LIVRK XVII, CHAPITRE VII
cantons dont nous venons de parler sont arides et pierreux au-delà de toute expression. Cependant la terre que les pluies et les torrents entraînent des lieux plus élevés, est arrêtée sur des uiilliers de plateaux et de terrasses par Tinfatigable industrie des montagnards. Ces galeries cultivées sont couvertes de bled, d'orge, de maïs, de millet, d'oliviers et de mûriers qui semblent sortir des rochers jusqu'à Kytliriès. Cinq ou six maisons disposées autour d^un château formaient le fief et le manoir héraldique de Zanetaki Koutouphari , ci* devant bey du Magne, et de sa nièce Hélène, qui, comme les filles de Sparte , avait succédé , à déikut d'hoirs mâles , aux droits et aux titres de ses nobles ayeux, car on la qualifiait de capitainesse. Leurs demeures se compo** saieiit de deux tours pareilles à nos gothiques gentilhommières des temps de la haute féodalité, qui n'étaient pas ceux de la paix des provinces. Une suite de cliambres et de logements pour les domestiques , d'étables pour les unes et les moutons , et de hangars ouverts formait le circuit d'une cour, dont l'entrée était fermée par une pprte cintrée, crénelée et garnie de mâchicoulis. Â notre approche, un homme armé, commensal de la famille, vint au-devant de nous, parla au guide qui nous accompagnait et l'emmena au château. Sur l'avis qu'il donna au seigneur du donjon, celui «ci s'empressa de venir ^ nous recevoir à l'entrée de son manoir en disant : soyez les bien venus , xczXôç TÎXSeTe.
Zanetaki Koutouphari (i), seigneur de ce château.
(i) Ce bey est parent de Koutouphari dont nous avons fait connaître précédemment les réponsetî aux questions qui lui avaient été adressées par un consul de France.
SgO VOY/IGB DE LA GRÈCR.
était alors uu hoinuie de cinquante-six ans, d'une iigure vénérable, qui notB présenta à sa femme^ mère de quatre filles^ dont les pins jeunes étaient des enfimts. Qooîque le hey eût dîné, il s'assit à notre table, suivant Tétiquette commaudée par Tusage du pa^rs» taudis que son épouse et ses enfants commençaient le service qu'ils abandon-^ nèrent ensuite à une servante, pour se retirer dans leurs appartements particuliers. Le lendemain nous dînâmes en famille à l'heure accoutumée, c est-à-dire à onze heures et demie du matin , et au sortir , le capitaine nous présenta à sa nièce.
Hélène était la maîtresse du donjon dans lequel nous fûmes introduits, et dame du canton , qui lui était échu en héritage par la moi't de son père. Cette capitainesseï c'était son titre^ était une veuve qui conservait quelques restes de beauté, et des manières pleines d'agrément et de dignité. Nous la trouvâmes assise sur un sopha, que letiquette ne lui permît de quitter pour noua re* cevoir, ayant sa sœur auprès d'elle, et entourée d'tuà cortège de femmes vêtues avec toute la richesse rélégance orientale, qui se tenaient en pied. Après nous avoir fait donner des sièges, elle invita sa sceur à s'asseoir, et commanda aux serviteurs d'apportej^ le café et les rafraîchissements. Nous fômes extrêmement frappés de la beauté de ses femmes et de celle de toutes les Laconiennes ) qui sont généralement grandes, d^une transparence de peau et de teint admirable, surtout pour le dîmat qu'elles habitent, ayant la chevelure brune cendrée et des yeux d'un noir tendre , voilés par de longs cils.
La capitainesse portait une robe de chale bleu clair, brodée d'or, une ceinture peu serrée autour du corps,
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