CHAPITRE IX
MÉGAiUDK
Départ d*£leu$is. — Tombeaux. — Plaine de Ahai'os. — GroUe présumée de Procuste. — Monts Gérâtes, ou Kératas. — Echelle de Gonditra. — Palestre de Cercyon. — Frontière entre TAttiqtie et le Pétoponèse. — Pttits de Cl>uinidn« — Ruines. — Arrivée à BSégare. — Noces grecques. — Tombeaux. — Inscriptions. — Médailles.
Le territoire d^leusis était marqué de tous cotés par des monuments qui rappelaient quelques particularités (lu culte des dieux. £n marchant au uord pour doubler les coteaux, j'observai des pans de murs, qu'on disait être l'ouvrage d'Ogygès ( i ) ; et on m'assura qu'il s'en trouvait de plus considérables au midi. Bientôt nous tournâmes à l'occident; et sur notre route, à gauche, je vis un puits très-ancien, qui est peut-être le même où l'hymnograpiie Pamphus avait mii> une iuscrytion (a).
Nous passâmes de là sous les arcades de Faquéduc qui abreuvait Éleusis, en portant les eaux dans la ville haute, et de là jusque dans les faubourgs voisins du Léché, par un souterrazi, ou canal sans arceaux. Je ne tardai pas à remarquer des tuinulus et un tombeau très-grand, qu'on peut regarder, si l'on veut, comme
(i)Ogygès; les Grecs appelaient àyûyicv tout ce qui était «l'une haute antiquité. Hesych. , Suid., Uiuiiys. , De Sà. orb.; £rasni., In Càil,
(3} 4»p<«p KvA»ev ; le puits Jleun» Paus. , Juic. , lib. c.
l56 VOYAGE DE LA tiRKCE.
les monuments funéraires des Arcadiens et d'Aiopé,
qui sont indiqut's par Pausanias (i).
Nous avions iàit une clcuù-iieue environ, lorsque nous nous dirigeâmes au midi, en contournant Textre^ mité du coteau de la partie haute d'Éleusis, qui est entièrement isolé de la chaîne des monts Gérâtes, ou Kératas, Nous retombâmes aussitôt au bord de la mer, qui s'enfonce de ce côté dans les terres , et j'y trouvai quelques éboulements d'une bâtisse ancienne, qu'on dit être les restes de ia chapelle Méganire. M. Fauve! avait reconnu autrefois, parmi les joncs qui couvrent des basfonds, les restes d'une chaussée aboutissante à une petite darse; et j'eus ia satisfaction de vérifier Texactitude de ses recherches.
Nous commençâmes, à cette distance, à gravir la base du mont Kératas , et à nous élever sur son versant, en suivant un sentier sablonneux qui domine le canal de Salamine. 11 est probable que je m'orientai mal , car je ne pus voir Kérato-Pyrgos , espèce de tour indiquée par Wheler (2) , qui servait à signaler un des deux rocbers dont la forme et le parallélisme ont fait donner le nom de Cornes aux sommets de cette partie du Citheron. Nous voyageâmes ainsi pendant une heure pour atteindre réchellc de Condura, où existait ancien-
(1) Spon ii*a pas ooplé exactement l'inscription qu'il trouva sur un cippe voisin de ce tombeau. La voici :
On lit la suivante sur une autre pierrè :
NIlLOlLAi:^ AHMHTPIOÏ XOAAEIAU2.
(a) Wheler. t. II, liv. III, p. 5ai.