LIVRE mil, CflAPlTHS U l
Phidias, qui raisaieut uti Jupiter ou une cuvette de quelqae bloc de marbre du Pentelique, les cultivateurs transformaient parfois un arbre au vaste fbuillage , en
buiKloii mystérieux, ou en dieu de I^inpsatjae, devant qui plus d'un ouvrier lléclnt ensuite le genou , tant la superstition eut toujours d'empire sur l'esprit
(les mortels.
Au milieu des plus rigoui^ux hivers les campagnes de i'Attique fournissaient les marchés de la capitale des fleurs du printemps , des fniits de l'été et des dons
(le rautonine. On y vendait dans toutes les saisons des figues, des grenades, des raisins et des couronnes de violettes. La violette, /on, était la fleur nationale. Les Ioniens lui devaient leur nom plutôt, comme on Ta dit, qu'au fils de Javan, dont ils n'entendirent jamais parler ; les peintres et les sculpteurs en ceignaient le front d'Athènes personnifiée, que les poètes surnommaient loçc^avoi ÀO^vat, Athènes la couronnée de violettes. On se parait de cette fleur dans les festins, aux panathénées , aux dionysiaques , et pour rappeler la vie champêtre, les Archontes ne se montraient jamais en public sans la mêler à leurs couronnes de myrte, symbole de lautorité qui leur avait été confiée par un peuple agricultcur.
L amour de la vie champêtre^ qui faisait le bonheur des habitants de TAttique, et leur frugalité, qualités qui sont encore celles des Grecs modernes, avaient puissamment contribué à eu faire une race d'hommes sains et robustes. C'était avec la simplicité de l'âge d'or dont ils avaient réalisé la fable, qu'ils solennisaîent les grandes époques de la nature et leurs fêtes domestiques, tt Je chôme aujourd'hui la naissance de mon
t4 VOYAGE D£ LA Ga£CC.
« HIs : je vous prie mon cher Pîtlisk^ion, écrivait Eus*
« taclîis, de venir au festin que je prépare à celte occasion. Amenez avec vous votre femme ^ vos eufaaU, <K votre bouvier; et si vous le jugez à propos, votre «r chien, ce gardien fidèle de vos troupeaux, dont la « voix retentissante sait en éloigner tous les dangers, a Ce ne sera pas celui qui se trouvera le plus mal d'être « notre convive (i). » Le chien semble avoir été un personnage obligé dans tous les banquets rustiques : « Vas vite, » répond un des interloculeurs de la comédie du Plutus à un esclave, « dis à ton maître de venir ; m dis>le à sa femme, à ses enfants, à son chien, à toi « même, à son cochon. » — « Saluez de ma part Chioné, « la charmante brebis qui vous donne de si belle laine, « vos deux bœufs et votre chieu (a), » Avec quel plaisir on se transmettait des nouvelles de tout ce qui appartenait à une famille ! Avec quel abandon on célébrait les féte^ ! — «Venez, mon cher voisin, hâtez»vous; « dans ces sortes d'occasions il convient de se mettre « de bonne heure à table. Nous boirons s'il le faut « jusqu'à rivresse; nous danserons et nous répéterons « ce refi^in de Sapho : Jouissons du plaisir / Cest it un mal que la mort; les dieux F<mt ainsi jugé, « puisqu'ils sont immortels (3). »
Ces joies naïves pourraient faire croire que le bonheur avait fixé son séjour dans l'Attique; roàîs elles n^étiîent pas celles des habitants de tous ses cantons^ La Paralie, pays rude et stérile, ne nourrissait presque
(i) Alciphr. epist. XXVIII.
(a) jElian. Rhet. epist. lil.
(3) Saph. ap. Aristotel. RheL, lib. II, c aS.
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