‹ Voyage de la GrèceChapitre 51 sur 224 · X.IVRE Xlllf CUâPtTHX VIfl · texte numérisé non relu

X.IVRE Xlllf CUâPtTHX VIfl

àXerpi, que j'examinai eu détail, est ordinairement aU teléedaus cette contrée de deux bceufs, n'a qu'une poi» gnée, /Epi , est garnie de deux socs, itap«6oXa, et souvent d'un seul morceau de chêne durci au feu, avec un coutre de fer IrèMÎgu, ÙYttç* Je remarquai, près de la poignée, un morceau de bois, xovîoupi, le timon com* [)osé de deux pièces, dont l'inférieure est appelée stavari, oTflcêàpi, et ia supérieure platisma, K'kàvfaïuu Ijes lahoureups ni'a]>prirent qu'ils donnaient le nom de xoX* Xoupaà un anneau eafer placé à lextrémité du timon, ceux de ^uyoc à la barre, et de ^uysa aux colliers de leurs bœufs, et que les pièces de bois qui terminaient cette charrue étaient assemblées par une cheville en fer, mil, goupillée par une autre plus petite.

Ces noma antiques el caque je voyais me rappelaient les usages prinutiis des iiciicnes , dans les instruments amtoires et dans la manière de labourer d'un peuple <pi a rétrogradé de la civilisation vers les siècles héroïques , où les arts étaient dans leur enfance. Ils me racontèrent comment, après avoir fait paître une partie de leurs champs d'orge en vert par les chevaux au mois de mai, ils arrachaient ce qui n'avait pas ctc brouté pour eo faire du fourrage. Us me dirent de quelle manière, après cette récolte, ils ameublissaient la terre au moyen tl'une charrue lort simple; comment ils semaient le coton par sillons ; de quelle façon le^eor^05, ou laboureur, après avoir attaché au timon de sa charrue une planche étroite, sur laquelle il se place debout , tenant en nuiiu les rênes pour guider ses bœufs, et un roseau pour les exciter, se fait traîner au-dessus des sillons, qui se refennenL en couvrant Jes grains. La joie était peinte dans les traits des Khariens.qui me raconlaieut ces par^

]4o VOTAGB DE I*A GBIsCK.

ticularités. Je foulais la terre qui porta le priuci|>ai monument avoué par rhumaiiîté, celui de l'inventeur de la charrue, bienfaiteur des mortels. Je parcourais les champs où fleurirent les premiers épis d'orge, denrée céréale qu'on cultiva long-temps avant le froment (i), et qui peut-être à cause de cela était employée de pré* féreoce dans les sacriBces.

En montant vers Éleusis (a) par la vde mystique, je retrouvai, par intervalles, quelques traces de chemin, qui me conduisirent jusqu'aux autels sur lesquels Spon releva une inscription, dont il a omis plusieurs lignes, et que je copiai afin de la compléter. Je ne trouvai plus le piédestal sur lequel ou voyait île son temps deux flambeaux auJessus desquels était écrit le nom secret de Cérès (AX0EIA), ni une autre inscription que M. Fauvel m'avait indiquée (3). Mais je lus son nom et celui de M. Foucherot , avec la date de 1781, dans une chapelle où M. Mertrud , drogmaa de France, écrivit le mien, au-de.ssous de ceux de ces deux voyageurs français.

(1) Rharos était le nom du père de Triptolème, qui fut donné à cette contrée (Hesych. Suid. ). Amiquissimam in cibis hordeum, sicat Atfaeniensium ritii, Meandro auctore, spparet. Plio. lib. XVIII 9 e. 7. Phamutns autem : X^^ovrou «i x^iOot.

(7) Depuis Athènes jusqu'à Éleusis le terrain yfteii s'élevant, ce qui justifie l'expression de Callimaque «vo^gç (Hymn.in Cerer. V. 121 ), en parlant de la marçlie des Thesmophoriazuses vers cette ville. Ainsi par opposition, en décrivant leur retour avec le Calathus, il dit : t«* KoXttAtt noAtevreç. Il est également essentiel de le distinguer du van mystique. F. Meurs. Eleus. XXV.

