‹ Voyage de la GrèceChapitre 5 sur 224 · LIVRE Xiir, CHAPITRE I. |J · texte numérisé non relu

LIVRE Xiir, CHAPITRE I. |J

qne des hommes adonnés à la pêche et à la navigation. Maudissant Hnoonstance de l'élément sur lequel ils exerçaient leur industrie, accusant plus souvent des maîtres injustes qui les opprimaient, mais toujours Grecs, ils trouvaient des délassements au sein des agitations pénibles de leur existence. Ils célébraient, au solstice d'hiver, la féte de Jupiter tout- puissant par des festins, en actions de grâces des quatorze jours de beai^ .temps qu il donne à cette époque, regardée comme la nourrice sacrée des alcyons au plumage éclatant (i). Âu printemps ils soiennisaient l'ouverture de la navigation en offrant des sacrifices à Borée, qui ravit Orilhye, fille d'Érechtliée, sur les bords de rillissus. Us reprenaient alors la mer, mais ils redoutaient l'approche du mois de -mai qui n'était pas encore consacré à la mère de Mercure. «Les fiots sont agités^ « le ciel s'obscurcit ; les nuages s'amoncèlenl de toutes « parts, les vents contraires se combattent et se dis- .« posent à rendre la mer affreuse; les dauphins jouent .« i la sur&ce des eaux dont le sourd mugissement an- « nonce le désordre et la tempête. Les gens instrnUs ic du cours des astres disent que nous sommes au mo- « ijoent du lever du taureau (2). »

Les dangers de la mer étant inhérents à la profession des Paraliens, ils savaient les prévoir, s'en défendre et s'y résigner. Mais distribués par classes ^> çomme dans nos départements maritimes, depuis le Pirée jusqu'à Géreste en Eubée, des hommes qui ne coonai^ient que leurs barques sur lesquelles ils me?

(i) Plin. Hist. nat. 1. X, c. 3a« (aj Alciph. £pist. IX.

l6 VOYAGE DE lék GRi^CE.

naient une vie vagabonde et le marché au pois!M>n d'Athènes, frémissaient a ridée de monter sur les vaisseaux de l'état. «( ïje Paralos et la Salamine vont sortir du Pirée « avec les commissaires inquisiteurs chargés de recruter

« des rameurs habiles à braver les vents et les flots j « où fuir, nous qui avons femmes et enfants » Aussi étrangers au luxe d'Athènes que les habitants des contrées voisines du mont Parnès l'étaient aux doctrines de l'Académie, ils ne pouvaient concevoir la mollesse des jeunes gens qui passaient la vie dans le quartier voluptueux de Scyros. « Pamphile avait loué « mon bateau pour se promener. Le bois lui en a semblé <c dur ; il a fait couvrir le tillac de tapis étrangers et « de coussins. Il a demandé que nous tendissions une « voile au-dessus du pont pour le mettre à l'ombre... <i Nous voguions ensemble, non -seulement Pamphile « et ses amis, mais de plus une troupe de femmes char- « mantes, toutes bonnes musiciennes. Crumation, Tune a d'elles, jouait de la flûte; Erato pinçait de la lyre; « Ëvépa feisaît resonner les cymbales, tout respirait le « plaisir et la joie (2). «Une joie plus pure éclatait chez les Paraliens dans la féte des petites Panathénées, instituées eu l'honneur de Minerve âuniade, qu'ils célébraient par des joutes nautiques et des courses de galères.

11 est probable que les iiabitanls du Laurium sa^ crifiaient aux dieux infernaux, car ils n'avaient en partage que des travaux, et d'autre espérance d*un

meilleur avenir que dans le tombeau. Ils exploitaient

(1) Alciph. Epist. X.

(2) Id. XI.

des miiMïs îk>nt te taàneau principal s*iteiit!aît du S. £.

au N. O. , depuis le monument de Trasyllas , jus- ^û'au bourg de Besa. On ne trouvait dans ce canton i^u'tfn peuple d'^esiciaves , achetés dans les matdiés de l'Etirope et de TAsie, qui étaient ensevelis vivants dans Jes entrailles de la terre, pour en arracher un minerai mêié émargent et de cuivre et des émeraudes de bas tiloi. On sait comment ces infortunés, chargés tte chaînes, déchirés à coups de fouet, sortirent suhitement armés du fond de leurs «outeiTains, prirent SulÂam d'assaut, châtièrent lavttrîce de leurs maîtres, et mirent fin pour jamais à l'exploitalton des métaux.

Telles étaient la physionomie et les mœurs des habitants de l'Attique j^isqu'au moment de la guerre du Mopotaèse, qui se Ht plus particulièrement ressentir aux cultivateurs. P< riclcs, qui gouverna pendant quarante ans sans être archonte ui membre de l'aréopage^ «yant- songé à embeUir Athènes sans s'occuper de la défense des frontières, mit les habitants des campagnes dans la nécessité de se réfugier à l'abri des longs murs, dès le commencement des hostilités. Jamais, suivant Thucydide, aucune émigration ne fut plus attristante que celle des cultivateurs forcés d'abandonner ia campagne qu'ils chérissaient. La guerre qui dura vingt-sept ans ayant vu passer une génération d'hom«mes, causa une altération préjudiciable aux mœurs nationales; et la domination de Sparte qui suivit ne contribua pas à les améliorer^

L'histoire, à partir de cé temps de tsalamités, offre une échelle dcc roissante de prospérité ; et quoique protégés ensuite par les Romains, qui louent la bonue foi des Athéniens, leur pays ne fit plus que dépérir. V. a

Diyiiizeo by GoOglc

l8 VOYA.GK Uh LA. GKKCF^

L'Ait ique, ravagée parSylla, respectée par César, restée libre sous Tibère, temps où Ion suppose qu^elle fut décrite par Strabon , c;st représentée }>âr tous ceux qui en ont parlé depuis dans un état de lutte contre une destruction rapide. Après le changement de capitale arrivé dans Tempire romain , Constantin en donna le gouvernement à un stratège ou général: ainsi fut changé le nom de Tarchonte • roi , qui dégénéra bientôt en celui de grand - domestique du palais. Cr litre, quelque beau qu'il fût à la cour, devint le signe de la servitude de la patrie d'Aristide et de Phocion. £n vain Constance , à la sollicitation de Procrésius , adjoignit quelques îles à la juridiction de cette province, qui, ravagée par Alaric, sous le r^ne d'Arcadius et d'Honorius, perdit, au rapport de Synésius^ toute espèce de splendeur et d'importaucc.

Théodose II, en faveur de son épouse Eudocie, qui était née à Athènes , et Justinien , essayèrent avec aussi peu de succès de ranimer la terre de Cécrops ; les historieasii en parlent plus qu'au commencement du treizième siècle , temps où elle fut conquise par les Français, et possédée par le comte Bonifaœ de Champagne. Tbmhée bientôt après en la puissance d'un nomme Delvts, de la maison d'Arragon ,quien lut dépossédé par Bajazet, elle fut délivrée du joug des Turcs parles Catalans ou Celti* hères, aux ordres d*Andronic Paléologue. Cédée par ces nouveaux maîtres a Reinier Acniaiuoli, Fiorentui , le dernier prince de cette race, n'ayant pas d'enfants mâles, la vendit aux Vénitiens. L'Attique, oubliée durant cette période, reparaît sur la scène du monde , gouvernée par un bâtard de ses derniers princes. I4éguée par ce misérable dynaste a Néri , l'un de M

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