LIVRE XUly CHAPITRÉ J. I
parents , qui la concéda à un de ses collatéraux surnommé Franc; qclui-ci en fut dépouillé eu i455 par Mahon^et li| un an après la prise de Coustantinople. Âth^nfS est maîptenaut la dotation du ktsiar a<;a ou chef des eunuques noirs, (jui a remplacé le préfet du palais dçs Césars de Bjzaiice ( i ).
I^'4^tiq^ue est comme aux siècles héroïques cette contrée dessinée en forme de triangle, dont la base est appuyée au.\ moiiLagues de la IJéotie. liaignée sur ses flancs par la uier des Alcyons et de Saros, dont l'i^tl^^e, jeté comme un pont c[ui rattache le Péloponèse au continent, sépare les golfes; ses promontoires alion^efi au Iqv^ut d'hiver se projettent dans la nier Égée y par laquelle son territoire est séparé de i .Ëubée. L'Âttique, dont les rivages présentent une foule de hâvres j)iopices aux uav i^atcurs, coniprt iid, daus les lignes qiK" uQi^. venons de tracer, en y réunissant les îles 4!|^è|ie et de Salamine^ une surface de. cent (rente* unei lieues quarrées. C'était cette province que j'allais '^iffl^ ^ ^ifr iaqueiie il me semblait très-Uiflicile d a- WPMr; c^ose à ajouter aux rédts qui en ont ét^é
fiûf^.^p^r 1U1 grand nombre de vovageura distingués ^<Joij^,noi]s posséduiis ics relations.
/>u^jW£i?*Ç^ f% çlemi-hç^r|B en del^i->|^iy^^f; pour voir
«flî/iSaidj^Mlwy^H quelque cb^qse. Noqs yewîqn^^ d'expié-
fi-
(i)* Au tt'inps du lias-Kinpirc, le pn-fct du palais ctait un iù44k^ëi^- dtVsi^né sous le titre de Afx'S'J'^cûxoçy premier
-funi^ie , prsppositus Palatii. Chronic. Alexandrin, an. V; Va-
i^; Kbinotmeti, Prdcop. Hist. Arcan. p. So, 1 ^ f^trc^vr -
dier un courrier à M. Fauvcl pour le prier de nous envoyer des chevaux, et je perdis bientôt de vue cet homme que j'aurais voulu suivre. Je brûlais d'impa« tieifce ; enfin , les étoiles commencèrent à pâlîr et les ^)remières claïUs du jour me montrèrent l'acropole d'Athènes. Le temple de Minerve, qui frappa mes relisrds, semblait reposer sur les nuages, à cause d'un brouillard épais accumulé entre les coteaux. Celte brume produisait une illusion d'optique ravissante! J'étais dans une sortè d'extase; mais quand le soleil l'eut dissipée, le Parthenon resta isolé sur son rocher qui s'élève en forme d'autel , et je ne vis plus qu'une triste aridité, un sol dépouillé de verdure et des rochers calcinés par le temps.
Après avoir parcouru des yeux Tétendue de mon horizon, mes regards se fixèrent sur le Pirée, que Thémistocle fit pour ainsi dire connaître aux Athéniens ; car il n'y existait avant lui qu'une bourgade (i). Je cherchai d'abord le monument de ce hcrus, auquel ses compatriotes accordèrent un cénotaphe après l'avoir banni. On m'indiqua un tombeau creusé dans l'élément oh le fils de Néoclès vainquit les Perses; car ce sépulcre est souvent couvert par les vagues , lorsque les vents du midi font gonfler les eaux du golfe Saronique. Hélas! le temps et le courroux de 19'eptune ont secondé l'ingratitude des Athéniens. On ne voit plus auprès de cette tombe, dont un de nos ofHciers a détenniné le point astronomique (a), la colonne qui portait le nom
(i) Thucyd. Hist Ub. I, Sa , 93 ; Tit-Liv. Hbt. XXXI, 14» aa, aS, 3o; LXXXI, 5. .^^Y- (a) Le tombeau de Thémistocle situé à la pointe S. B. de
Diyiiizeo by
LIVUE XIJI, CUAPlTltE I. 2f
de Thémistocle , mais Salamine atteste sa gloire et prochme son immortalité : que tout pavillon s'abaisse
en entrant au Pirée.
Non loin du caveau funèbre consacré au vengeur de la Grèce, on montre le phréar, ou puits (i), lieu voisin du tribunal auquel les bannis se rendaient pour plaider leur cause en dernier ressort. Montés sur leurs esquifs balancés par les vagues, car l'approche de la terre qui les avait repousses leur était interdite , ils invoquaient Minerve à Tappui de leurs instances , tandis que les juges attentifs écoutaient pour la troisième fois leurs plaidoyers , avant de prononcer sur la cassation ou sur la confirmation de leur sentence. Comme elle était touchante cette attention de la patrie envers ses enfanta qu'elle écoutait encore sur la limite fatale qui sépa« rail leurs destinées, des destinées de leurs conipa* triotes 1 Combien d'aveux n'arraciiaieut pas les derniers instants d'une réconciliation avec l'état, ou d'une perpéluelle scparalion, quand tnut espoir était perdu pour les coupables ! On prétend i*econnaitre aux environs du pbréar les débris du temple de Jupiter sauveur dt du trophée de la Victoire , cités par Pausanias.
Vavant-port dn Firée a été déterminé par le capitaine Gaatlier,
Long. . 21, 17, 24.
(i) C'était paiement à ce tribunal qu'on jugeait les causes, ^ur meartT« involontaire. Theophr. lib. XYI ; Harpocr. ap.
Suid. V. Hcsych. V. <i>^taTw, Mçurs. in Areopag. c. XI 9.
