‹ Voyage de la Jeannette [microforme]Chapitre 127 sur 148 · CONCLUSION, V · texte numérisé non relu

CONCLUSION, V

sans télé 1 Va solidité de sa construction, tout navire souris aux tertibles pressions qu'a subies la Jeunswite aura 66, ne 6e, faiblement anni:tié, » L'ordre avec lequel Ve Dati fut évacué el la sagesse jus présidail à Ja retraite res mate de ce fait que, « quat e-vingt-dix jours après le naulag 4 malgré les souffrantes inséparables de i:02 terrible canyage, tous ses officiers et matelots aient en bonne santé boss s'exprime Va Cour, el le journal tenu sur les glaves ur M, De famg, quoique nécessairement concis et souvent rédus à des fes häatives, donne des preuves continuelles de Va turuns de tonles les facullés du capitaine vers un seul et sn£rrie ul, et de La discipline qu'il sut jusqu'au bout maintenir rom ss braves camarades,

Pur de devine: point 4 considérer, « la conduite 1 les pnérits s de torts ef éhacun des officiers et des hommes de l'expédition », vous de jugement de Ta Cour :

0 Wréssort avec Va plus grande évidence que, sant quel ques Afieullés banales, comme il s'en produit toujours 4 bord, sde dans les circonstances les plus favorables, — difficultés qui n'ont pas eu le moindre effet sur les désastres de V'expédon où sur Va manière dont elle à 66 dirigée, — (sage offi ur À chaque homme s'est comporté de telle sorte que Va Cour Wa de censure à infliger à aucun des membres de Ja snission, Vus se ragpélant surtout la longue et irrilante monoltonte de Vi crosre, des Vabeurs et les privalions, le désappointement catek par de peu de résullats acquis, l'incertilude de leur dustone 44 dans tout ceci, la Cour n'est influencée en vien par be Ms naturel de ne point faire de broit fâcheux sur Va tombe des motts), la conduite générale du personnel Jui selle vs merveille de bonne humeur, d'entente parfaite, de support mutuel: de conrage et l'endurance avec lesquels ils ont traversé dus dangers el des souffrances qui se renouvelaient sans ruse, Jui paraissent au-dessus de toute louange, Outre Va snention qui les englobe lous, nous devons rendre partieuliérement hunninage au leutenant-commandant De Long pour les hautes qualités déplogées dans celle mission difficil., au mécanicien on Ouf Melville pour le zèle, l'énergie, l'aptitude profession nelle qui Veis méritérent si souvent l'approbation de son caÿilaine, él pour ses campagnes sur le della de Ja Lens; aux

marins Nindemann ct Sweetman pour les services qui avaient décidé leur chef à les proposer pour la médaille d'honneur. »

Ce verdict de la Cour fut rendu après audition de nombreux témoins. Le lecteur a devant lui un recueil de dépositions analogues, cet ouvrage, simples mémoires d’une expédition partie avec les plus hautes espérances pour retourner au pays accablée sous l'épreuve et misérablement diminuée. Mais c’est aussi l’histoire de deux années de vie d'hommes soumis à une pression autrement terrible que celle des glaces qui se ruèrent à l’assaut de leur navire : le navire a sombré; les hommes ont surmonté tous les obstacles et gardé jusqu’à la fin leur courage et leur foi. C’est surtout l’histoire de leur chef qui, dans les derniers jours de cette carrière où une noble ardeur l'avait poussé, a supporté avec une patience, victorieuse de toutes les amertumes, des mécomptes singulièrement cruels pour sa vaillante nature; c’est l’histoire du capitaine qui regardait les vies de ses camarades comme un dépôt remis entre ses mains, et est tombé à son poste sans perdre son inaltérable confiance dans le Dieu qu’il aimait!

La Jeannette repose sous la banquise du nord. Sa dernière mission, pour rester bien en arrière des rêves du départ, n’aura point passé sans ajouter quelque chose à la somme de nos connaissances; un léger progrès a été fait vers la solution du problème arctique. Ce résultat est-il payé trop cher ? — De semblables efforts ne se mesurent point d’après les règles de l’arithmétique : le sacrifice vaut mieux que le bien-être ; une vie, pure de tout égoïsme, a été terminée par une mort solitaire... mais ce noble tribut de souffrances grossit le trésor de l’humanité.

APPENDICE A (p. 37).

Opinion de M. Wilfrid de Fonvielle, aéronaute, sur le meilleur moyen de préparer les ballons pour s'en servir dans les régions polaires !.

Les ballons captifs établis par M. Henri Giflard l'été dernier dans la cour des Tuileries, peuvent être considérés comme offrant le type que les constructeurs de ballons destinés aux explorations polaires devraient adopter pour modèle, Mais, en réduisant considérablement les proportions (ce qui serait absolument nécessaire), il devient indispensable d'introduire dans la construction de ces ballons des modifications importantes, qui seraient nécessairement coûteuses.

