‹ Voyage de la GrèceChapitre 177 sur 224 · LIVRE XVII 9 CBAPIXRC II. 5l · texte numérisé non relu

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hlibituelles les maux cruels de la femine. Tandis qu'on exigeait d'eux les tributs accoutumés, ils luttaient contre la moit, et pour l'éviter, ils se nourrissaient de glands du chêne doux , ainsi que le faisaient les Pélasges leurs aïeux, avant Farrivée de Cérès et de Triptoleme dans la Grèce. La désolation était générale; et pour parvenir à Olympie, si je n'avais pas rencontré quelques chevriers (jui nous procurrrent du lait et du frotnage, . j'aurais été forcé de me soumettre à cette nourriture de Fâge d'or, n'osant plus manger le pain grossier que j'acbetaîs à un prix exorbitant, tant il était rempli d'ivraie. Nous traversâmes FAlphée au Monoxylon de Palœo- Phanarion. »

C'est le passage le plus fréquenté entre l'Elide et

rArcadie. On le fait ordinairement dans un tronc d'arbre creusé en forme de canot , tandis que les bétes dç somme débarrassées de leurs fardeaux le guéent à la page. La pente rapide qui encaisse la rive droite de l'Alphée est tellement escarpée qu'on emploie une heure pour monter à Palaeo-Phanarion, qui a probable* ment pris son nom de quelque phare qu'on y entretenait pour signaler l'approche des pirates, en prévenant les habitants du pays de courir aux armes , ou de se sauver dans les montagnes.

Les restes d'une acropole et quelques blocs de pierre font présumer que ce village, qui est la propriété d'un Schypetar de Lâla , a succédé à Phrixa, dont Hérodote attribue la ibiidation à Minyas. Sou antiquité, (|ui remonte à onze cent quarante-neuf ans avant notre ère, semble attestée par l'état de ses ruines, et par la justesse de sa position évaluée à vingt stades d'Olympie, gisement où se trouve Palseo Phanarion. On domine de cette hau< Y. • 33

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leur un horizon qui permet d'assiguer remplacement des villages de Mundritza, de*Krestioa, de Vrina et de

Palœo - Castroii , qu'on croit être rancieiiue ville de Miotlié. Ces hameaux, qu'on trouvera placés sur la carte dans leurs positions respectives, sont situés dans la partie de FArcadie qui se prolonge au midi du coté de la TripUylie, région enclavée dans le caiilun de Phaiiari. Nous observerons, à ce sujet, que le spécimen de la Grèce ancienne de d'Anville, qui fait tomber le Cladée dans r.Mpliée par sa rive gauche, est rempli d'erreurs, et ne doit être consulté quavec la plus grande r&serve relativement à la Pisatide.

Livré à des indications hasardées, combien d'embarras le vovageur éprouve pour t lablir les faits positifs de la géographie sur le terrain même qu'il a sous les yeux? Ces réflexions m'obligent pour être entendu à prier le lecteur de se reporter à la carte pour comprendre plusieurs dislances qu'il serait fastidieux de répéter, et que nous aurions déjà plus d*une fois supprimées, sans la nécessité de décrire minutieusement les parties de la Grèce qui sont historiques.

Les positions de Phrixa par rapport a Cahtène étant déterminées, et celles de cette ville avec Astycolos,Dragomano, Raphti , Lavda et Saracinicos, dans une heure et un quart on arrive à Trou[)iais, vHlage dont les ruines sib confondent avec celles de Buphagus. La source de sa rivière, qui servait de limite entre les Mégalopott'tains et les Héréens, est ombragée par un plateau auprès duquel on trouve des vestiges de constructions. On a établi, dans une excavation creusée dans le rocher, un moulin appelé ïroupia , le trou^ qui est alimenté par la source qu'on vient d'indiquer. L'Ai-

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phée, qui passe au-dessous, coule dans un caaal profond qu'il s'est frayé entre les rochers. Il ne reste plus de Troupiaîs qu'une église bâtie près d'une fontaine , et à peu de distance on relève le village de Malis, au-delà duquel on voit le pic élevé de Zacouka. Dixhuit minutes à droite, on passe à Stroutza, deux milles plus loin à Koccoura , d*oii Ton arrive à des bains construits par les Romains, qu'on croit occuper l'emplacement de Mélénaea. Â un quart de lieue de ces thermes, si on visite Cticoieos , on v verra une chapelle avec des colonnes en pierre d'ordre dorique ; la rivière Hellénica coule à vingt minutes, de cet endroit, et à deux milles de ses bords on arrive à Anaziri, qui sert à signaler l'antique Hérée.

Cette acropole avait été fondée par Héréus , fils de Lycaon , à la rive droite de TÂlphée , moitié sur le penchant d'un coteau, moitié sur les bords du fleuve où l'on voyait une espèce de cours planté d'arbres; il y avait de ce coté des bains publics, deux temples de Bacchua; Pan, qui était regardé connue un dieu indigène, avait son temple dans la ville. Le faible vdlage d'Anaasiri, où Ton voit la toiur d'un aga turc, seigneur fipodal de cette contrée, qui a succédé à Jean de Nivelle, baron vassal de Geoffroi de Ville -lïardoiu, est le lieu où il faut se rallier en continuant l'exploration de la partie septentrionale de l'Arcadie , afin de rechercher plusieurs ruines caciiees dans cette région niontueuse. Ainsi il est à propos de visiter les environs d'Hellenico- Gastron, de Papadès, avant de se rendre au village de Saint-Jean, qui est bâti sur l'emplacement de Hérée d'Arcadie à la distance de deux milles.

