‹ Voyage de la GrèceChapitre 43 sur 224 · LIVRE Xill, CUiLPlTllL VII · texte numérisé non relu

LIVRE Xill, CUiLPlTllL VII

huiles de bonne qualité; mais leur salure et la prompte oxigénation & laquelle elles sont sujettes ne les rendent

bonnes que pour les Grecs, qui y sonfaccoutiunés, et pour les savonneries auxquelles on les emploie. Mais rAttique, dira-t-on, fut autrefois un pays de délices; les bords de llilissus et du Céphisse étaient couverts d'ombrages délicieui^; les lièvres avaient deux foies, Pline Ta dit, Ghandier les a vus (i) ; les chevreuils du mont Parnès avaient quatre rognons , ces faits sont écrits. Alors il faut répondre, pour l'honneur de nos devanciers, que les espèces de ces animaux ont disparu avec les ouïs qui habitaient autrefois les Conlillières du TAttique, mères de l'IUissus et du Céphisse, fleuves dans lesquels on se promène à pied sec pendant les

deux tiers de l'année.

Si Ton ne voit guères d'exemples de la congélation des arbres dans la Béotie (a), il est maintenant aussi rare d'éprouver dans TAttique les longs hivers et les étés excessivement chauds dont parie Hippocrate. Les froids piquants s'y font ordinairement sentir pendant le mois de janvier; les neiges tombent en février et jusqu'au commencement de mars sur les montagnes. Après cette saison , la température devient douce. Aux apploches de l'automne, on craint le scyron (3), vent

(1) M. Fauvel a eii la complaisance de me modeler en plâtre un de ces foies, qui ne diffùrc en rien de ceux tics lièvres de Franco , pour la forme et le volinne. Coiiil)ien de faits merveilleux seraient relégujés parmi les £abies populaires, si on se donnait la peine d'obsei*ver, au lieu de prononcer sur la parole d'autrui i

(2) Tfaeophrast. Hist. P)aDt lib. VIII, c. 3.

(3) Scnec. Quaest. lïatur.» Ub. Y, o. 17; Plin. Hist. Mat., lib. II, c. 48.

lao VOTAG£ DE LA OllECJ!:.

aussi redouté à Athènes que sur les cotes de ProTencé,

où il est appelé mistral. Concentré par les montagnes qui bordent le golfe de Corinthe, il débouche entre les rochers de Tisthme et de la Solygie, qui le compriment et le lancent à la surface du golfe de Saros, d'où il se relève, en formant une sorte de ricochet, pour ravager le territoire d'Athènes. Les paysans se réjouissent encore au retour des oiseaux voyageurs , et les deux sommets de THymette servent toujours de baromètre aux Athéniens pour présager le beau temps ou la pluie (t ). Ils devinent aussi, d'après les aspects du Brilessis et du Parnès, Tapprocbe des orages que rHellespontias ou vent du nord-est apporte du pont Eusin et des mers de la Grèce.

A travers la pâle verdure des vieux oliviers qui couvrent une partie de la plaine , on voit au renouveau

quelques champs d'orge, qu'on fait paître en vert aux chevaux. Les coteaux se couvrent de violettes, d'hyacinthes (a), de narcisses, d'anémones, et les habitants de la Diacrie chantent le niyrLc, ornement des églises , sans lequel il n y a pas de bonne féte (3). L'asphodèle ne tarde pas à épanouir , ainsi que le câprier épineux. Le uiont Pentélique et THymettc se couvi cnt de thym (satureia capUata )^ et de thraivi (scUureia

(i) Theophrast de sign* plov.^ p. 4i^.

€>.ax,ou.à<5' aiç. * '

Myrte doré , ornement dbs églises, sans toi il n'y a pas de panégyritf.

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