LIVRE XVIf, GHAPITRB VH. bc
Scardamoula ou Cardainyle, situé au pied du mont Kalathios, est un petit village défendu par quatre tours, qui sont occupées par des beys ou barons, k peine eurent-ils reçu nos lettres de recoin m an dation, quon nous conduisit au principal château autour duquel les montagnards vinrent se grouper pour nous voir* Presque tous étaient parents des capitaines, et unis entre eux par les liens du sang. En arrière du hameau, on nous montra les restes de l'acropole, et un rocher fendu par un tremblement de terre. Les habitants nous firent voir, au pied de ce moi ne, un tas d'ossements humains, monument d'une invasion des Turcs, qu'ils montraient avec tout l'enthousiasme *de la liberté victorieuse. On nous conduisit à Tendroît où les enfants s'exeieent au tir de la carahine, et nous remarquâmes qu'ils s'y appliquaient dès l'âge de huit à dix ans. Un groupe de femmes et de filles, rassemblées sur une place gazonnée, s'essayaient de leur côté à lancer des pierres et des balles avec la fronde, et paraissaient fort adroites à cet exercice. Le capitaine du canton nous assura qu'elles suivaient leurs pères et leurs frères au combat , où elles se distinguaient par leur bravoure. Les jeux gymniques se termmèrent par des danses qui durèrent jusqu'au déclin du jour.
La quatrième capitainerie du Magne est celle de Plalza, bourgade éloignée de deux lieues de Scardamoula e.t d'une demi -lieue de la mer. A mi-chemin on passe à Leuctres , que les habitants appellent Leutros, dont les ruines couvrent un assez grand espace de terrain. Presque vis-à-vis on reconnaît, au signalement (}uea donne Pausanias, l'îlot de Pephnos, oh. les mythologues racontaient que Castor et Poilux avaient
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reçu le jour (i). Ainsi , chaque écueil et chaque promontoire de la Grèce , dans ses parties même les plus sauvages, rappelle des souvenirs quon ne trouve qu'à de grandes distances dans les autres contrées du inonde. Rome lut proportionnée à la grandeur du peuple roi; les pyramides étaient les seuls monuments qui pou- • vaient convenir à l'immensité du désert; mais sous un ciel harmonieux eomme leur religion, au milieu d'un pays découpé de tous cotés par la mer, les Grecs travaillèrent à embellir chaque site par des ouvrages parfaits, à les varier et à ^es multiplier en raison des régions pittores(jues qu'ils liabuaient. Chez les uns tout devait être gigantesque ; et chez ceux-ci, les arts y en modihant les proportions d'après les localités , surent produire le beau idéal. Aussi n'abordait-on nulle part dans la Hellade sans trouver des autels, des temples, des statues, des colonnes votives; et jusqu'à l'extrémité du capTénare on marchait dans l'empire des illusions* La capitainerie de Pfatza , où l'on pourrait fiiire des recherches archéologiques intéressantes, était gouvernée en i8i5 par Christ éa, pirate insigne, quoique parent des Koutouphari, famille paisible, qui ne prend aucune part au vagabondage des Maniâtes.
Le chemin étant très-difficile à cause des montagnes escarpées, nous primes la voie de mer pour nous rendre à Platza (i). Nous vîmes, chemin faisant, Leuc*
(1) Paus. ibiff. T.es Dioscures étaient encore invoqués sous le nom de Samoilii aces, CorybaiiLcs, Cabires. Euseb. Pra;pataL. iiv. ,1.x, j). 3o,
(2) PIal/.a relevait anci» imeiDeiU de la cupiuincric de Zygos ou AntîroMvistas , qui avait dans sa (K jtctulaurc Scardamoula , Prasio, Liassiniova> Pyrgo^, Komis» Loutiphcaris et Longada.
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