LIVKB XVI, ORA.PITRE X
' « Quelques-uns d'entre nous se livrent à l'enseigne- (K ment des clercs qui se dcstiuent au sacerdoce, et ce « sont ordinairement ceux de la cômniunauté éprouvés- 4( par les voyages et la connaissance des hommes , aux* a quels ce soin est confié. Plus ils ont vu le inonde," «r plus ils sont jugés propres à remplir C€^ devoirs , « et on les choisit parmi les plus vieux de notre « ordre, de façon que toujours débonnaires, ils vivent a au milieu de leurs disciples , sans donner dans les «excès d'une hauteur déplacée ou d'une familiarité «coupahle. Nous avions pensé à former des petites « écoles, et h nous livrer à l'instruction de la jeunesse cr en adoptant la méthode indiquée par saint Jérôme (i), « mais la sévérité de la règle nous sépare du monde , « quoique nous regardions comme une maxime desatructive de la dignité de l'homme, qtie ne point « s*expo9eTa la tentation^ c*esi apovr acquis^la vertu, a Cepeuddut nous tempérons la rigueur de nos pré-
Ta à7To<J'£iirv*; les premières ne se chantent que pendant le carcnie qui précède Pâques.
(i) Epist- ad La ram : (iant puero litterae vel buxeae, vel ebiirnese, et suis noniinibus appellentur : ludat in eis, ut liisus ipse eruditio sit. Quinlilien (lib. I> cap. i) souhaite pareillement qu'on ÎDStruise les enfants en jouant, et le bon Roliia insiste sur ce projet, en conseillant d'adopter le bureau iopogmphique de Dmnas* La chalenr qa'il .met à délivrer les enfants à*ua repo* ^ui les attrÙÊe^ en le* tenant to^jourg 'eoUés'^ l'endroit ou ok les fait lire, fait autant l'éloge de TexceUenee de son cœnr, qne de la sagacité de son jugement, qnt voyait dans la méthode routinière , Its dégoût , l'aversion pour l'étiide en général qu'elle occasionne, et, nous diions de plus, la cause de phisieurs maladies, qu'on n'a pas encore observées, quoiqu'elles méritent d'éire étudiées par les médecins.
474 VOYAGE HB LA GRàcS.
« ceptes en voyagoant , parce qu'en vivant loin de la
« soc il* té nous tomberions dans les basses babitudes fi qui accouipugueut rignorance des mœurs du inonde* « Nous avons des frères employés à la surveillance «et aux travaux de nos fermes. Quelques-uns sont « préposés au défrichemeut des terrains vagues, d'au- « très à la garde des troupeaux, dont la laine filée ou «E tissée par leurs mains sert à notre habillement et à «celui des pauvres. , Nous ne revoyons oïdmalreiiïent « ces ouvriers évaugéliques qu'aux grandes solenaités ^de Tannée, où nous nous réunissons autant que « possible , afin de dianter ensemble les louanges du
« Seigneur. »
Après ces rensejgn<»nents , qu'on trouve épars dans les statuts des ordres monastiques , le père qui portait
la parole nous donna quelquts détails sur ki police intérieure de la communauté. 11 nous dit comment les^ cénobites se battaient parfois entre eux (i); les cbâtiments qu'on infligeait aux délinquants , en les punissant par la prison, les fers et la bastuiuiade; les péniteoces imposées pour des délits légers, et les moyens employés afin de maintenir la concorde entre des êtres qui, quoique religieux, sont, malgré cela, des hommes que la grâce ne rend pas également parfaits. Tels sont nos réi^le ments ^ ajouta le caioyer; mais pour les athlètes de la foi, les victoires sont séparées des couronnes par un grand inter^'alle de temps > ).
(i) Les moines se battaient très - anc-iemienient entre eux , comme le rapporte saiot Ëphreiu (t. I, p. iiaS ). Oa les punissait aussi des fers , de la {Nrisoa , etc. t. U , p. a 75 ).
(a) Saittt Jean Ghrysoslàme. Panégyriste <fe saifUjfiUien^ t. III.