LES CAMPAGNES DU PRINTEMPS
lage peu éloigné. M. Melville remonta sur-le-champ en traineau : c'étaient M. Jackson et Noros. M. Jackson alla visiter le « Monument » du delta, tandis que Melville, Nindemann et Bartlett repartaient pour Yakoutsk, mais en suivant les bords du fleuve Yana : ils ne voulaient pas laisser une pierre qui n’eût élé retournée.
Sur la ligne de faite qui sépare Verkeransk de Yakoutsk, les voyageurs croisèrent le lieutenant Berry et l'enseigne Hunt, membres de l'expédition de secours expédiée par le gouvernement des États-Unis. Ces messieurs avaient quitté San-Francisco en juin 1881, sur le navire Rodgers, et, après avoir navigué dans les parages de l'ile Wrangell, ils durent hiverner à la baie Saint-Laurent (entrée du détroit de Béring). A la fin de décembre, le steamer ayant brûlé, la plupart de ceux qui le montaient regagnèrent l’île Saint-Michel, et au printemps, San- Francisco; mais le colonel Gilder, MM. Berry et Hunt, désireux de remplir leur mission jusqu’au bout, se dirigèrent vers l'ouest par le continent sibérien. M. Melville les mit au fait des événements, puis, en leur compagnie, continua sa route sur Yakoutsk, où il arriva le 8 juin.
Il comptait y trouver le lieutenant Harber, dont il avait appris les projets; mais cet officier était alors à Vilimsk, à sept cents milles (1300 kil.) en amont de la Léna, préparant des navires pour l'exploration du delta. M. Melville se hâta d'y courir par eau, espérant l'arrêter au passage, mais les deux vapeurs se croisèrent pendant la nuit, à ce que lui apprit une lettre de M. Harber, déposée à la station d’Olekma. Là l’enseigne Hunt et Bartlett reçurent de leurs chefs respectifs l’aulorisation de se joindre à la nouvelle mission en qualité de volontaires; Nindemann désirait vivement les suivre, mais M. Melville ne connaissait pas assez les ressources du lieutenant Harber pour lui imposer un effectif si nombreux. Il l’emmena donc à Irkoutsk avec lui et M. Berry. Noros y avait accompagné M. Jackson; ils le prirent en passant et gagnèrent ensemble les rives de l'Atlantique, puis les États-Unis.
Les recherches les plus minuticuses faites dans le delta par le lieutenant Harber n’amenèrent aucun résultat, et en automne l'enseigne Hunt relourna en Amérique avec Bartlett,
Leach, Lauterbach et Manson. Wilson les avait précédés pour ni
cause de maladie. Aneguin mourut en route, de le petite vérole. Les lieutenants Harber et Schuctze avaient obtenu Fæssentiment du Secrétaire de la marine pour une nouvelle année d’explorations pendant laquelle ils comptaient visiter File $emenovski. Ils reçurent en outre la mission de retirer de lewr tombe du delta les restes de M. De Long et de ses camarades, le gouvernement ouvrant un crédit de 125 000 francs pour faire face à ces dépenses. Ils ne purent, comme ils l'avaient projeté, se rendre à l'ile Semenovski, ct, au printemps de 18#3, revinrent à Yakoutsk avec les dépouilles des infortunés marins.
N'oublions pas de mentionner une autre tentative du goavernement des États-Unis pour entrer en communicalio® aver la Jeannette. Au printemps de 1881, le steamer américain l'Alliance, commandant George H. Wadleigh, fut, sur les instances de M. Bennett, expédié à la recherche du navire absent, dans les mers qui s'étendent entre le Groenland, lslamde, læ côte de Norvège et le Spitzhberg, avec ordre de pousser, si possible, aussi haut que le parallèle 77° 45”. I] croisa toute La belle saison, prit lous les moyens à sa portée de s'éclainer sur le sort de la Jeannette, fit connaitre sa mission sur Les cles et aux bâtiments de pèche qu’il rencontra; mais il dut rentrer à automne sans avoir alteint le but de son voyage, fl séfait avancé jusqu’au 82° degré de latitude, montrant ainsi fouk er qu’on peut faire d’un navire, même d’un navire non comstruit en vue des expéditions polaires.
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