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ques écrivains estimés. Ainsi les Laçons étaient, dans un sens, comme le disent PlutarqQe (i) et Élien (2), un peuple sans culture, quoiqu'il y eût parmi eux des hommes instruits. Ce ue serait cependant pas comme Meursius (3) et H. Dodwel (4) traitent cette question , qu'on peut la résoudre en faveur des Lacé>> démoniens; car c'est , à mon avis, une manière vicieuse de raisonner, que de prétendre , parce qu'on a trouvé ides inscriptions dans la Laconie, que les sciences et lettres y furent en honneur. Nulle part , comme dans l'empire ottuinan, on ne trouve autant de légendes gravées sur les moindres revêtements des fontaines, ou sur les colonnes funéraires élevées par des époux on femmes inconsolables, objets d'une tendresse et de regrets étemels y expressions solennelles et équivoques pour ceux qui savent combien nos plaisirs et nos peines sont éphémères. Nulle part aussi les inscriptions ne sont plus pompeuses que chez les mahométans. Le moindre aga est comparé à Alexandre, à J^éridoun, à Cosroês ou à Darius, parce qu'il a entouré un puisard de murs 9 bâti une tourelle, un khan ou (quelque chenil pour héberger les chiens de son quartier. Malgré cela , on ne s'est point encore avisé de publier que les Turcs sont un peuple savant. Peut -être un jour quelques commentateurs les réhabiliterontils sur ce point, avec aut mL dr raison que cerlaiiis voyageurs ont déjà fait des Usmauiis un peuple de philosophes.
(i) Platarch. Institoit. Laconic, t. II > p. $27. (a) iElian. Yar. Hist. XU, 5o.
(3) Meurs. MisceL Laoon. m, 4-
(4) U. Dodwell. Çyd. Lacon. p. 838.
55Î4 TOTACB DE LA. GRiCB.
L*Eleuthéro-Laconie organisée par cantons renfermait dix-huit villes sous le règne d'Auguste. Elles reçurent , comme on peut s'en convaincre par les înBcriptions recueillies sur les lieux ( i ) , des bienfaits de la part des empereurs romains, mais leur fortune déclina rapide* ment, s'il est vrai qu'on n'y comptait plus que quatorze bourgades dans le qualrième siècle. C'était cependant de cette contrée que les empereurs de Constantijiople tiraient une compagnie de tiastaires appelés Tchacons qui Élisaient partie de leur garde. 11 est probable f ue ce fut par ces soldats, qui rentraient comme les Suisses
mercenaires dans leurs foyers au bout d'un temps limité, que rÉvai^gile péuéti a dans la J^coiiie, mais .ce n'est que vers le milieu du dixième aièqle^ tennp» oii Basile le macédonien tenait le sceptre de l'empire d*Orient , que la croii^ fut arborée sur les iomuietî» glacés du Taygète.
Cette époque devint probablement celle de sa sé* paration totale de l'empire et de la fiision de quelques tnljus Slaves et Schypes qui y pénétrèrent. Mais comment perdit-elle le nom de Lacoaie libre, voilà ce que je n'ai pu découvrir. La chronique de ^otiée ne la désigne que sous la déoominatîon de Majne, et on voit par ses récits qu'elle renfermait une population belliqueuse , divisée comme elle l'est encore en Phares ou Phratries, commandées par des chevetains qui s'appelèrent ensuite capitaines. Mais c'est à tort que l'auteur dit que ses habitants étaient Slaves, car Constantin Porphyrogénète affîrme d'une manière positive
(i) Fqy, les inscripdons à la fin du dix-septiéme livre de ce voyage.
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l'origine grecque du peuple (jui habitait de son temps le Magne, nom moderne sous lequel il désigne i'£leulAiéro-IjaGoiiîe, dont on a fait depuis la Tcbaoonie , Zaoonie et le bras ou pre$qiiUa du Magne^ Brazzo di Maina. «On saura, dit-îl, que les habitants du c Magne ne tirent point leur origine de ces Slaves « ( les Ézérites et les Mélinges ) , mais des anciens « Rmnœi , ipie les habitants appellent aujourd'hui « Grecs, parce quils furent anciennement idolâtres « et adorateurs de &ux dieux à la manière des Uel- « lènes, jusqu'au temps où ils «éçurent le haptâme^ « sous le règne de Tempereur Basile (i) ». Ainsi les Mainotes ou Maniâtes étaient spécialement reconnus pour être de race grecque par Gonslantin Porphyro^ génète, qui semble réfuter les doutes qu'on avait déjn élevés à ce sujet. Ils étaient Grecs ou Hellènes et ils le sont encore aujourd'hui ; car on ne trouve ni dans leur idiome, qui est le dorien» comme le remarque Vandale (ti), ni dans la nomenclature de leurs principaux villages, rien qui ait trait aux £sclavuus^ avec lesquels on a voulu les confondre.