Il serait imprudent de construire un ballon capable de résister à des vents violents, sans employer deux enveloppes de soie entre lesquelles on placerait une forte couche de caoutchouc. L’enveloppe extérieure de soie doit être beaucoup plus légère que l'autre : cette enveloppe doit être couverte à son tour par une couche mince de caoutchouc vulcanisé sur laquelle on place une mousseline vernie avec de l'huile de lin ordinaire. Le ballon de M. Giffard était composé de deux enveloppes de lin séparées par une couche de caoutchouc non vulcanisé. On peut, pour le rendre plus léger, remplacer le lin par la soie, mais il est impossible de remplacer la couche extérieure de caoutchouc vulcanisé. En effet, cette dernière est destinée à empêcher l’huile de pénétrer dans l’intérieur et d'attaquer le caoutchouc non vulcanisé, ainsi que l'enveloppe de soie intérieure qui donne au ballon toute sa résistance, et qui, combinée «vec le caoutchouc, lui communique un degré suflisant d'élasticité,

1. M. de Fonvielle a bien voulu se charger de la retraduction de ces pages, qui d’ailleurs, n'avaient jamais été publiées en français.

Mais il serait imprudent de compter sur les compositions que vantent les aéronautes, et plus spécialement sur le « vernis de Meudon », à propos duquel les officiers du Génie font tant de mystères.

La couture doit être faite à la main, et très solide, Il est important de diminuer, autant que possible, le nombre des sections de l'étoffe composant le ballon, ce qui est possible en la faisant tisser ad hoc; il faut aussi prendre le plus grand soin pour couper les lés régulièrement, Les joints doivent être couverts de bandes d'étoffe vernies, collées, et ces bandes doivent être aussi peu épaisses que possible,

Il est aussi prudent de renforcer la tête du ballon autour de la soupape. Dans ce but, il faut employer une couche supplémentaire d'étoffe et une couche supplémentaire de caoutehouc. Cette partie du ballon doit, comme le reste, se recouvrir d’une mousseline, La tête du ballon peut être tissée comme le sont les bonnets de coton, à une distance de 2 mètres de la soupape : on peut la disposer en sections sphériques au nombre de six ou de quatre,

Toutes les parties du ballon, dans le voisinage de la soupape, doivent être vernies intérieurement aussi bien qu'extérieurement, pour que l'on puisse espérer arrêter la fuite du gaz.

La soupape doit être construite suivant le système de M. Giffard, mais beaucoup plus légère, Un modèle de cette soupape a été exécuté par M. Comme, et est exposé n° 50, rue Rodier, dans la galerie de l'exposition de l'académie météorologique.

Le ballon n'ayant que des dimensions assez restreintes, le filet peut être construit à la manière ordinaire et non avec des lanitres; cependant, si l’on trouvait le moyen de supprimer les nœuds, il y aurait avantage à le faire, Il n'est pas absolument nécessaire d’avoir une svupape de sûreté à la partie inférieure, IT serait préférable de terminer l’appendice par un bout d'étoffe que lon püt fermer hermétiquement et au niveau de laquelle laéronaute pût facilement monter,

Il n'y a pas de moyen de se dispenser de l'usage du gaz hydrogène, et ceci nécessite le transport d'une grande quantité d'acide sulfurique : environ 7 à 8000 kilogrammes pour chaque millier de pieds cubes, Il serait possible de diminuer cette quantité en prenant de l'acide complètement reetifié, ou mieux de l'acide anhydre, si le prix n'était pas trop élevé, Le fer doit être en limaille et non en poussière, On peut se servir, pour produire au moins une portion de cette limaille, des objets en fer qu'on eraporte toujours. Avant d'être employé, le fer doit être brossé ou srcoué, afin d'éviter les pertes d'acide provenant de l'oxydation superficielle,

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Pour engendrer le gaz.-des pièces de vin ou d'esprit peuvent être employées avec avantage, si l'on prend soin de voir qu’elles ne fuient pas. Si l'on opérait dans un établissement permanent, le seul où les ascensions caplives puissent être réellement utilisées d’une façon sérieuse, 1] serait avantageux d'employer l'appareil à production continue où quelque chose d'analogue, En campagne d'exploration, la perte inévitable de force ascensionnelle provenant de l'entrée de l'air et de la sortie du gaz par endosmose serait une objection sérieuse, On doit regretter que les expériences sur la décomposition de l'eau par le fer chanffé au rouge n'aient point été tentées, car ce procédé serait infiniment préférable, Mais je n'ose point le recommander dans l'état d'imperfection de nos connaissances sur ces manipulations. Cependant il est bon de noter que les aéronautes de la première République ont gonflé leur ballon de cette manière en 1794. Bien entendu, si l'on voulait gonfler le ballon avec de la vapeur d’eau décomposée, il serait indispensable de dresser l'équipage à ces opérations.

