‹ Voyage de la GrèceChapitre 208 sur 224 · LIVRE XVil, CHAPITRE VII. O^f · texte numérisé non relu

LIVRE XVil, CHAPITRE VII. O^f

la culture diminue , le littoral devient de plus en plus stérile, les villages sont pauvres, le peuple est sale et

brutal. Cependant le terrain susceptible de produire est cultivé, et l'industrie se manifeste dans tous tes lieux où un épi de grain , un panais, peuvent pi^ndre racine, à défaut d'arbres , car on ne trouve pas même un hallier dans cette contrée. En revanche on y renconUe les carrières qui founûssaient le beau marbre de la Laconie , qu'on reconnaît à une grande quantité d'échantillons bigarrés qui sont épars sur le terrain ( i). La ville d*OEtylos, le temple deScrapis, et la place publique, qui était ornée d'une statue d'ApoUon Carnéus, sont occupés par une anarchie de huit cents familles adonnées à la piraterie. On remarque dans plusieurs endroits des fondations massives, et de larges pierres de taille qui servent de soubassements à quelques maisons. Une église construite sur l'emplacement d'un temple contient plusieurs colonnes d'ordre ionique en marbre blanc, et il est probable qu il y a une foule d objets précieux engagés dans les murs des maisons ou qui sont enfouis sous des attérissements.

La ville moderne est bâtie au bord d'un précipice rocailleux, aboutissant à une crique profonde et étroite qui pénètre sinueusement dans l'intérieur des terres. C'est le port dans lequel se rendent les eaux des montagnes par le vaste égoiit qu'on vient de désigner; la rive opposée est bordée de rochers, et dominée par un château attribué aux Vénitiens, autour duquel on voit un gros village. Ce fut à Œtylos (2) que

(1) Strab., lib. VIII, p. 367.

(a) yoy, HUt. de la Régéoération de la Grèce, C. I.

SgB YOTAGB DE LA. GRiCK.

débarqua le comte Orlof, au mois d'avril 1770, pour entraîner les Grecs dans une révolution funeste (1).

£n arrière d^s trois capitaineries que je viens de signaler, ou trouve celle de Zygos, commandée par Nicolaki Goutouphari , homme prudent , qui gouverne avec sage&se dix villages soumis à son autorité. Une traverse de vingt milles, qu'on peut faire sans danger, conduit dans cette direction à Marathonisi. Il u eu est pas de même du territoire de Dîro, situé à deux

(i) Avant la révolution, M. de St-Féltx qnî commandait la frégate du roi la Puiiionc , instruit qu'un forban du Magne avait pris et conduit un vaisseau ujarchand français à Porto - Vitulo, résolut de lui arracher sa proie. Il vint en conséquence mouiller au p'ird de la montapie où six cent Maniâtes étaient retranchés ahn de protéger la prise et le corsaire qui l'avait capturée. M. de St-^Félix,ne pouvant s'approcher avec sa fré. g9te, m faire avancer le brick le Gerbau qui raccompagnait, ordonna d*armer les embarcations et chargea M. de Bataille , son premier lieutenant, de les diriger. Le pirate fut abordé par MM« de Montcabriés et de Lagor, officiers en sous-ordre dé M. de Bataille, qui n*y trouvèrent que deux Turcs qu'on y avait transportés de la prise française. Ils se préparaient à faire lever l'ancre, lorsqu'une grande quantité de poudre répandue à dessein sur le pont prit feu au moyen d'un artifice et ^enilaiuma sous les pieJb de 31. de Lagor, qui, se voyant brûler vif, se jeta à la nier, oii M. de Montc;d)riés se précipita pour le sauver, et le reconduisit en nageant ju m ju'à la chaloupe. A[ues avoir mis son ami en sûreté, M. de Montcabriés revint sur le bâtiment ennemi dont il coupa les amarres et qu'il lit remorquer jusqu'à la frégate. Il se porta ensuite vers le vaisseau françals , qu'il délivra ainsi que son équipage. Ce coup de main exécuté sous le feu roulant de six cent brigands^ coûta la vie à MM. de St.-Sézaire, de la Touche, au patron dé la chaloupe et à plusieurs soldats; nos blessés furent de Lagor, de Chrom et quarante marins.

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