ÉGYPTOLOGIE
OÙ l'on plaçait généralement la création du premier homme, les pyramides de Cliéops et de Chéfren s'élevaient dans les plaines de Memphis, et quelle ancienneté ne suppose pas chez un peuple la perfection de la statuaire et de la gravure qu'on remarque dans les monuments de la quatrième dynastie, déjà vieux de six mille ans! Lorsque Abraham n'était pas encore né, onze dynasties avaient régné sur FÉgypte et affirmé leur existence par des œuvres colossales. Au moment oii disparaissent, pour les nations les plus anciennes delà terre, les vestiges d'une tradition écrite ou figurée, l'Egypte est déjà en possession d'une chronologie certaine, qui embrasse au moins deux mille ans ; elle a des livres d'histoire dont les pages sont de granit ; elle exerce les arts du dessin avec une grandeur, une autorité, une délicatesse qui ne seront jamais dépassées.
A la France revient donc la gloire d'avoir ouvert cette science de l'Égy^ptologie dans laquelle devaient se faire un nom, après Biot et Letronne, Lepsius et Brtigsch par leurs voyages et leur pénétration, Mariette par les merveilleuses découvertes qu'il a su faire, après avoir su les deviner, de Rougépar ses leçons, Prisse d'Avenues par ses beaux dessins.
Telles sont les pensées qui occupaient notre esprit, quand nous avons entrepris, sur l'invitation du vice-roi, ce voyage qui allait nous conduire jusqu'à la première cataracte, oii nous attendait l'inscription suivante :
L'an VI de la République,
le 13 messidor,
une armée française, commandée
par Bonaparte, est descendue
à Alexandrie.
L'armée ayant mis, vingt jours
après, les Mamelouks en fuite
aux Pyramides,
Desaix, commandant la
première division, les a
poursuivis au delà des
cataractes, où il est arrivé
le 13 ventôse de l'an VIL
Les généraux de brigade
Davoust, Priant et Beliiard,
Donzelot, chef de l'état-major,
La Tourmerie, comm*' l'artillerie,
Eppler, chef de la 21" légère,
le 13 ventôse an Vil de la République,
le3marsdeJ.-C.n99.
Mais il est une autre empreinte que devait laisser en Egypte le génie français, une empreinte ineffaçable, impérissable. Je veux parler du percement de l'isthme de Suez et de ce canal merveilleux qui, réunissant deux mers, ouvre aux nations occiden-