‹ Voyage de la GrèceChapitre 206 sur 224 · LIVRE XVII, CHAPITRE VII. SgS · texte numérisé non relu

LIVRE XVII, CHAPITRE VII. SgS

très, petit hameau situe sur le rivage de la mer; et à deux milles et demi de distance, nous mouillâmes dans Tanse de Platzn, qui est fermée par le rocher de Pe^ phnos, où rua trouve deux tombes qu'on dit être celles des Dioscures, chose plus que douteuse. Nous nous adressâmes au capitaine Ghristea , qui habite une tour voisine; et comme nous lut avions expédié nos lettres par terre, nous le ti au\àtiies au lieu du débarquement entouré d'un nombreux cortège d'hommes armés. Nous nous rendîmes de suite à sa demeure. Chef remuant et audacieux, il portait sur la poitrine les cicatrices de trois coups de feu, deux au visage, d'autres aux bras et aux jambes. Il était âgé de quarante-cinq ans, et sa vie était celle d'un pirate ; il montrait les dépouilles qu*il avait enlevées, et il portait le cœur d*un scélérat, sous des formes spirituelles et parfois enjouées. Dans une guerre qu'il avait déclarée à un voisin, sou armée, composée de quatre-vingts hommes et de vingt femmes, avait éprouvé des revers, perdu plusieurs de ses Amazones, et sa sœur avait été blessée. La chambre, qui nous fut assignée était belle et propre ; les fenêtres étaient barricadées avec des harres de fer, et près du plafond on voyait un rang de barils pleins de poudre, ranges ^ur des ais. Il fallut demcurir deux jours dans cet antre, oh Chnstea exerça envers nous l'hospitalité la plus attentive. Des danses, des chants sauvages furent les délassements de nos longues journées. La lyre était l'âme de nos fêtes et de nus banquets. Et comme on complimentait le capitaine sur le talent de son prîn* cipal troubadour, il dit avec l'accent du regret, qu'il avait eu le bonheur de posséder un musicien allemand très-habile, mais que Tannée précédente il Pavait tué

Page 1