Petit de Lye, Attic. p. Ô17..
a*! VOYAGE DE LA GRÂCE.
Il est v raisemblable que le comptoir des f rères Ka^rac de Marseille, vaste établissement qui tombe en ruines, est voisin du temple de Vénus, bâtî par Conon , si on en juge d'après les restes d'un édifice d'ordre dori(|ue. Je ne pus me défendre de quelques réûexious pénibles sur l'abandon des premiers négociants que la France posséda jamais dans la Grccc. Scrofaiii, (]ul s'embarqua en 1796 au Pirée pour retourner en Sicile, visita , M. Kayrac , qu'il trouva avec sa fille et une amie de cette créole athénienne. Il avait perdu une partie de sa fortune, il ne pouvait plus faire le chemin du Pirée à Athènes; mais ses livres, son jardin, la pêche, le voisinage d^Âthènes , la salubrité de Tair et la paix de l'ame, ne lui laissaient rien à désirer; sa vie était celle d'un sage de l'antiquité. Il accueillait avec intérêt les étrangers, auxquels il aurait pu, comme Géphale^ apprendre le vojage de la vie y car il était presque de Fâge de Nestor.
3'étais peut-être au lieu même où Socrate fut invité par Polémarque , fils de Céphale, à se reposer, au moment où il remontait à Athènes, après avoir assisté à la célébration de la fête de Diane. Le vieillard , quMI trouva dans sa cour, la tête couronnée de fleurs, assis sur un sopha , se plaignait, comme Rajrac, de ne plus pouvoir aller à la ville , et de l'abandon de ses forces. Je me représentais la scène où figuraient Lysias , Lutli)dème, rhrasyiiKujue de Chalcédoine, Charmantide et Clitophonte, lorsqu'ils furent présentés à Socrate par Céphale, qui le priait de les traiter en amis. « Daigne leur parler : la vieillesse est sensible aux îc charmes de Ja conversation, et je jouirai du plaisir de « t'entendre. — O Céphale ! je préfère m'entreteùir avec
LIVHE XIII, CUAPITAK I. a3
« des hommes avancés en ége , je m'informe d^eux ^ corn-
« iiieiiL ils ont fait le voyage de ia vie (i)? » voyage de ia vie n est plus qu'un long trajet à travers une vallée de larmes, dans la patrie du disciple bien aimé de Sociale, et qiiei(|iies religieux qui habitent le couvent de saint Spiridiou se souviennent seuls que ce fut dans ces lieux où le prince des philosophes discuta le plan de sa république. Une inscription funéraire qu'on trouve dans le couvent de suint Spiridion (u) est le seul débris des tombeaux qu'on remarque aux envirobs de la maison de Géphale et du temple d'Aphrodite.
On Ignore où exista le Digma , place plus fréquentée que la bourse de Corintlie,, et le bazard d'Hippodamus*
oîi les productions de tous les pays étrangers étaient déposées, après avoir payé le droit de cinquantième à la douane (3). Les plaisirs s'étaient fixés au Pirée, pour entrer en partage des profits de la navigation et du coninierce. On trouvait à coté des usines où Ton forgeait des ancres, des cales de radoub, un tliéâtro, des temples, des portiques remplis de statues, de basreliefs et de tableaux, objets de ladmiration générale et des spéculations de quelques marchands qui achetaient les ouvrages des artistes pour les revendre dans tous les pa^s civilisés. La statue de Salamine,
(1) Plat. Kcp. liki.
(2) Sur nue petite colonne ;
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PIBAAAOY
(S) Thocyd. liv. 11, i^; Isocr. Paucgyr. t. I • p. 139.
24 VOYAGE Di: LA GUkCF..
qui conjura avec Harmodius et Aristogiton; celle. d*Aspasie , qui enseigna la sa^Me à Soerate e% hi peli-«
tique à Périctès; les tabl'taux d'IIipparète tenar^t \e compas d'Euclide et de Leontium traçant avec Ëpicuro^ le code de la volupté, ce» productions du génie , co*piées, réduites dans des proportions différentes efe j>ar des ouvriers, qui en faisaieut au rabais, étaient, parfois expédiées jusqu'à la cour du grand rot , où le& ouvrages de la Grèce avaient du débit plus par osten-t tation que par une juste appréciation, de leur mérite, car les grands tableaux et les gros Yoltunes furent, toujours les plus estimés chez les barbares.
Les échanges se faisaient en mousselines des Indes „ que les courtisanes appelaient nuages, et d'autrefoiss en produits de la Syrie, de TÉgypte et de la Libye,, qui étaient exploités par des courtiers israélites qui trai-» tnientles affaires des Phéniciens, «Les valsseau.v deTyr, u (qu'ils vendaient souvent tous fabriqués, car TAt- (c tiqûe n'eut jamais de bpis de construction), sont, <K disaient-ils, bâtis avec les sapins de Sanir. Un cèdre <( du Lib|in eu fait le mat, leurs rames sont de chêne «t de Baxan , leurs voiles de lin d'Ëgypte , et leurs « tendelets sont teints avec l'hyacinthe et la pourpre' i< des îles d'Elisa. Nous vous proposons, 6 Athéniens,, a de solder le^ vases d'airain que vous envoyez à Tyr, « contre le fer, letain et le plomb que les Gartha- « ginoîs nous ont chargés de vendre. Nous vous of- « frons pour exploiter les mines du Lauriuin des es- «r claves de Xhubal et de Mosoch, que les Phéniciens tu troquent contre des cheyaux et des mulets de Tho- <c gorma. Nous nous engageons à payer les huiles et a les olives livrables aux Dionysiaques, à la féte pro-
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