LIVRE XVI, CHAPITRE VI
A soixante pas , en remontant au nord ( car le terrain s'élève dans cette direction ) , je vis un théâtre construit dans un enfoncement du mont de Saturne. Sa position , parallèle au village. d'Antilalo, qui cLait situé sur la rive droite du Gladée, me fit croire que c'était l'endroit où i'on décernait les couronnes , en chantant le refrain de l'hymne d'Archiloque. A peu de distance, je vis des voûtes en brique, que les paysans appellent les bains, et qui sont probablement fes restes des thei'mes dUadrieil. £n regardant dé cette disLauce le point culminant du mont de Saturne, je n'aperçus aucunes traces de l'autel élevé dans les airs , auquel on montait par de vastes éscaliCis , quoique le soleil éclairât parfaitement cette coupole couverte de pins. Nous fîmes environ deux cents pas à l'occident pour descendre au moulin du Gladée, qui est adossé aux piles cran pont très-ancien construit en brique. Cette rivière , maintenant appelée StaVro-Képhali , coule au fond d'un canal enveloppé par des bords de quarante pieds d'élévation ; et ses eaux brisent contre des fragments de marbre , de pierres de taille ou de briques d'une grande dimension. £n suivant sa rive gauche , j'observai qu'elle fut autrefois revêtue d'un parapet construit en pierres équarries et jointes sans ciment , comme dans les bâtisses désignées sous le nom de tringos (i). Cette
entendu ) un portique voùlé qui répétait sept fois les cris ou acclamations*
Plutarch., Jpophthegmat, , p. ioi3^ édit. Lausan. i573. (i) Paus*9 lib. y» c. la» dit positivement : Kai XtAm rt Opt^x^ irefu'pxmt) ce que ses traducteurs ont rendu par maçonnerie en pkrr^ sèches. Mais eelte version est vague» puisque l'auteur a
VOYi!L©B DE LA GRÂCE.
remarque me conduisit à une autre , savoir , c|ue l'Aiphée, qui détruit insensiblement le stade, fut autrefois contenu et rejeté par une digue vers le village de Bassa, du coté de i'Arcadie. Par ce moyen , le mur d'encaissement de la rive gauche du Cladée ( car il n'y en a jamais eu à sa droite ) , était une continuation de la chaussée qui défendait la partie basse de TAltis contre les inondations. Par suite de ce raîsoa- . nement , ce que j'avais pris pour des attérissements formés au midi du temple de Jupiter Olympien , que les eaux couvrent maintenant en entier , sont des portions de la chaussée qui était destinée à réprimer les invasions du fleuve à Tépoque des grandes eaux.
£n considérant la forme tumukire des coteaux. d'Antilalo , je serais tenté de placer à la droite du Cladée les tombeaux des Arcadiens. Le temps ne me permit pas de faire des remarques suivies sur ce coteau^ et nous rétrogradâmes vers le théâtre , en eherdiant, sans y réussir , à reconnaître la place de Pélops et la voie des pompes. Fatigués de notre excursion , noua montâmes à cheval près d'un lieu uni comme une
voulu désigner un parapet qui s*clevait à Iiduteur (rapjmi. Le même écrivain s'explique à ce sujet» quand ii dit que i'hiéron de Diane Proiothronieime avait une semblable balustrade : aC6ci* eptfxo^ <çiv ToS ^MjAoS, etc. [Phodcy lib. X, c. 38). C'était aussi le revêtement et le parapet du gouflre par lequel Hercule avait enlevé Cerbère des enfeirs : n*pt^iT«t fm irévrw ftpvf XCdwv ( Cormth. , lib. II, c. ). Cétaîl encore le revêtement du tombeau d'Ophclte et de 1 auLcl qu'on montrait à Néméc :
P«piot {Corlnth., lib. II, c. i5). Entiu c'était celui de VMeroum d'Inus, qu'on faisait voir àMégare : ivcùç Içiv èpôcv, tï iv' obxh OçiYxoc Xî9«»v. Paus.^ lib. I« c. 4^-