‹ Voyage de la haute Égypte; observations sur les arts égyptien et arabeChapitre 14 sur 24 · VS · texte numérisé non relu

VS

AAKSANTPS

Alexandre.

HPiMKS

Bérénice.

du nom de Cléopatra (l'épervier), ce sont les signes du genre féminin.

Nous voilà donc en possession de onze signes alphabétiques, lesquels seront bientôt augmentés

par l'application, que fera l'inventeur, de son alphabet à d'autres noms, par exemple, Alexandre e,i Bérénice. . . Tel fut le point de départ de radmiraJ)le science créée par Champollion. La clef était trouvée ; la voie était ouverte; d'autres y ont marché, et, à cette heure, les maîtres de l'égyptologie, Lepsius, Mariette, Briigsch, le docteur Lieblein, Suédois, et autres, Usent l'écriture hiéroglyphique, à peu de chose près, comme ils hraient du grec.

« iMonsieur, me dit la personne qui avait bien voulu m'écouter, je vous remercie, mais je n'aurais pas de goût pour une langue dans laquelle les consonnes changent de voyelles comme les maris changent ici de femmes. »

Nous sommes à Louqsor.

Médincl-Abou. — Kamscs III.

THEBES

Louqsor est le quartier général des \oyageurs qui visitent la Thébaïde ; et que de choses il nous reste à voir dans ce désert, à commencer par le monument qu'on nommait le Memnonium, et que Champollion a plus justement appelé le Ramesséum, ou Ramesséion^ puisqu'il est élevé à la mémoire de Ramsès II, le grand Sésostris. N'attendez pas que je décrive cet édifice funéraire et historique tout ensemble, qui, comme architecture, se distingue surtout par de colossales caryatides. Aucune partie n'en est demeurée complète depuis les ravages exercés par Cambyse. Là se dressait la plus gigantesque figure qui ait jamais été taillée dans le granit : une statue de Ramsès qui avait deux mètres de plus que les colosses de Memnon ! On a calculé qu'elle pesait 1,217,000 kilogrammes. Il n'en reste plus que des morceaux effrayants, entre autres la tête qui est mutilée, et le pied, qui mesure quatre mètres en longueur.

Les mêmes événements que nous avons vus figurés sur les pylônes de Louqsor sont retracés par les sculpteurs du Ramesséum a\ec moins d'habileté, mais dans le même style. Le ciseleur et le peintre ont représenté les victoires de Sésostris sur des peuples asiatiques, ceux que les Égyptiens appelaient « la plaie de Cliéto » (ou de Khetas), les ambassadeurs admis à parlementer avec le conquérant, des soldats dispersés dans un camp où les uns se reposent, les autres prennent soin des bagages ou fourbissent leurs armes, des prisonniers qui reçoivent la bastonnade, des forteresses prises , des batailles échevelées que traversent, comme un ouragan, les chevaux et le char de Ramsès. Parmi la foule des ennemis vaincus et précipités dans un fleuve, on distingue de curieux épisodes : un de leurs généraux, qui s'est noyé, est retiré de l'eau par ses soldats, et ils le suspendent, la tête en bas, pour lui faire rendre l'eau qui l'a étouffé et le rappeler à la vie. Ces tableaux, conçus comme les récits d'une épopée égyptiaque, sont pleins d'imagination, de chaleur, de verve, et aussi de cette vérité naïve qui est parfois un élément du sublime. Le point de vue en est pris de si haut qu'il supprime toute perspective, le sculpteur se considérant, du reste, comme

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un écrivain qui remplit également le haut et le bas de sa page, en papier de granit. Quoique moins belle qu'à Louqsor, la sculpture du Ramesséum est remarquable, par un mouvement et une invention qui ont vraiment quelque chose d'épique.

