‹ Voyage de la GrèceChapitre 22 sur 224 · LIVRE XII ï, CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE XII ï, CHAPITRE IV

moire. Je me retirai sans oser tracer mon nom sur ces marbres vénérables (i ).

Nous entrâmes dans le temple qui est maintenant dédié à saint Georges, où nous vîmes quelques colonnes chargées d'inscriptions, dont deux se trouvent maintenant au musée du roi à Paris. Il serait h désirer qu'on pût également y transporter celle qui y est maintenant engagée dans le mur de la cella^ où elle ne sert qu'à boucher une brèche. On m'assura que cette colonne se trouvait autrefois sous le portique trEumène , à l'endroit qui servait de promenade aux philosophes. On y lit les noms des pauvres qui étaient nourris aux frais de l'état; méthode qui atteste à la fois le* soin qu'on avait de soulager les indigents, et de les empêcher de se multiplier, en les faisant connaître. Comme elle était placée dans un lieu obscur, je ne pus rien y dëchifTrer ; je savais d'ailleurs qu'on en avait pris copie. M. Fauvcl me fit remarquer le tombeau d'un voyageur anglais, M. Tudwell, qu'il avait fait enterrer dans le temple de Thésée; circonstance que plus d'un voyageur anglais a oublié de rapporter, quoique bon nombre de ces messieurs se soient parés de l'érudition de notre savant consul, qui est, disent -il, une des antiquités d'Athènes. • . ^ i

(i) Voici quelques uns de ces noms Fourmontct son neveu 1729. Choiseul Gouflier, 27 septembre 17 76 et 1785. Villoison, 29 mai 1786; Myladi Craven, 27 juillet 1786. Le comte cleDillon gentilhomme ordinaire de S. A. R. Monseigneur le comte d'Artois, colonel du régiment de Provence, 3o mai 1788 ; le prince <le Rohan, 19 octobre 1788; l'abbé de Boismoud.

58 VOYAGE DE LA GftiCE.

M. Fauvel, voulant nous faire parcourir niélliodiquement le terrain que nous devions examiner , nous fit sortir par la porte de Mandravili, en nous dirigeant

au S. O. Nouveaux peripatétîciens, notre maîuc nous fit, chemin faisant, les observations suivantes :

Le plan d*Athènes pour le voyage du jeune Ana- « charsis n'a d'autre défaut que d'avoir une étendue « presque double de celle de la ville qu'il représente, tt Les remparts mesquins que vous voyez sont l'ouvrage M d'un aga turc, qui les fit élever, non pas comme les « murailles deThèbes,au son de la lyre, mais par cor- <c vées et à coups de bâton , afin d'arrêter les incur- « sions des Albanais,, que Tirapunité enhardissait au c( point de venir lever des contributions jusque dans lu « ville.

' ic La porte de Mandravili ne correspond à aucune « de celles de Tantiquité. Ce fragment de rocher que u vous voyez au pied de la coUine du musée , est apa pelé par les anciens la grosse pierre. Il a les mêmes <r dimensions que le granit sur lequel le comte Carburi c< de Céplialoiiie a élevé la statue de Pierre-le-Gi and à « Pétersbourg : puisse-t-il servir de base à celle d'un tr autre héros 1 — Ainsi soit^il 1 Mais ne vous attendez « pas à voir renaître un nouveau Thésée pour restaurer « i'Attique et la Grèce. Le héros dont vous sous-en- <c tendez le nom est un astre sans tourbillon, qui s^é- « teindra comme ces feux qu'on voit briller pendant « la nuit; ce n'est pas du nord que viendra la lumière, «( la nature est marâtre en ces afireux climats. »

Nous fîmes un détour au S. Ë. pour monter au monument dePhilopappus,que le capitaine Gauttiei a pris

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