‹ Voyage de la GrèceChapitre 53 sur 224 · LIVRE XIIJ, CHAPITRE VUI. l /[Q · texte numérisé non relu

LIVRE XIIJ, CHAPITRE VUI. l /[Q

ques vieilles dévotes, qui venaient, en se frappant la poitrine, crier eleison , à la porte du tribunal sacré , losque les Barbares du Nord enveloppèrent Éleusis, son temple, ses autels et so|i culte expirant , dans la catastrophe qui détruisit les lois, les libertés, les monuments et la population presque tout entière de la Grèce.

Le temple de Cérès, que les anciens comparent à un théâtre capable de contenir plus de trante mille spectateurs (i), semble écroulé sur lui-même. Il présente l'aspect d'une montagne composée d'un tas de colonies et d^antels. Au milieu de ces ruines majestueuses, qui gisent comme un colosse abattu par une commotion souterraine, est bâti le misérable village de Lepsina. Quarante familles albanaises, qui composent sa population, cultivent la plaine de Rharos au profit d'un mahométan; et cette peuplade caucar sienne fait entendre ses accents scythiques aux henx ou furent chantés les liyuines sonores de la plus hi iU lante poésie; ses bras labourent pour le compte d'un Taitare les possessions des Ëumolpides, ou du Céryx ; ' et le champ de rhitrophante est affecté à la dotation du vacouf de la Mecque. Enfin le Sécos mystique, bâti quatre siècles et demi avant notre ère, renferme le ha* meau et la population de quelques Schypétars Pélasges, qui donnent à peine un soufïle de vie à ce territoire, objet autrefois de tant de respects et d'hommages.

En montant au village, j'avais fait connaissance , au moyen de quelques mots de schype et de mon accent épirote, avec un albanais, qui devint mon guide et mon dcerone. Grâce à cet homme, qui m'épargna des pas

(i)Strab.,1ib. IX, p. 'i^fi.

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inatiles, je pus voir beaucoup de choses eo très-peu de temps. Je lui demandai eu plaisautant s'il connaissait le figuier sacre el. la pierre de douleur sur laquelle Thésée, qui était un grand capilaîne de Klephtes, avait pleuré ses péchés. Le pauvre Ikomme ouvrait de grands yeux, el il me répondit, en me montrant son village : «La pierre de douleur, voyez ces cabanes, cesi « clianips et nos haillons»; puis il se signa eu répétant : La douleur est notre partage , pauvres raias chrétiens que nous sommes. De l'endroit ou je me trouvais dans ce moment, je compris comment les Athéniens pouvaient discerner le temple de Jupiter construit dans Fîle d'Égine, et les Éginètes, de leur cote, le Pai tliénon, qui s'offrait à leurs regards sous l'aspect d'un corps lumineux, lorsqu'il était frappé des rayons du soleil à son passage au méridien et quand cet astre descendait vers l'occident. Il est probable que le Secos formait une pareille illusion d optique, car étant placé sur une hauteur, il devait être vu de trèsloin. Ainsi la Grèce, mère des arts, semblait créée pour rarcliitecture; nulle part les édiiices ne se trouvaient placés dans un jour si frappant, dans une position aussi pittoresque. Patrie des merveilles, elle renaîtrait si les Hellènes pouvaient remonter au rang des peuples. Tout est en place, et si on restaure les statues en connaissant une de leurs parties, les temples dont les plans subsistent pourraient sortir de nouveau du sciu de leurs ruines. La Grèce deviendrait, comme elle l'est malgré son deuil, le pays des aitistes, et leur école d'architecture y serait à heaucoup d'égards mifiui^ placée qu'elle ne l'est maintenant à Rome.

Mon guide me montra^ au milieu du temple dont Pé-

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