Comme les ruines de Karnak, celles du Ramesséum contiennent une salle destinée aux grandes assemblées, aux panégyries, une salle hypostyle, au plafond bleu, étoile, dont trente colonnes subsistent encore, avec leurs chapiteaux en calice, aussi imposantes dans leur élégance que les colonnes de Karnak sont majestueuses dans leur énormité. Une des portes du Ramesséum était couverte d'or pur, dit l'inscription qu'on y a gravée, et, en effet, un enduit de stuc étendu sur une toile, collée aux sculptures dont elle garde l'empreinte, avait reçu une couche d'or, mais auparavant on avait eu soin de repasser sur les contours et les sailhes des figures taillées en dessous.

Ce n'est pas sans un sentiment de tristesse qu'on parcourt les salles du Ramesséum. Tant d'images de destruction serrent le cœur. Les catastrophes de la nature nous font quelquefois des spectacles d'une horreur subhme, mais les ruines de main d'homme sont pénibles à voir et décourageantes.

Il a suffi d'un monarque à l'esprit étroit, d'un sauvage couronné, pour dévaster un grand et beau royaume. Quelle puissance colossale déployée pour détruire le colosse de Ramsès ! Que d'énergie dans la haine et quelle robuste rage ! «On se demande, dit Mariette, ce qu'il y a de plus étounant, de la patience et de la force de ceux qui ont apporté d'Assouan ce monolithe pour en faire l'ornement d'un temple, ou de la force et de la patience de ceux qui l'ont jeté par terre. » Ici pourtant se trouvait la bil)liotiièque sur laquelle on hsait Tins cription : Pharmacie de Mme, inscription de nature à frapper même un de ces ravageurs d'empire que l'on nomme des conquérants. Use pourrait en effet que le Ramesséum ne fût autre que l'édifice pompeusement décrit par Diodore, d'après Hécatée, sous le nom de tombeau d'Osymandias ; mais bien que la chose ne manque pas de vraisemblance, elle a donné lieu à de vives controverses, notamment à un remarquable mémoire de Letronne.

Un volume ne suffirait pas à décrire les temples et les palais de Médinet-Abou, qui sont pour Ramsès m ce que le Ramesséum est pour Ramsès II. Cette masse de constructions héroïques forme sur la rive gauche du Nil un autre Karnak. Elle a pris son nom d'un petit village copte qui s'était établi

THEBES.

autrefois parmi les décombres, et qui fut presque

Ramsès UI dans son gynécée. — Médinet-Abou,

abandonné à l'époque des premiers khalifes. A

moins d'être suivies sur un plan ou sur le terrain, les descriptions un peu compliquées ne font le plus souvent que jeter de la confusion dans l'esprit. Aussi ne vous parlerai-je, mon ami (1), que de trois choses qui ont mordu sur ma mémoire et y sont restées : le pavillon, les cours du palais et les réflexions esthétiques qui me furent suggérées, sur l'art égyptien et l'art grec, par l'ensemble de ces monuments où sont rapprochés, d'ailleurs, des morceaux de toutes les époques, depuis la dixhuitième dynastie jusqu'au septième siècle de l'ère chrétienne.

Nulle autre part, en Egypte, on ne trouve les vestiges d'une habitation royale. La vie intime des antiques Égyptiens ne nous est connue — qui aurait pu s'y attendre ? — que par les peintures de leurs tombeaux. C'est dans les demeures solennelles de la mort que l'on surprend les images les plus famihères de la vie. Mais les tableaux qui nous ont intéressés si vivement au fond des hypogées prennent en quelque sorte plus de réahté dans le pavillon de Médinet-Abou ; ils se présentent sous les trois dimensions, pui que nous sommes au miheu même d'un pavillonhabité par les

(i) Ceci est extrait d'une lettre adressée à M. Paul Chenavard.

