‹ Voyage de la GrèceChapitre 159 sur 224 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Route de Calavryla au couvent de Méga-Spiléon. — Cyiiétha» ou Kcrpéni. — Mont Yradini. — Aperçu sur la topographie de la haute région do mont Chelmos. — Styx, ou Ma^ronéro. — Méga-Spiiéon. — Cours du Bûra. — Monastères de Saint -Nicolas y de la Sainte -Trinité et d'Agia-Mdnî ou sainte retraite. » Eetour à Patras.

Le chemin qu'on prend en sortant de Calavryta , pour se rendre au couvent de Méga-Spiléon , (/a Grande- Caf^eme)^ nous ramena au bord du Cérynite, qu'on passe deux fois , dans un quart de lieue , sur des ponts en pierre, A quarante-cinq minutes du dernier, nous vîmes le confluent de la rivière de Lapatliès avec le fleuve, à l'endroit où elle débouche entre des montagnes rougeâtres. La liberté conservée dans celte région montueusey a attiré une colonie grecque, qui a fondé le hameau de Kerpéni au voisinage d'une ville qu'on croit être l'antique Cynétha d'Arcadie(i). Cette liourgade, où les chrétiens respirent en paix, est le séjour d'été des primats de Calavryta, et le refuge ordinaire de ceux qui se dérobent à l'oppression. L'air y est tellement pur, que les habitants assurent qu'on n'y éprouve jamais les atteintes de la peste. Mais c'est encore un de ces faits qui se répètent sur parole; et .Kerpéni est moins redevable d'un pareil avantage à

(i) KttvflUta vùxç kpubHaç, Steph. Byz.; Paùs., lib. VIII » c. 19; Polyb., lib. iy,c. 18; Plin., lib. IV, c. 6.

458 VOTAGB D£ LA CRKCB.

sa position qu'à la police de ses magistrats , qui ont soin de former des cordons ^ afin de s'isoier des lieux affligés par répidémie.

Nous avions à gauche un large torrent qui sillonne le Ilanc du mont Yrachmi , chaîne occidentale du moul Chelmos, qu'on remonte dans une dii'ection opposée, pour se rendre ji la cascade du Styx. J'ai dît Ailleurs ( i ) quelle route on duit suivre, à partir de Phénéon , afin d arriver par les villages de Sainte-Barbe et de Solos à Tenclave que les modernes appellent Kloukinais. Si on fait ce chemin en sens inverse, en partant de la rive droite du Cérynile, dans deux heures et demie de marche, on passe au village de Mezzérouli, où Ton voit une source qui envoie ses eaux au fleuve Grathis. Un (|iiart de lieue au miJi, on trouve Péristéra, bourg de quatre-vingt-dix familles grecques; un mille plus loin, on aperçoit Chalkiana, et à pareille distance, dans la même direction, Vounari, bourg de cent familles chrétienues. Parvenu à cette hauteur, si on tourne au midi l'espace d'un mille, on arrive à la cascade du Styx, qui est appelé par les modernes Mavronéro, ou \ EaiL- JS oire . Les sources qui forment cette chute d'eau sont reconnaissables en ce qu elles se trouvent, comme le dit PausaniaB.(2) , sur le plateau le plus élevé et le plus abrupte du mont Cyllène. Placées à trente ps Tune de l'autre, elles forment u leur sortie deux ruisseaux > ■ '-I ■■ ■■ ■ ■ I II I ■ ■

(i) Voyez t. IV, c. cxtii de ce Voyage.

(2} « Non loin de Nonacris, bourg ruine dès le temps de Pausanias, et dont on ne eonoaîfi plus remplacement, le mont Cyllène lance un des sommetsies plus élevés que j*aie vus ; et de cettu hauteur tombe l'eau du Styx. »

Paus., lib. VllI, c. 18.

Page 1