‹ Voyage de la GrèceChapitre 193 sur 224 · II- r l · texte numérisé non relu

II- r l

(i) Vie de St. Hilaire, Art. VI, VU.

558 VOYAGK DE I- \ GRÈCE.

rathoDÎsifScoutariyKélépba, Bassara, Tisoria, Zamata, Gatîtziès, Biliova, Snérita , ft^inda , Orava, Cambos, Va*

rousi , Maltissa , Malevrianika , Dolous , M egali-Kaoutineia, Micri - Kaoutineia, Trikolzova, Altomira , Sèlitza , et Kakovoula contrée.

On sait comment la Laconie ainsi qu« le Magne forent reconquis par les princes grecs , peu d'années après que les seigneurs français eurent envahi le Péloponèse. Des lettres patentes du roi données à Versailles au mois d'avril 178a, enregistrées au parlement le i*^ septembre 1788^ font connaître que David, en qualité de dernier empereur de Trébizonde, et sa ÊEimille ayant été massacrés par ordre de Mahomet II en r46a, Tun de ses enfants, Nicéphore, échappé au fer des bourreaux, se réfugia à OËtylos, où il contracta des alliances avec les Protogéronles , ou chefs des anciens de cette contrée. L'un de ses descendants nommé Stépbanopoli y fonda une espèce de dynastie qui s'y maintint jusqu'en 1676 , temps où Constantin Slépbanopoli-Coinnène, contraint par une invasion des rurcs en Morée, se décida à passer en Corse avec une colonie grecque par laquelle il fut reconnu pour le premier de ses diefs. Voilà ce que nous apprend la discussion de Cherin relativement à l'arbre généalogique des Comnènes, sur lequel sont fondées les lettres patentes 9 qui ne leur donnent pas , pour cé^ , plus de titi«s sur la Grèce qu'aux descendants de Fraocus, s'il en reste, sur le tr6ne de France.

La patrie est aux princes qui la défendent et nqn pas à ceux qui Tabandonnent. I^es Maniâtes, résolus à à teindre les rochers du Taygète de leur sang, soDt les véritables dynastes de FEIeuthéro-Laconie. Séparée

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LIVBE XVIf, CHAPITBK V. 559

du Sangtae de Morée en 1776^ elle passa avec les Gyclades som la protectioa du grand amiral ou capitan-pacha , qui remplaça le bach Bagou des Laçons par un bey de son choix et à sa nomination. Zauet bey, qui fut le premier élevé à cette dignité par un firman de Gazi Hassan pacha ^ gouverna le Magne en qualité d'ofïicier de la couronne , mais sans être sacré , comme cela se pratique à 1 égard des hospodarSxde Yalachie et de Moldavie , que l'huile sainte du patriarche oecuménique n'empêche pas d'être pendus (i). Forcé en 1785 par ies intrigues d'un drogman du capitan-pacha de quitter Chy tries ou Ky triés, lieu de sa résidence, il vint se réfugier à Zante pour mettre ses jours en sûreté. Ayant depuis obtenu sa grâce par Tintervention de la France, il rentra au Ma<.;nc , mais ni les lettres patentes qui lui avaient donné l'investiture de sa place , ni sa prudence, ne purent le garantir du cordon, qui termina ses jours en 1787.

Les firmans qui instituent les beys du Magne, écrits dans le style de la diplomatie orientale ("2), semble-

(1) Zallony , essai sur les Fanariotes, c. p. 38, d, i.

(a) FlRMAM JDU CAPITAN PACHA,

Gaû Hassan PaehA^par la grâce de DUUf vezir et eapùadan

ptutha.

Le plus distingué des sectateurs de Jésm , le plus fidèle des pins fidèles sujets de notre très - puissant roi (Padischa), que Allali accroisse votre soumission et votre fidélité : et vous, capitaines primats du Magne, qu'il augmente votre servitude. £d voyant notre présent , glorieux et souverain ordre , sachez que notre puissante , haute et fulminante Porte a choisi et destiné &metakî bey pour chef et commandant de tout le

56o VOYAGE 0E LA GRàCE.

raient annoncer que ce pays est soumis à Tautorité des Sultans, mais il n'en est pas ainsi. A peine un capitaine est-il nommé faey suprême, qu'il compte autant de rU vaux qu'il avait de camarades; et le peuple lui rend en haine et en soupçon au-delà de ce qu'il a acquis en prérogatives et en dignités. On ne le regarde plus que comme un homme suspect, diargé de chaînes par les Turcs; on se méfie de lui, c'est uu agent du capiLau paclia auquel on le sachâe quand celui-ci veut s'en àM&ire, Je ne puis mieux prouver combien Tambition

Magne; et pour cela vous tous, capitaines et grands, ayez pour lui l'obéissance et ia soumission qui lui sont dus; déférez à tous ses ordres justes et raisonnables. Commandez et goavemezy ainsi le veut le roi des rois distributeur des couronnes, avec sagesse et respect^ afin que vous reposiez et soyez nourris à l'ombre des ailes d'or de sa puissante majesté, avec les pri* vilëges que nous luravons accordés et l'assistance du très-haut et très-respectable Gadi Koumagios. Quiconque des capitaines ou grands qui oserait se montrer rebelle à nos ordres, comme à ceux de Zanetaki; vous autres, jusqu'à ce que nous arrivions avec notre puissante armée, unissez-vous avec Zanetaki pour marcher contre tout rebelle et le châtier. Faites ainsi que nous vous avons ordonné et non autrement.

Cazi Hassan , par la grâce de Dieu, vezir et capoudan pacha.

Honorable Zanetaki, avec notre présent, glorieux et puissant ordre, nous vous faisons savoir que nous avons hiunblement rapporté à notre très -puissant roi (Padischa) 'votre respectueuse et humble servitude et votre grande soumission , que vous êtes entré au nombre de ses sujets, que vous conserveres toujours les mêmes sentiments et votre bonne résolution, ainsi que tous les autres habitants, comme fidèles sujets. Il a fait son ûrman^ changeant sa colère en compassion , et sa vcDgcance en

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