‹ Voyage de la GrèceChapitre 165 sur 224 · LIVRE XVI, CHAPITllE X · texte numérisé non relu

LIVRE XVI, CHAPITllE X

tînmes sans diilicuité la permission de la visiter. Nous ne devions pas nous attendre à y découvrir beaucoup

d'objets précieux ; et ce fut sans un grand intérêt que nous descendîmes dans ce souterrain, qu'on pourrait appeler le tombeau ( €%€kL6rafoç ) plutôt que le conservatoire des livres. T^ous le trouvâmes dans un désordre complet : les byzantins, les pères, les philosophes, étaient entassés péle-méle; et, à chaque volume qu'on exhumait, nous étions aveuglés par la poussière. Nous parvînmes cependant à démêler un assez beau manuscrit des évangéiistes, éci'it sur parchemin ; et peut-être aurions-nous exhumé quelque autre livre, SI on ne nous eût pas pressé de rendre visite au pneur, qui nous attendait.

Ce vieillard, que nous trouvâmes dans sa chambre, où il était rctrim par une affection arLlinticpie, nous parla de ses infirmités avec la prolixité ordinaire aux Orientaux 9 qui aiment à raconter leurs maladies réelles ou factices à tout venant. Il nous apprit que ceux qui restaient, comme lui, à poste fixe au couvent, étaient généralement affectés de rhumatismes; et le fait est très-croyable, d'après l'humidité de la grotte qu'ils habitcuL. iSous nous apercevions, quoique nouvellement arrivés , que cela devait être ainsi, par les symptômes d'un rhume, que nous dissipâmes en retournant nous asseoir au kiosque.

Ce fut dans uu dernier entretien avec les moines que j'obtins ce qui mé manquait de renseignements relatifs à la topographie du mont Cyllène. J'attendais l'instant de retourner en France; ainsi je dus me contenter de recueillir les distances de la route qui con-

VOYAGE DE hk GRÈCE.

duit de Méga-Spitéon h Vostitza (i). Ils me donnèrent également des détails circonstanciés sur le cours du fiura, qui prend ses sources dans le mont Cheimos, cinq lieues environ au sud-est de Diacovto. Ils me racontèrent de quelle manière les monastères de Saint- Nicolas , de la Trinité et de Sainte-Monique, qui étaient habités par des religieuses, .forent dévastés en 1770, et comment ces pieuses colombei furent égorgées au pied des autels de leur céleste époux. £t comme je leur demandai si on j observait alors la règle compo* sée par Irène, épouse d'Alexis C^omnène, pour les religieuses de la Vierge pleine de grâces ( xf^^apiTO)fiémç ) de Sjphante, ils se mii'ent à rire , ce qui me prouva qu'un pareil attentat contre la nature n'est plus prati({ué qu'en Italie (si). Tels furent nos derniers entretiens avec les .pères, que nous quittâmes avant le coucher du soleil, pour retourner à Calavryta.

(t) Route de Méga-SpiléoA à Yostitza, un tiers d'heure 6.; de Méga -Spiléon, Zachloros, 5o fomilles grecques ; une demiheure N. O., Dooméni, 100 f. g. , mont Fbtéri ; deux beuret

N. O., Mamoncba; deux heures N., Troupia-tis-Agias-Iréois;

deux heures N. O., Vostitza.

(a) La règle de S le Irène portait que l'économe de ce monastère, son substitut, les deux aumôuiers et les confesseurs devaient être eunuques , c&voûxm f tuà iXertiUvety ^ffwn MXoêet.

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