‹ Voyage de la GrèceChapitre 171 sur 224 · LIVRE XVII, CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE XVII, CHAPITRE I

continuant à descendre à travers une forêt de chênes, on arrive à une émtnence boisée, ({ui est couronne!^

par le village de llhapsoniatia , à peu de distance duquel s'opère le partage des versants entre TArcadie, la Laconie et la Messénie. A un mille de ce hameau^ on reconnaît l'emplacement d'une ville ancienne, située à l'ouverture d'une belle et fertile valli'>e qui.se prolonge au midi. La nature des lieux déploie ici un système de contreforts qui dessinent la charpente de FArcadie, car dans quuize minutes, on traverse une gorge ]Hoionde et boisée, qui se prolonge vers le bassiu de i'Alphée , et un mille au-delà , on monte à Léon* dari , ville éloignée de six lieues et un tiers de Tripolitza.

Léondari n'est pas, comme on Fa cru pendant longtemps , située sur remplacement de Mégalopolis, mais

plutôt sur celui de lA'UCtres , qui fut souvent l'objet des contestations entre les Spartiates et les Mégalopohtains, dont cette ville était le boulevard du côté de la Laconie. Georges Phrantza en parle comme d'une place considérable qui était très-florissaulc au quuizième siècle, temps où elle était la capitale du Péloponèse. Il est probable que sa décadence date du règne de iMahomet IV, lorsque les Vénitiens et les chevaliers de Malte unis aux Maniâtes portèrent le fer et le feu dans les principaux établissements des Turcs ^ qu'ils expulsèrent presque entièrement de la Morée. Lorsque je passai à Léondari, en i/')!, cette bourgade, composée de deux cent cinquante lannlles grecques et turques y était gouvernée par un vaivode mahométan. J'y vis quelques ruines , et il est probable que le champ de bataille témoin de la valeur d'Épamiuondas dut

être un espèce de plateau sî^ué en avant du défilé qui

conduit en Messénie. Toute cette contrée abonde en sources deau fraîche; et les habitants, Laçons d'origine, jouissent d'une santé plus robuste qu^aucuns des montagnards de cette région, où l'homme annonce qu il est né pour la liberté.

La distance de Léondari à Sinano est de quatre milles, et d'un mille environ depuis ce village jusqu'aux rMines de Mégalupolis. La direction N. O. qu'on prepd en côtoyant le Syros ou rivière de Léondari , permet de relever les positions de Camara, village situé un mille au-dessous de llbapsomatia, de Koremi , bâti au confluent du Xerillos avec le cours d'eau qu'on prolonge, en laissant à droite Chiose, Chapoaga, à gauche Dedir bey , pour passer devant Atas bey, d'où Ton arrive à Sinano.

M. Firmitt Didot, qui voyageait dans cette partie du Péloponèse, dit qu^en sortant du bassin de P£urotas par un chemin pratiqué sur les montagnes, il arriva à une ancienne église entourée de forts beaux arbres, d'où il eut une vue superbe de la plaine de Mégalopolis. «Après m*être, dit-il, reposé un moment «t à Léondari, je montai à la citadelle , où Ton mnarque « des ràines. Notre guide nous fit observer de cette « hauteur aux deux versants du mont Ogdfmi ou Borée, u d'un coté les sources de l'Ëurotas, et de l'autre celles « de l'Alphée.

« Notre petite caravane se mit en route vers Sinano , « qui occupe peut-être l'emplacement de Scirttès ; et a un quart de lieue au-delà de ce village , nous arri- « vâmes à Mégalopolis. Notre premier soin fut de re- « chercher le théâtre, qui clail ua des plus vastes de

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