Guillaume de Yillelmrdoin., continue le chroniqueur que nous yenons de citer, ayant bâti le château de Mesithra qui dominait le défilé des Mélinges, résolut d'en élever un second dans les montagnes afin de se rendre aisément maître du pays* Le prince monta donc à cheval , traversa Passavas et arriva dans le Magne. Là, il trouva un rocher d'un aspect
(i) Costant. Poi phyrogen., de Admin. imperii. Part. Il, pag. 1 34 , 1 35 ; édit. de Bandui i , in -folio, (a) Vandale , 0issertat. p. 295.
terrible situé sur un cap, où il fit bâtir un fort auquel il donna le nom de Mani.
Lorsque les principaux du pays et les c^evetains du défilé s'aperçurent que les Francs avaient construit ces deux places, les principaux habitants et toute la corn* munaulé ( xoivtfç ) proposèreot de reconnaître le prince , sous la condition qu'il conserverait leurs droits et ne pourrait établir de seigneuries féodales dans le Magne. Us envoyèrent des messagers auprès de GuiU laume et se soumirent à ces conditions, qu'il confirma et leur renvoya écrites avec des sceaux pendants. Ce fiit après cela que Yillehardoin fit bâtir uu fort à Loutron , de façon qu'avec trois places il soumit entièrement toute la contrée des Slaues (i). Que ne putil également soiiniettre un clergé indocile qui preleudait renfermer l'église dans l'état ?
Après la conversion du Magne au christianisme, on avait institué des évéchés à Hélos, à firisthènes, à Maiiici , qui niaiateiiaient la foi de la primitive église parmi les Laçons. Ronie^ ne consultant que Torgasine des papes y persécuta dès qu'elle le put les prélats orthodoxes, eu leur demandant le serment d'obéissance qu'ils ne lui devaient pas , car la puissance papale est un être de convention sociale, qui n'a d'ex^istence légitime que sous le bon plaisir du prince quel qu'il soit. Les Laçons répondirent vainement qu'ils étaient et serait lit les sujets obéissants des princes que le ciel leur donnait ; que la probité était plus fidèle que les ser*ments... On les déclara schismatiques» hérétiques, et in*
(i) Foy. Cbron. de Morée, II, p. 186, 187 , 188. Trad. de Bucbon.
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dignes (lu nom de chrétiens. A ces extravcigances ulti amontaines, le clergé grec. répondit en empruntant ces mémorables paroles de St. Hilaire : ce Pourquoi nous « marquez- vous du sceau de la réprobation , et récla- « mez-vous le i)ras séculier pour nous frapper ? Dieu 4c nous a enseigné à le coiuiaître ; il ne nous y a pas «e contraints. Il a donné de l'autorité à ses préceptes en a nous faisant admirer ses opérations divines : il ne « veut point de consentement forcé. Vous n^êtes pas «c l'apotre de Dieu , car si l'on employait la violence a pour établir la vraie foi, la doctrine épisoopale s'éa lèverait contre cet abus et elle s'écrierait : Dieu est le K Dieu des hommes ^ il u'a pas besoin d'une soumission fc sans liberté, il ne reçoit pas une profession que le a oœnr désavoue : il ne s'agit pas de le tromper mais « de le servir : ce n'est pas pour lui, c'est pour nous «que nous devons obéir (i). » Les nonces du père commun .des fidèles ne tinrent compte des remontrances du clergé Maniate; St. Hilaire fut traité de factieux pour sa tolérance, et le Magne se trouva, boa gré, mai gré, enveloppé dans les nasses de St. Pierre.
On ne change pas plus la croyance d'un peuple qu'on ne s'oppose à sa tendance religieuse. Les nouveaux con(|uérauts tluPéloponèseen firejit bientôt rexpéricace en perdant la Laconie et les châteaux qu'ils possédaient au Magne. Une charte ccmservée par extrait dans les manuscrits de Yilloison nous apprend que ses villages fortifiés étaient alors au nombre de vingtquatre, quantité égale à celle des villes qu'elle possédait avant l'affranchissement d'Âuguste. C'étaient Ma-