‹ Voyage de la GrèceChapitre 164 sur 224 · LIVRE XYI, ÇHAPITRB X. /^'jS · texte numérisé non relu

LIVRE XYI, ÇHAPITRB X. /^'jS

L'article des finances étant une corde délicate à toucher, je me gardai de faire des questions à ce sujet* )e me contentai de savoir que les recettes coavrent les dépenses , et que nos riches abbayes , qui étaient devenues tic véritables letraltes d épieurlens, en dissipant CQ festius leurs richesses, au heu de les employer en aumônes, auraient difficilement fait laoe aui; frais de rhospitalité qu'ei^cercent les moines de Méga - Spiléon. I-es religieux de cette retraite, sans registre à double partie pour calculer les dé» penses et les recettes, sans ostentation, ne comptent leurs jours que par de bounes œuvres, et n*ont pour priucipe d écunomie qu une charité fervente qui s'occupe des malheureux. £e père de /aimUe^ répè-> tent-ils, blâme le zèle indiscret de ceux qui veukni séparer^ Cwraie du bon grain. Ainsi un étranger, quelle que soit sa religion, Ston pays et sa langue^ ne frappe point en vain à leur porte* On ne demande à persoune son pays, sa croyance, ni son nom, pour lui tendre une main secourable; et surtout ou ne s'informe pas quand il partira. Chrétien, Turc, Juif,-fio^ hémien, ou Pyrolâtre, qui se présente, reçoit toujours du pain à discrétion, une ration copieuse de vin, des olives, des légumes, du.fromage, piais rarement de la viande, article au demeurant peu nécessaire aux Orientaux. Il arrive parfois qu'on découvre dans des recoins, des pauvres ou des malades, et le Lazare dt laisse obtient , ainsi que l'étranger , des secours d'autant plus généreux, qu'il paraît plus infortuné. T^nt de» soins ne sont pas perdus pour les religieux, et il est rare qu'on abvise de icHr hospitalité. Les Turcs out des égards pour des hommep chez lesquels ils trouvent d'inépui-

VOTâGE DE I.A GEÈCE.

sables aumônes. Les Grecs croiraient orfeiiser le ciel s'ils prenaient au-delà de leurs besoins ; et les ûdèles comme les infidèles se respectent assez pour ne pas être indiscrets, ni exigeants. Il n'en est pas ainsi da patriarche et des chefs de i église orthodoxe, qui rançonnent souvent les caloyers de Méga^Spiléon, à titre de redevances , de secours et d'emprunts déguises sons tous les prétextes ignominieux que le fisc met en pratique pour arracher jusqu'au denier de la veuve. Les religieux n'ont pas toujours échappé avec un égal succès à Tavidité des pachas de la Morée, et Fopulence qu'on leur suppose leur a valu plusieurs avanies. Mais ces calamités éphémères, loin de porter un coup fa-> tal à la sainte Thébaîde, n'ont servi qu'à augmenter sa prospérité. De nouveaux déserts ont èic cultivés pour ËLÎre face aux d^enses , et les caloyers de Méga-Spt* léon se sont soutenus par un esprit qui a surmonté des difiiculLés capables de renverser tout autre éta])lissement qu'une communauté religieuse. La tradition leur a indiqué la voie qu ils doivent suivre, en persévérant dans le travail et dans la charité. Qu'ils soient donc fidèles à leurs institutions 1 Que leurs mains endurcies ne dédaignent jamais lehoyau! Qu'ils ne confient point à des mercenaires l'honorable soin de diriger le soc orné des palmes de la religion! Qu'ils restent étrangers aux vanités du siècle, tous les cœurs leur sont acquis ; et Tennemi même du nom chrétien n'approchera qu'avec respect d'une retraite sanctifiée par la pratique des vertus, à l'ombre desquelles ils prospéreront.

Gomme il n^y avait pas le même inconvénient à s'in-

iormer de la bibliothèque que des finances, nous ob-

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