THÉBES.

femmes de Ramsès III. Le pavillon est divisé en

Ramsès III dans son gynécée. — Médinet-Abou.

trois étages, et suivant l'usage constamment suivi par les artistes égyptiens, le décorateur a gravé sur les murs de la chambre les scènes qui s'y passaient journellement. Nous avons ici ce qu'on pourrait appeler des tableaux de genre, mais traités dans ce grand style de convention qui, abrégeant l'expression des formes, contient la vérité sans la dire tout entière, et sans inspirer le regret de ce qui est passé sous silence. Le Pharaon est retiré dans son gynécée. Il est assis dans un fauteuil élégant ; il porte une chaussure qui ressemble à des patins et dont la tradition se retrouve dans les souliers à la poulaine. Ici, une jeune femme lui présente un fruit : il la prend d'une main par le bras et, de l'autre, il lui caresse le menton; une autre lui apporte des fleurs. Là, il joue avec ses petits enfants ; plus loin, il fait une partie d'échecs avec la reine. Les pièces du jeu ne sont pas variées, il est vrai, elles sont toutes des pions ; mais, d'après ce que nous savons de l'esprit qui dirigeait les artistes, on peut supposer que la sculpteur s'est borné à l'indication du jeu et n'a pas voulu entrer dans un détail minutieux que, sans doute, il eût trouvé puéril. Cependant, comme pour insister par un contraste sur la destination intérieure de l'édifice, l'artiste a décoré les murs,

Pilastre à Thèbes; XVIIP dynastie.

à l'extérieur, de légendes et de }3as-reliefs comme-

moratifs des victoires remportées au loin par le maître de ce gynécée. Au dedans, le roi s'amuse ; au dehors, il triomphe.

Tout est remarquable et imprévu dans cepavillon, et d'abord, ce que l'on ne rencontre pas ailleurs, en Egypte, des fenêtres finement ornées, et des balcons portés par des figures, à mi-corps, de prisonniers barbares, couchés sur le ventre et engagés dans la muraille ; ensuite des sculptures étonnantes représenfant les exploits du fondateur et les prisonniers qu'il amène aux dieux. Je dis étonnantes, parce qu'elles ont ce privilège — qu'on ne retrouvera plus dans l'art des autres peuples — d'être à la fois des types et des portraits. Je n'aurais jamais cru que la sculpture pût être aussi individuelle en restant aussi générique ; c'est pour moi un prodige. Les prisonniers de l'Asie, ceux du Soudan, ceux de l'Afrique occidentale ou de la Libye, sont des êtres que l'on croit avoir vus, tant ils sont vivants ; mais ces êtres personnifient des nations, de grandes familles, de grandes tribus. Celui-ci « de la mauvaise race de Kousch » est un Africain de l'Ethiopie, et il est aussi l'Africain de l'Ethiopie. Celui-là, le nez busqué, le front fuyant, la physionomie sensuelle, la barbe pointue, est un Amorite, mais il représente à lui

Pilastre à Thèbes; XVIII* dynastie.

seul tout le peuple de Chanaan. Cet autre, du pays de Schardina « qui est sur la mer » est sans doute un Phénicien ou un insulaire de l'Archipel, mais toute une race parle dans sa figure parlante. La tête du « vil chef des Khétas » est dessinée à l'emporte-pièce, et toutefois sa figure ronde, efféminée, sans barbe, avec un double menton et un bonnet collant, d'où s'échappe une queue qui retombe sur le dos, est en même temps frappante comme un portrait et frappée comme un type de médaille. Cette puissance extraordinaire et, je crois, unique du ciseau égyptien dans les figures des prisonniers africains ou asiatiques, tient à ce principe dont l'art égyptien a connu toute la force : qu'il faut regarder les détails comme les ennemis du style, et choisir parmi ces détails celui qui est assez caractéristique pour dispenser de tous les autres.

C'est en suivant l'axe principal du pavillon qu'on arrive au pylône colossal qui annonce le grand palais de Ramsès III, le chef de la vingtième dynastie. Une première cour arrête l'attention et les pas du voyageur : elle est bordée, à gauche, par une superbe colonnade aux chapiteaux épanouis en fleurs de papyrus, à droite, par des piliers osiriaques, c'est-à-dire auxquels sont adossées d'énor-