L'aspect de Hérée prouve que cette place fut con-

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sidérable. Son enceinte, couverte de champs bien cultivés, fait qu on n y retrouve que peu de ruines parmi lesquelles on remarque des colonnes en pierre porique de dix-huit pouces de diamètre : il est probable que

ce qui reste de se:? édifices est <*aché dans le sein de la terre. Quant à la position d'AJiphère, il faut se garder de la tradition des habitants, qui placent cette ville h Palatia, les ruines de cet endroit étant des cuabU uctious modernes.

A une demi-lieue du hameau de Saint-Jean, en passant par Péri , on arrive au confluent du Ladon avec TAlphée, près de l'île des Corbeaux, où le lleuve forme deux canaux divisés par un bas -fond. On voit dans l'intervalle de leur jonction, sur une ëminenoe isolée, Beleri , et en tournant à droite pour remojiter la rive gauche du Ladon, on passe entre les hameaux de Mémisi y de Mirkensie et de Saint-Jean. A luie demi-lieue de là, on monte à Scaniani, et deux mille plus loin, on arrive ù Tsouca. A une lieue de Tsouca, on trouve Pyrgomaki et les restes d une bourgade dont le nom est inconnu. A pareille distance , après avoir traversé la rivière de Langadia dans deux endroits différents, et employé une demi -heure à gravir une montagne escarpée, on se rend à Zulatica. A une lieue de ce hameau , en traversant plusieurs ruisseaux et en frandûssaut des rochers, on atteint Racouni, d'où Ton compte trois heures et demie de chemin jusqu'à Dimitzana, foyer de la civilisation renaissante du Péloponèse, où la société phiihellénique a fondé des écoles depuis Tannée 1807» On croit que la rivière de Laugadia est la même que le Theutis, et à une lieue et demie du ponl sur lequel on la passe, au-dessous

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de Racouni, on s'arrête à Gatzoulias, pour explorer les ruines d'une viiie aacienne.

Les débris de cette place ont probablement appartenu à Theutis, que ses habitants délaissèrent pour se retirer à Mégalopolis. 11 parait qu il s'y éleva une autre ville dans la suite ; mais ses restes, ensevelis sous les attérissements, ne consistent plus que dans quelques colonnes doriques. Une église dédiée à saint Triplion, l'un des Anargyres^ attire les Arcadiens dans cette solitude pour y célébrer sa panégyrie qui à lieu à Tautonine, temps ordinaire de la pithœgie ou fete de Touverture des tonneaux , qu'on surnomme la clôture des vendanges. De Tbeutis à Visitzi, il y a un quart de lieue, et cinq milles de ce village à Vanina,d'où la vue s'étend sur les paysages incomparables en beauté qui bordent le cours du l^don. *

Vanîna a, suivant toute apparence, remplace Tel-> phuse; uu assemblage de cabanes couvre sou site enchanteur, d'où l'on* se rend dans un quart d'heure à Spathari, propriété d'un Turc qui a bâti sa tourelle à créneaux et mâchicoulis sur une énîinence. Apres avoir traverse sur un pont la rivière de Spathari , qui tombe dans le Ladon , on arrive au bout de deux milles à llaluiis, où l'on remarque les restes du temple d'I^sculape. A pareille distance au-delà, on montre sur une hauteur l'église de Sainte* Yénérande, qu'on dit située à Trophéa, lieu cité par Pausanias. A un mille et demi de Trophéa on laisse à droite Boccovina , et à cinq quarts de lieue de distance on monte à Yélimaki. De ce hameau le chemin conduit à Mostinitza, village situé dans une espèce de cratère, d'où l'on compte ui»c

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lieue et demie jusqu à Psophis, dont nous avons donné* la description dans le livré précédent.

Afin de ne rien négliger dans notre description de rArcadie, nous dirons que de Psophis à Tripotamia^ en traversant Decoumi, il y a cinq milles environ jusqu'à Scoupi, liaineau situé sur un rocher, où l'on trouve des ruines, et un Palnc^o >Castron, qui est peutêtre l'antique Paos. A peu de distance, le village de Nasos rappelle une position historique, et dans un quart d'heure on arrive h Stretzova, De Stretzova à Kerpini. d'Arcadie, les paysans comptent quatre heures de marche, et trois lieues de cette petite ville au khan de Dara situé sur la route de Calavryta à Tripolitza.

Cest là ce que nous savons sur i'Arcadie, contrée toujours pastorale, habitée par des races superbes d'hommes hospitaliers, qui regardent les étrangers ei les pauvres comme les envoyés de Dieu :

IIpoç yào Aidç eiai*... ^£voi t6 TCTOd^oi Te,

peuplades est! mal les , restées en place pour faire reconnaître les mœurs antiques des premiers âges de la Grèce; puissent-elles survivre à la tourmente!... Car les contrées que je viens de décrire ont vu p^étrer les Barbares disciplinés par l'Europe chrétienne, et la plupart des lieux habités que j'ai énumérés ont cessé d'exister.

L1VA£ XVli, CUAPiXKE 111.

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