CHAPITRE PRËMIËR
Potamographie de l'Alphée. — Remarques sur la partie supérieure de l'Areàdie. — M^alopoUs^sesév^ues. — Château de Caritène bâti par les Français. ^ Cadastre de ce canton. Ruines de plusieurs villes anciennes. — Raute de TripoUtza à Caritène. — Londari. — Sinano. — 'Ruines et inscriptions / de Mégalopolis. — Gisement de plubicuts acropoles. — "SjUh phagum d'Arcadie. — Mont Lycée. — Arrivée à Caritène.
Lbs géographes qui ont tracé le cours de l'Alphée placent ses sources dans lé mont Borée d'Arcadîe, à
l occidciiL de Tégée et au-dessus d'Asea , bourg dépendant de Mégalopolis (i). Parlant delà pour éiiumérer les rivières qui forment son cours, ils nomment le Thînnus ou Thîssus; le Gathéate, qui reçoit le Carûioii; le Parrhasius, que le mont Lycée alimente de ses sources; et l'Helisson, dont les eaux, baignaient le pays desTricolons. En poursuivant leur potamographie , ils citent le Lusius et le Gorthynius, qu'on conioiid
(i) Sirab., lib. Vlil, 343.
48() VOYAGE DE LA GRIîCE.
parfois sous une même dénomination ; le Ladon , TÉrymanthe, llaon, le Cladée, le Gytherius, le Triton et
rÉiiipée, qui cumulent les eaux d'une multitude de sources, de ruisseaux et de torrents , à Tépoque de la fonte des neiges , où lorsque Jupiter pluvieux ouvre les caUuactcs do rOIympe pour féconder les campagnes pendant la saison de l'hivernage.
L'Alphée, maintenant appelé Orphéa et Rouphia , dépouillé de son nom poétique , tel qu'un héros privé de ses couronnes et de ses palmes, prend son origine au mont Davria, non loin de Tautei de Borée, oii sa source n*est plus désignée que sous l'appellation vulgaire de Képhalo-Vrisi. Grossi par la rivière d'Aloni- Steno , qu il reçoit au - dessous de Garteroli , il arrive à Mégalopolis dont les ruines ne sont plus habitées que par la faible population du village deSiuano. Après avoir arrosé ce plateau, il s'accroît, en coulant au nordouest, du tribut des rivières de Sainte-Marie, deSapolivadia, de Sabascia et de Leondari, dont les sources voilées de forêts existent dans les montagnes qui forment la ligne de séparation entre les versants de i'Arcadie et de la Laconie.
Au sortir de la vallée de Sinano, l'Orphéa entre dans le territoire de Caritène, pavs antique des Tricolons, toujours abondant en moissons et riche en troupeaux. Après avoir passé sous le pont qui conduit à Garitène, le fleuve reçoit, par sa rîve droite, l'Astycolos ou rivière de Hadgi Oglou; et toujours du même coté, TAgaphthys lui envoyé les eaux des torrents des montagnes de Gorthjs. Au-dessous d'Anargyri, s'ouvre la vallée de Phanari. Sa rivière qui cumule tous les ruis* seaux de l'Alvana ou mont £van verse le tribut de leurs
LIVRB XYII, CHAPITRE T. 48'
eaux dans !c lit de 1 Alphée, dont les bords élevés expirent à Textréinité de la vallée du Ladon,
Cette dernière rivière prend son origine au mont Lampée , ciiaùie qui sépare son bassin de celui du Cérynite. £lle reçoit dans son cours les affluents des villages de Lusi , de Poria , de Pyrgos , de Neminitza , de Palaeo- P yrgos , qu'oîl croit être l'ancienne Melhydrium , et de Cernés. Par une vallée presque parallèle, mais plus septentrionale j le Ladon est grossi par TAroanius et plusieurs autres cours d'eau , avant de s'aceroître du tribut des rivières deTArcadie septentrionale an Cis;i!j)hci)iine que j'ai fait connaître dans mou itinéraire à travers le mont Pholoé et l'Ëiynuuithe , jusqu'à Tripotamos ou Psophis. J*ai dit quelles étaieiit les vallées fertiles situées au milieu de la presqu'île baignée par lÉrymanthe, le Mêlas, le Cratbis, le limpide laon qui se mêlé aVec le Ladon (1)4 dont les eaûx se déchargent dans l'Aîphétî , près d'un endroit que l'on nomme File aux corbeaux (a) : il nous reste niam tenant à décrire la partie méridionale de TArcadie.
Dtf us la marche adoptée par Pausanias , il nomnie, après Psophis, Telphuse, dont le territoire fertile était arrosé par TArsen , rivière tributaire du Ladon. Puis reprenànt ce fleuve à sa source près de Glitor, dont les ruines existent aux environs de Platinder, il revient
(1) Kà^ [x!'<irv vriaov, xcD.Yiv yfiôvv. vaieTocotnv
Dionys. Perig* v. 4t4 etseq.
(2) Paus.,Ub. VIII, c. as.
sur ses pas en éniirnérant Leucase, Mesoboa, Nasès, Oryge, Haluns, les Thaliades et Telphuse, qu'où croit être remplacée par le hameau moderne de Yaniiia. Il fait ensuite connaître Ilérëe, dernière ville de TArcadie du coté de TÉlide ; Aliphère » où Jupiter donna le jour à Minerve , Herée, Melaené, Buphagium et sa rlvicrc, qui boiiuut les Horéens et les Mégalopolitaius. En parlant de Mégalopolis , fondée par Épaminondas , le même auteur nous donne une liste très -importante des villes qui , de leur propre gre ou par hatne contre les Lacédémoniens^ contribuèrent à peupler cette colonie située au milieu du Péloponèse. Dans la province de Ménale ( i ) , il y eut Alea , Pallantium , Eutée , Sumatie, Asée, Aperèthe, Hélisson, Oresthasiuni ,])ipée et Alycée. Entre les Epytiens(2), ou citait Scirtonium Malée, Gromès, Blenine et Leuctron. Entre les Parrhasiens (3), ceux de Lycosure, de Tœnée, de Trapezunte, de Prosée, d'Acacesium , d'Acontion, de JVIacarie, de Dasée, s'y réunirent à l'envi. Parmi les Gynuréens d'Arcadie (4), ceux de Gorthys, de Thise sur le Lycée, de Lycoa et d'Alipbère, suivirent l'exemple des
(i) La province âe Blénale commençait ainsi an S. t). de
Tégée, cil sVtcndant vers Lcondari.
(a^ Les Ëpitiens habitaient probablement dans la Triphylie, où Polybe place une ville appelée Mpyum, lib. lY, c. 77.
(3) Les habitants de ces villes isolées èt indépendantes ne ' songèrent jamais à s'unir par une confédération générale; ils habitaient dans la vallée du OLadon et sur les bords de ses
affluents.
(/}) Les Cynuréens occupaient le territoire situé au N. E. de Mégalopolis vers Vitina et Sopoto.