LIVRE X.IU, CHAFiTRE V. '^j
« dégradations récentes ? c est l'attentat d'un barbare
«civilisé, qui a mutilé les ouvrages de Phidias. Joignant « l'insulte à l'outrage, il a osé faire graver son nom « sur ces marbres, £LGIN ! et un de ses compatriotes, « lord Byron, a écrit au - dessous cette sentence, qui a appartiendra désormais à l'histoire : Quod Gothi « non Jecerunt , Scoius /ecit, Lç Partliénon semble « destiné à tomber sôus les coups des Européens ; cet pendant, malgré leurs dégâts, ce monument est en- « core assez bien conservé pour permettre d'apprécier « la beauté de ses proportions, la poésie de ses bas- « rehefi, et la majesté de son style. Je le vois depuis « près de quarante ans , et tous les jours j'y découvre « des beautés nouvelles. » M. Fauvel , entrant ensuite dans quelques détails, nous fit remarquer que la flatterie.avait substitué aux divinités les têtes de quelques empereurs romains (i).
En pariant de Topistbodome, M. Fauvel nous fit parcourir le tour du temple, en nous expliquant la procession des Panathénées représentée sur ses bas^reliefs, la contestation entre Minerve et Neptune, et l'apothéose de la fille immortelle des dieux. Nous déplorâmes les dommages causés au Parthéuon par la bombe de Morosini, qui fit sauter le magasin à poudre que les Turcs y avaient renfermé. M. de Nointel, ambassadeur de France, avait encore vu cet édifice entier ; c'est aux. Vénitiens et à un Anglais qu'est due sa dévastation. Mais comment expliquer sa conservation sous le règne
(i) On sait comment Caligula, jaloux de respirer l'enceDs pendant sa vie» s'avisa de faire Ater de nuit les têtes des statoes des dieux qu'il ordonna de remplacer par la sienne.
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de Constantin et de Tlicodosc, tyrans indignes du noilt de grands , qui ont détruit plus de chefe-d'œuvre des arts cpie les Ëarbares et les Turcs ?
Nous parcourûmes ])as à pas les moindre recoins de la forteresse , oii je ils relever quelque temps après plusieurs inscriptions. Nous visitâmes, en tournant au nord, le temple d'Erechthée, le Pandrosfen^ lesCaria-» tides, au nombre de trois (car le lord Elgin en a emporté une à Londres), et les restes du plafotid de h chapelle de Minerve Poliade. Enfin, de la hauteur de Tacropole, qui est de deux cent quarante pieds au-dessus du niveau de la mer^ nous jouîmes de la vue entière d'Athènes et de ses environs.
Apres avoir achevé iioLi e tournée, il fallut payer le plaisir que nous avions éprouvé , en donnant les étrennea d'usage au commandant de la garnison, et en rendant visite au disdar, que nous trouvâmes hébergé dans une hutte en plâtras. Comme il savait que j'avais longtemps résidé auprès du satrape de Janina, il me questionna beaucoup sur le compte de ce redouteAle visir; et je vis que, malgré ses canons et ses soldats, le noble gouverneur d*Athènes tremblait au nom d*Ali pacha. £a reprenant le chemin de la ville, nous nous arré-^ tûmes au haut du théâtre consacré à Bacchus; et j'eus beau crier, je n'y trouvai plus l'écho que quelques voyageurs ont entendu. Je pense qu'à la solidité près , nos Odéons l'emportent pour l'agrément sur ceux des Grecs.
Après être descendus de la citadelle, nous nous ten* dîmes aux Capucins, établissement couvert de la pro'»
tection spéciale des rois de France, et qui, comme toutes les missions établies dans le Levant, mérite leur