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mes statues d'Osiris, qui par leur signification symbolique, donnent à ce monument un caractère funéraire. Une seconde cour excite l'admiration ou plutôt l'impose, par la magnificence des colonnes et des caryatides qui l'entourent, et qui, en leur état de conservation, forment le morceau le plus précieux peut-être de l'architecture égyptienne, d'une époque antérieure à notre ère, de treize siècles. Partout, du reste, sur les pylônes, sur les pilastres et sur les murs des galeries, au plafond bleu, rehaussé d'étoiles, se dessinent à grands traits des sculptures, brillamment coloriées, qui sont comme les nouveaux chants d'une Iliade écrite dans la pierre en l'honneur de Ramsès III. Pour la dixième fois nous revoyons l'image d'un héros égyptien terrassant ses ennemis, tuant leurs chefs ou leurs lions, poursuivant des soldats éperdus, et emporté lui-même par des chevaux qu'on croirait dételés du char d'Ammon et descendus des cieux pour mener le Pharaon au combat. Mais l'œil se repose enfin sur des scènes plus graves et plus calmes. Ramsès est assis sur un trône dans une châsse portée par douze chefs militaires. Les images en or de la Justice et de la Vérité le couvrent de leurs ailes étendues. A ses côtés sont un sphinx et un lion. Des officiers entourent la châsse

en agitant le flabellum. Précédé de trompettes, de tambours et de choristes, escorté de prêtres et de soldats, encensé par son propre fils, le Pharaon se rend au temple d'Horus, avec une pompe que semble avoir imitée de l'Egypte la cour pontificale de Rome, dans les cérémonies de l'exaltation des papes.

Que d'observations à faire sur l'art égyptien et sur l'art grec, alors qu'il est impossible de ne pas les comparer à chaque instant, soit par un rapprochement de la pensée, soit par une confrontation matérielle ! Les piliers osiriaques et les prisonniers sculptés sous les balcons qui pèsent sur leurs épaules nous reportent bien loin du récit de Vitruve, touchant l'origine des caryatides, qu'il fait remonter aux guerres médiques. « Après la bataille de Platée, dit-il, les Lacédémoniens élevèrent à Sparte une galerie qu'ils appelèrent joer^ï^we, dans laquelle l'entablement était soutenu par des statues de captifs vêtus de leurs habits barbares. » Il est clair que l'idée de faire jouer le rôle de support à la figure humaine vient de l'Egypte, puisque nous en trouvons un exemple si frappant sous les balcons du gynécée de Ramsès III, sept cents ans avant la bataille de Platée. Quant aux pihers osiriaques, la statue d'Osiris n'y étant qu'adossée ne

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doit pas être considérée rigoureusement comme une caryatide, elle n'en est que l'image. Les Grecs du Péloponèse furent les premiers, je crois, qui substituèrent une figure de femme à la colonne, et cela pour punir, par une image humiliante, les habitants de Carya, qui avaient soutenu les Perses. Mais les Athéniens, avec la délicatesse, le goût et la mesure qui caractérisaient leur génie, corrigèrent ce qu'il y avait de blessant dans l'image d'une statue féminine changée en support. Sur les caryatides du petit temple de Pandrose (à cent pas du Parthénon), ils firent porter un entablement, rendu plus léger par la suppression de la frise. Et voulant rassurer le regard, le sculpteur, dans chacune de ses caryatides, a fléchi une jambe, pour montrer que les jeunes filles, corai^ conservaient leur souplesse et leur grâce sous le poids de l'architrave. Les Grecs ont excellé dans le perfectionnement de toute chose ; c'est une observation qui s'est présentée bien souvent à notre esprit depuis que nous sommes en Egypte, et sur laquelle nous aurons à revenir certainement avant la fin du voyage.

Nous n'avons eu garde de quitter les monuments de Médinet-Abou sans avoir regardé curieusement sur la muraille du sud un tableau astronomique

