinp. dePindare. rCvsrot h dLY^> «ori pèv TitfoopcéxovTa
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(2) Archilhéores , fléj)utLS qui représentaient les états delà Grèce. Us étaient chargés d'exposer sous des pavillons supcrhes les vases d'or, d'argent, et les objets d'industrie, etc., sortis des ateliers de leurs plus fameux artistes^ ou de leurs manufactures.
SgG VOYAGE DE LA GRèCE.
Romain (i). Je faisais ces réflexions , en suivant le chemin de la plaine^ que les habitants d'Élis préféraient à celui des montagnes , à cause , sans doute , que ce dernier était impraticable aux chars. Au silence proioiid qui réguait sur la campagne , on aurait cru que les hérauts envoyés par les hellanodices {pt) venaient de proclamer le décret qui suspendait les hostilités dans la Grèce (3j. Mais le calme qui régnait autour de nous , au lieu d'être celui de la paix , n'était plus que la monotonie de la solitude. A la place du concours des peuples couronnés de iieurs et précédés de chœurs de musique , on n'apercevait , à de grandes distances , que des groupes de moissonneurs occupés à entasser des gerbes ; et Técho qui répétait jadis les dithyrambes de Ptudare ne répondait plus qa'aui chants barbares de quelques cfaevriers albanais et au bruissement des cigales.
Nous venions de quitter Pyrgos au moment où le soleil blanchissait les faites des montagnes de TArcadio. Je consigne ce souvenir, car j'ai pris note de toutes les circonstances d'une journée dont les moindres détails sont classiques. Mon ami M. Gartwright
(1) Cic. , Tuscul. , lib. II ; et in Orat. pro Flncco.
(2) Hellanodices, jti{^es des jeux publics, ils avaient en sousordrc des gardiens des lois^ vo(Mfu)Lfl(aM(. iË&chia. £pii>t.» Pans., lib. VI, c. 2/|.
(3) A l'approche de la célébration des jeux, on annonçait , par la proclamation d'un décret, k cessation générale des bos* tilités. Les troupes qui auraient osé pénétrer sur le territoire sacré étaient condamnées à une amende de deux mines (180 fr.) par soldat (iEscHm., De falsAeg. , p. ^97 ; Paus. , hb. V, c. ao ; Diod. , lib. XlVj Thucyd, , lib. V, c. 49-