(3) Elle est dans lés inscriptions inédites de Fourmont , au cabinet des MS* du Roi, sous le SSg.

L1VA£ XIII, CUA.P1TRE VIIL l4l

Je courus à une aulre ruine , où je lus une

inscription publiée par Spon , que Fourmont avait comprise dans sa collection (i). Je venais de m^asseoir, harassé de £itigue, auprès du puits Callichore (a), lorsque mes compagnons de voyage me pressèrent à grands cris de monter au village. I^Ialgré leurs cla-» meurs je m'arrêtai à causer avec les paysans, qui me vendirent plusieurs médailles (3j. Un fragment de marbre portant CÏBOAO me rappela le mot de Passe qtt*on Ht sur le rocher qui forme l'ouverture de l'antre de Trophonius, près de Livadie. J étais en train de faire d'autres recherches ; mais les instances de ceux qui m'appelaient au dmer, où j'étais attendu ayant, recommencé, je dus suspendre mes travaux.

Éleusis . présentait un abrégé de la création mythologique des anciens, qui avaient attaché des souvenirs religieux à toutes les parties de son territoire. On peut avec Fausaaias, guide le plus sûr et le plus judicieux de tous les voyageurs, pour ceux qui savent lire et entendre ses récits , revivifier la Grèce et cette contrée en particulier. Mais il est impossible de parler avec cîonnaissance de cause des mvstères de Cérès, institués par £umoIpe (4) , qui les tenait des fiUé» de

i) Spon» t. II t p. 336 et Fourmoat dans ses manuscrits, H» 340.

(a) Pans. Allie Ub* I, g. S?*

(3) Bronzé. Téte casquée de Pallas à droiie,

K. AeHNAinN. Hercule (Faroèse), la main droite derrière le

ilus , appuvé sur sa massue.

(4) Sophocl. Scliol. OEdii|). Colon., v. 1106. Erechthéc en «vait été l'instituteur» mais£uiuolpe et Musée en furent les preaûcrs prêtres.

l4l VOYAGK DK LA GR^ICE.

Danaùs, dont les prêtres de Sais avaient formé Téducation ( i ). Les hiérophantes en avaient fiitt un secret

«î! terrible, qu'Eschyle ayant exposé sur la scène quelques-unes des cérémonies qu'on y pratiquait ne fat absous au tribunal de ^Aréopage que parce qu'il prouva qu'il ii t laiL pas initié Diagore le Mélien fut proscrit pour en avoir parlé , et une^ pareille indiscrétion causale bannissementd'Alcibiade.Pausanîas^ toulprcLa les résider, dit qiril en fut détourné par un songe ; et il s'arrête frappé d'une terreur semblable à celle des Vénitiens, qui n'osaient même prononcer le nom du tnl)uual des Trois (3).

Coninie an autre Daru, qui a découvert les statuts homicides des Trois , nV pas retrouvé ceux des ministres de la bonne déesse, nous iravons, malgré les dissertations de quelques savants, que des notions confuses sur les initiations, dont il n'était pas permis de s'informer. Cependant s'il est vrai, comme on a cm l'entrevoir, que les cérémonies qui précédaient l'initiation servaient à couvrir les révélations de Cumù de Dieu et de l'immortalité de Vame (4), Eleusis,

(1) Herodot. Eulerp. § 17T. '

(2) Clem. Alexand. Strom. , lib. II, p. 587.

. (3) Dara , Hist. de Venise , lib. XYI , % ; XXXY, ao ; , xa , 16. Ce qui arriva à un indiscreidans Taiitre de Trophonius et plusieurs autres exemples prouvent que ces cloaques politiques et religieux avaient, comme l'inquisition, le tribunal des Trois et plusieurs autres associations de chauffeurs, la proscription , Vaquctta et la niuri à leurs ordres.

(4) Fqy. Gros. Hist., lib. VI, c. 1; Maxim. Xyr. dissert. I, p. 5; Fragment. Orph. cit ab. Euseb. et Clem. Alex. ; Epigr. Essenbach, p. i36 ; Thcolog. payen. par Burigny, 1. 1, • laS.

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