CONCLUSION
La Gour d'enquête. — L'instrution, — Le verdict. — Un mot au lecteur.
Le sort funeste de la Jeannette et de nombre de ceux qui la montaient ne manqua pas de donner lieu à l'enquête prescrite par les règlements de la marine des États-Unis. La Cour fut convoquée à Washington par le Secrétaire du Département et tint sa première séance le 5 octobre 1882. Président, le com-
modore William G. Temple; membres, le capitaine Joseph N. Miller et le commandant Frédéric V. Mac Nair; juge avocat, le maitre Samuel C. Lemly. Elle était chargée de « faire une étude diligente et approfondie des circonstances de la perte, dans les mers Polaires, du navire d'exploration l« Jeannette et de la mort du lieutenant-commandant George W. De Long et de plusieurs de ses officiers et de ses hommes ». En outre, «de s’enquérir de la condition dudit navire à son départ; de la manière dont il avait été commandé jusqu’à la catastrophe; ct, après le naufrage, des mesures prises et des plans adoptés pour les équipages des diverses embarcations ; d'examiner soigneusement les efforts faits par les officiers pour assurer le salut des détachements placés sous leurs ordres immédiats et pour porter secours aux autres délachements ; en un mot, de se prononcer sur la conduite et les mérites de tous et chacun des officiers et des hommes de l'expédition ».
Par suite de ces instructions si précises, la Cour resta quatre-vingl-cinq jours en séance, enregistrant les dépositions des survivants de la campagne et de beaucoup de ceux qui
avaient pris part à la construction, aux transformations et 4 l'équipement de la Jeannette, EMe entendit Ja lecture des livres de bord et des journaux du capitaine : ls; compte rendu de celle enquête forme Je n°108 des Documents de la seconde session du quarante-septième Congres, Le verdict de la Cour sera transeril ên extenso dans l'appendice { du présent volume, C'est tout simplement l'abrégé du récit que nous venons de faire et le jugement des hommes du métier sur les points à eux souinis par la Cour d'enquête,
Le lecteur qui aura suivi attentivement ces annales de l'expédition, depuis sa conception premitre jusqu'4 sa misérable fin, connaît d'avance Ja décision des juges el pourra en justifier les motifs par tous les détails glanés en passant, Sauf pourtant sur un point : se contentant d'indiquer les grandes lignes, l'Éditeur n'a pas cru nécessaire d'allonger ce livre de la descriplion de loutes les mesures prises pour préparer Ja Jeannelle à son voyage polaire; les dépositions produites devant la Cour, les observations des conslmmeteurs de l'arsenal de Mare- Island et l'expérience des offiesers du bord fourniront des témoignages plus complets, Si l'on #e rappelle les récits du capitaine sur la formidable puissance de ces glaces turbulentes, on comprend de reste que nuf bâtiment sortant de la main des hommes ne serait capable de leur résister au milieu de cerlaines circonstances, et que, dans celle lutte prolongée contre son redoutable adversaire, la Jean 1e a montré une solidité exceptionnelle et de hautes capaci.és de navigation.
Quant au maniement du navire jusqu'à l'heure de la catastrophe, aucune déposition ne saurait étre plus concluante que le journal luiméme où, dés le début, le capitaine notait avec tant de soin tout fait important ou digne d'intérêt; ce journal, continué dans des conditions #i décourageantes et qui révèle à chaque page l'esprit de ressources du commandant et de ses associés, leur zèle infatigable, leur élasticité, leur résolution sereine, tant de dévouement 4 la réussite de tous les plans de l'expédition, même les plus secondaires, lant de souci de la santé et du bien-être de l'équipagef La perte de la Jeannette à été un de ces événements qu'aucune puissance humaine ne saurait prévoir où empêcher, « Dans une siluation pareille, dit énergiquement la Cour, et quelle que fût la perfection de
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