CHAPITRE IV
Première promenade dans Athènes. — Temple de Thésée. — Places d'Athènes. — Aréopajjje. — Pnyx. — Grottes apprlévs prisons de Socrate. — Fontaine Callirrhoë. — lllissns. — Stade. — Porte du Lycée. — Usages. — Intérêt usuraire. — Enseignement mutuel. — Nouveau hauquet des .savants, e.v tiait de la Guilletière.
Athènes, dans son origine, hornée à son acropole, semhiait plutôt un hiéron consacré aux immortels, (jue le centre d'une ville destinée à attirer le comnuM'ce et à fixer Tadmiration des peuples. Son territoire frappé de stérihté, à peine arrosé par quelques faihles ruisseaux , sa position entre des rochers, n'annonçaient rien de ses superhes destinées. Mais l'acropole de Cécrops, construite tout au plus pour servir d'asyle à quelques hannis, semblahle à la téte sourcilleuse de Jupiter, enfanta Minerve mère des arts; et l'Attique reçut la vie (i).
Dans quel état allais - je revoir cette célèbre Athènes? Le temple de Thésée brillait des premiers reflets
(i) On sait que le culte de Minerve fut introduit dans l'Atti- (pie par Cécrops originaire de Sais, ville de la Basse-Kgypte , où cette Divinité était adorée. Plat, in Tim., t. III, p. '^i; Diod. Sic. lib. I ; Seliol. Lycoplir. ad. Cassand. v. i ; Var. Hist, Chiliad. 18 , v. 28 etc.
56 VOVAGB ]>B LA* GRÈCE.
(lu soleil, qui se levait sans nuages au-dessus du mont Hymette, lorsque nous entrâmes sous son péristyle. Je savais que ce temple, élevé par Conon au milieu
de la ville , dont il termine maintenant une des extrémités, était voisin de i endroit nscrvé aux exercices gymnastiques de la jeunesse. M. Fauvel m'apprit qu'à un certain jour de l'année il s'y pratiquaîtencore quelque chose de semblable, et c'est cette paiiégyrie nioderne que M. Prévost a représentée dans son admirable Panorama. Le Thesetim était un lieu d'asile pour les esclaves et les citoyens de condition inférieure qui étaient poursuivis par qut^ltjue homjne {)uissant. Je n'avais rien vu d'aussi parfait que cet édifice ; et quoique décrit par des relations, et connu par les dessins qu'on en a piiltlit'.s, il cî.iit tiuuvcau pour iiiui. Ses !iiarl)n'S attiraient mon attention; ses bas-relieis brisés (i) et jusqu'aux, inscriptiops des voyageurs qu'on a paf&j» comparées à la pariétaire qui s'attache aux vieiùciniirs, X nrinléi essaient. Fn lournant ropislliudome, je lus le nom de Jaques Débile, le poète des jardin^ gravé entre ceux de Ghoiseul GoufHer et dUauterive. Je ne pus y retrouver celui du chantre d'Atala, .un barbare lâchement envieux l'avait effacé; niais les Muses pour le venger ont inscrit Chateaubriand au temple de.Mé-
(i) Tls fiiitMit lifis/'S , on \ri iu <riin /'dit <\e Tliéodosc dil le Grand, <[ui iit plus de mal aux iiiuiiumeiits qu'Alaric et toutes les hordes des Vandales* Son décret est de l'année Syo. Pdur juger des conséquences de cette fatale proscription des arts.» il faut lire ce qu*en disent Socrat^, lijï. V, c, .a6j iîozomènc , lib. VU, c* i5; Rufin, lib. II, c. 29 et seq. ; Theodoret* iU>r>.yf c. aqi ; Oros0, Bist. lib. YL