‹ Voyage de la GrèceChapitre 27 sur 224 · LIVRE Xni, CHAPITRE fV · texte numérisé non relu

LIVRE Xni, CHAPITRE fV

ce .classe, quelque nombreuse qu'elle fût; et ce qu'il y « avait de commode pour le maître, les écoliers ii*é- « tafent pas obligés de venir tour*à-tour auprès de « lui , car chacun d'eux était le précepteur de son com- « pàgnon (x) ». £h bien, cette méthode est encore pratiquée dans le Péloponèse , en Épire , et- on peut bien affirmer qu elle vient des anciens; nous u avons fait que perfectionner ce qu'il nous ont transmis.

Il n'est pas moins curieux d'entendre le^néme voya* geur répondre par anticipation à tous les faux arguments qu'on a faits depuis ce temps contre les Grecs ; qu'on me permette de le transcrire : des raisons fondées sur des faits valent mieux que des déclamations , et on n'accusera pas la Guilietière, mort depuis plus 4'ua siècle et demi, d'idées révolutionnaires.

Son banquet des savants était composé d'un français , d*un allemand, d'un italien, de Thumble maître d'école qui demeurait auprès du temple de Thésée, et de deux pauvres caloyers, réunis dans une chambre d'oii Ton avait évincé la ménagère, par suite des mœurs grecques, qui ne sont pas les nôtres. On servit de la boutargue d'Arta, des langues de chameau d'Andriuople, du vin de liépante; quand un des pythagoriciens, car les religieux orthodoxes ne inâiip^ent pas de viande, répondit a une interpellation du maître d'école, qui lui vantait le nectar deNaupacte? Ah! répliqua-t-il, leraisind'Mkènes serait bien pendu dix mille ans aux vignes avant que le vuien coulât tout prêt à boire. C'était l'homme le plus spirituel de la compagnie» le maître d'école l'avait an* noncé comme tel. On se plaignit ensuite de la mauvaise

(i) Foy. La GuiHetîèrei Alhcocs aucienne et moderne.

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qualité du pain ? — C'esl la feute des moulins, repartit

le didascalos ; nos rivières sont sans eau. — Que ne construit-on des moulins à vent, dit uu des convives? — Alil reprit le caloyer : Nous fines bâtir une fois quatre moulins à vent dans un vallon , pas un seul ne put nous servir. — Là-dessus je parlai des hommes célè- - bres d'Athènes, d'Alcibiade, Thrasybule, Harmodîus ot Aristogiton. — Le moine levant le masque s'écria avec véhémence : Je me moqUe de vos Alcibiade et de vosThrasybule. 11 ne vient pas un seul Franc à Athènes, qui ne déplore notre condition et ne témoigne de la douleur de voir une ville si célèbre au pouvoir des Barbares. Vain babii , sans résultat. Les demi*savants de vos quartiers se rient de notre ignorance. Non contents de vous avoir légué Platon, Aristote, Epicure, dont vous oubliâtes l'idiome en Occident, nous vous envoyâmes, vers le milieu du quatorzième siècle, les sa-» vants Argvropoiilos , Théodore Gaza , George de Trébisoude, Georges Gémiste... Vous paraissez surpris! £t pour qui prenez -vous les Athéniens ? Je garde, pour le dernier, le pauvre mais illustre caloyer Bessarion, qu'un de vos papes fit cardinal, et qu'il envoya en France pour pacifîbr les différends de Louis XI et de Charles , dernier duc de Bourgogne.

Continuant son discours, Damaskinos, c'était le nom de ce religieux, dit aux convives comment le pape en personne avait assisté aux funérailles de Bessarion , sans égard à l'étiquette de la cour de Rome; de quelle manière la secte des platoniciens, représentée par Gemiste, et celle des péripatéticiens, par Georges de Trébisonde , passèrent dans l'école moderne oii elles s(î sont perpétuées. 11 reprocha aoK catholiques la prise du

LIVnB XIII, CHAPlTRi; V.

CoDstaiitiiiople en iao4 1 quM taxa de lâcheté îoaigiie,

et la tache imprimée au nom latin par lés Génois, qui )ouèi*ent leurs vaisseaux aux premières hordes turques pour passer en £urope. Il tonna contre le pape, qui fit empoisonner Zem, fils atné de Mahomet Ih Prince infortuné! s'écria-t-il, il demandait le bapttjiiie, et, devenu {chrétien, les Grecs, réunis sous Tétendard de la Croix, auraient reconquis Teropire turc, qui aurait alors pris un rang lionoiable dans le inonde.

La nuit était très-avaucée quaod je quittai M, Fauyel, qui me dit, avec un sourire ironique, «je vois que ÇL VOUS êtes Grec , je vous en fais mon c(MnpIiment. »

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