CHAPITRE IV
Route rétrograde de Loondari à Mistra. — Sources de TEuio-
tas. — Tutiiheaux Phrygiens. — rdlane. — Cliaracome. — Mistra, origine, étal actuel, population de cette \ille. — Amycléc. — Remarques faut s p u M. du ChùteaubriaDd. — Souvenirs élocjucnts de Scrophaiù.
L'Ëurotas, qui prend ses sources dans les montagnes centràlés du Péloponèse, partage avec TAIphée la gloire
historique d'un nom rendu aussi célèbre par les Spartiates, que celui de son antagoniste le sera à jamais par le souvenir de Pau , de ses pasteurs, des fêtes d'Olympie et des métamorphoses fabuleuses qut le faisaient reiiaitie au sein d'Aréthuse dans lopulente et fertile Trinacrie. Le voyageur qui part deLeondari pour rechercher l'urne mystérieuse de i'Ëurotas, fils de Lélex. issu de Jupiter et de la nymphe Cléocharie (i), doit diriger ses pas vers l'orient d'iiyver. Quelques sources qui coulent des hauteurs voisines, ravertissent qu^il marche sur le versant de TArcadie , lorsqu'il arrive au bout de quinze minutes entre l'église de Saint-Nicolas , bâtie sur une hauteur à droite, et le village de Limatéros qu'il doit laisser à main gauche. On entre aussitôt dans un bois qui se termine par des bosquets roman* tiques, où l'on trouve des puits, des ruines, l'emplacement d'une bourgade, et une chapelle dédiée h saiot Georges. Un mille plus loin , en tournant au S. £. , on traverse un ruisseau au-dessous d'une ville ancienne que les paj^saiis appellent Bourcnos, nom tiré, suivant
(i) BibUd'Apollod., lib. HI, c. $ 3.
54u voyàCt£ la gbècb.
toute apparence, du mont Borée au penchant duquel
elle est située. Dans Tespace d'un quart de lieue, à partir de cet endroit, ou traverse une rivière qui conflue avec la première, cinq ou six cours d'eaux limpides, et on remarque les débris d une voie ancienne; Une chapelle est le seul monument existant sur ce plateau terminé au levant par une rivière qui descend du mont Kerasia, dont les contrepentes se détachant des faîtes supérieurs enveloppent dans leurs ondulations Tan tique l^euctres de Lacoaie,
Tous les ruisseaux qui coulent entre ces digues Tiennes sont peuplés de truites ou pœciles, poissons amis des eaux U aiisparentes et glaciales qu'il animent de leurs vives couleurs. Une lieue à l'orient de Tendroit où Ion se trouve, les montagnards indiquent une ville ruinée qu'ils nomment Irène, oii il existe des débris considérables, près du village de Coilina : c'est peut-être JBelmina. Un tumulus environné de platanes qui ont presque tous vingt-^deux et vingt-quatre pieds de circonférence, est Fendroil d'où il faucha partir pour diriger des recherches, qu un piéton sieul peut entreprendre, à cause de l'aspérité des montagnes que des crevasses rendent inaccessibles aux chevaux et aux mulets. Athénée raconte, au sujet des buttes tumulaires qu'on trouve dans le Pélopouèse et surtout eu Laconîe « que ce sont les tombeaux des Phrygiens qui accompagnèrent l'élops dans l' A pie ou pays des poiriers , qui prit le nom de Pélopouèse. lorsqu'il s'en fut emparé (i).
A vingt cinq minutes du grand tumulus que nous (t}Deipno80ph,, Ub. XIV, c. 5.