d'un prix inestimable. Ce tableau représente une série de figures des deux sexes, accompagnées de leurs noms, qui personnifient les douze mois. Champollion parvint à y découvrir les personnages qui symbolisaient les solstices et l'équinoxe du printemps. Nous avons parlé du calendrier en usage chez les Égyptiens et de son ancienneté immémoriale. Le lecteur sait que leur année vague de 365 jours étant plus courte d'un quart de jour que l'année solaire, la notation de la première ne s'accordait pas exactement avec l'état du ciel, et que cette différence, d'abord insensible, allait croissant de jour en jour, et finissait par créer un écart qui, au bout de 1,461 ans, était d'une année entière. Il arrivait donc qu'après l'expiration de cette période astronomique, le premier jour de l'année vague, de l'année civile, coïncidait parfaitement avec le premier jour de l'année solaire. Or, cette coïncidence solennelle arriva la douzième année du règne de Ramsès III, et c'est pour en incruster le souvenir dans les murs de son palais que les prêtres firent graver le tableau que nous avons devant les yeux. Mais dans quelle année faut-il placer cette concordance mémorable, si importante pour la chronologie du monde ? Biot a calculé qu'elle avait eu lieu dans la période des

quatre années 1301, 1300, 1299, 1298, et il l'a fixée, pour de bonnes raisons, à la première de ces quatre années. D'où il suit que Fan 1301 avant l'ère chrétienne, le pharaon Ramsès III, chef de la vingtième dynastie, était parvenu à la douzième année de son règne et qu'il est conséquemmeut monté sur le trône en 1313.

Cependant l'heure avancée nous avertit qu'il faut dire adieu à ces grands édifices, que d'autres nous attendent et qu'avant de repasser le Nil, nous aurons à visiter le temple de Qournah. Du premier roi de la vingtième dynastie, Ramsès III, nous remontons au premier roi de la dix-neuvième, Ramsès I". C'est à la mémoire de ce pharaon que fut élevé le temple de Qournah, par son fils ou plutôt par son beau-fils Séti I", surnommé Menephtah; et ce monument qui a l'air d'un palais est bien digne de la belle époque à laquelle il fut bâti et décoré.

Considérez les colonnes du portique, disais-je à un de nos compagnons : le fût de ces colonnes est figuré comme un faisceau de tiges, et le chapiteau est formé de plusieurs boutons de fleurs, tronqués en haut pour recevoir un abaque en forme de dé. N'est-ce pas là l'origine de l'astragale et peut-être des cannelures? La colonne égyptienne

THEBES.

étant l'image d'un faisceau, il a fallu relier les tiges et les serrer énergique ment pour leur donner une apparence de force. Les Grecs ont figuré ce ligament, dans l'ordre dorique, par des rainures horizontales exprimant l'idée d'une matière élastique, comprimée par des cordes qui la pénètrent et dont la réminiscence est figurée plus tard par un simple anneau qui est l'astragale. Quant aux rainures verticales , ou cannelures, il est vraisemblable qu'elles furent traînées sur ^gla colonne pour rappeler l'idée primiiivo des liges réunies en faisceau.

Tous les bas-reliefs de Qournah représentent Séti (Ménephtah) et son fils Ramsès II (Sésostris) rendant hommage aux divinités de Thèbes, leur offrant des fleurs, des parfums,

et recevant d'elles les emblèmes d'une longue et heureuse vie. On voit donc que Sésostris a voulu consacrer à la mémoire de son père Séti le monument élevé d'abord à la mémoire de son aïeul maternel, Ramsès P'. Le dieu protecteur du temple ou du palais de Qournah est le chef de la triade thébaine. Ammon-Ra, auquel est dédié un sanctuaire, et qui est représenté sous sa forme primordiale et sous la forme de générateur. Ici se présente donc à nouveau l'intéressante observa- ' tion qui me fut faite par M. Lep-

sius, à Karnak, relativement à la forme symbohque des colonnes en bouton de fleurs tronquées.

Quoi qu'il en soit de cette remarque, en parcourant les chambres de Qournah, nous avons rencontré une tête de Séti P' d'une beauté rare. Comme nous étions assis à l'ombre du temple, des fellahs sont venus nous offrir quelques antiquités, la plupart un peu suspectes, qu'ils disaient avoir trouvées parmi les décombres, entre autres un morceau de bas-relief représentant un bélier dessiné et modelé d'un ciseau exquis. Je l'ai acheté en me disant : Si c'est là une contrefaçon, que devait être l'original ! Les artistes égyptiens,

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