On devrait également, avant le départ pour le pôle, faire exécuter à l'équipage des ascensions maritimes dans le voisinage du navire avec des guide-ropes à nœud ou des cônes-ancres, La nacelle doit être insubmersible et recevoir la forme, soit d'un bateau, soit d'un traineau, avec des ameres et des guide-ropes disposés de manière que le traînage ait Dieu sur bäbord ou sur tribord, et non d'avant en arrière, afin d'augmenter la friction,

On ne doit pas tenter d'ascension quand le thermomètre est trop bas, car il est probable que le caoutchouc deviendrait cassant en se gelant,

Si l’on veut effectuer des ascensions libres, dans les circonstances difficiles, et non des ascensions captives d’une station permanente, on ne peut done compter que sur le vernis.

Si l'on voulait se lancer en ascension libre, pour s'éloigner du navire, il faudrait que le ballon fût partiellement dirigeable où du moins qu'il possédät le moyen de monter et descendre sans sacrifier de lest, afin d'eséeuter la recherche des courants favorables, J'espère que les expériences que je fais à ee sujet seront terminées à la fin du mois de mars et que je serai à même de vous donner de plus amples détails,

WiLFRiD DE FONViELLE.

Paris, 15 mars 1870.

APPENDICE B (p. 50).

Convention adoptée par tous les non-marins de l’État embarqués à bord du navire des États-Unis la Jeannette.

Nous soussignés, officiers mariniers, matelots et autres, déclarons souscrire aux clauses suivantes, d'accord avec le capitaine De Long :

1° Chacun de nous s’engage par les présentes, et aux conditions ci-dessous mentionnées, à entrer au service de la marine des États- Unis et, au moment fixé, à embarquer à bord du navire des États- Unis la Jeannelte pour un voyage dans les régions polaires, voyage ayant pour but des découvertes, des explorations, des recherches scientifiques. Nous promettons d'accomplir, jusqu’à limite extrême de nos forces et de notre intelligence, les diverses tâches qui nous seront assignées et d’être, en toutes choses, soumis aux ordres et réquisitions des officiers dont nous nous trouverons les subordonnés,

2° Chacun de nous s'engage à travailler en toute conscience et de tout son pouvoir à la réussite de ladite mission aux régions polaires, depuis le jour où nous signerons cet acte jusqu’à celui où les autorités compétentes nous relèveront du service de la marine des États-

Unis.

3° Comprenant et ayant mürement examiné les épreuves et les érils auxquels nous serons exposés, les obligations particulières et ; : P

nombreuses que nous serons appelés à remplir soit comme membres de l'équipage du navire et, pour ainsi dire, d’une colonie jetée bien loin de nos frontières, soit comme faisant partie de quelque détachement envoyé en mission temporaire sur mer, sur terre ou dans les glaces, nous nous engageons, avec joie et en toute liberté d’esprit, à obéir sans hésitation à tous les ordres qui pourront nous être donnés, consacrant notre force et notre intelligence à les exécuter de notre mieux et à observer strictement et consciencieusement les lois, règlements et discipline de la marine, tels qu’ils sont ou seront établis par le Congrès des États-Unis, ou autre autorité compétente, et les lois, règlements et discipline établis spécialement en vue de cette entreprise,

4 Considérant les situations particulières où nous pourrons être placés, et l'extrême importance d'éviter toute prodigalité et toute imprévoyance, nous nous engageons à prendre le plus grand soin de tout le matériel : équipement, vivres, habits ; à accepter, comme quantité et qualité, le régime que prescrira le commandant ou tout autre officier autorisé; à porter tels ou tels vêtements suivant l’ordre qu’on

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nous en donnera, les modifiant à la discrétion desdits officiers; à. maintenir en bonne condition et état de service chacun des objets, armes ou équipements qui nous seront confiés.

5° Le capitaine De Long, représentant ici le gouvernement des États-Unis, convient avec les ofliciers mariniers, matelots et autres soussignés, que tous et chacun d’eux recevront la paye mensuelle portée sur le tableau ci-annexé en regard de leurs noms, ou les augmentations de solde qui pourront leur être assignées pendant la durée des services énumérés plus haut; en outre, de verser à chacun d’entre eux, lors de son entrée au service et sur caution solvable, le montant du chiffre inscrit en face de son nom dans la colonne « avances » et dont ils donneront quittance régulière. Il est entendu qu'après le départ du navire de San Francisco (Californie), cette paye ne se touchera plus personnellement; le montant en sera régulièrement inscrit sur le registre par l'officier mandataire de l'honorable Secrétaire de la marine, sous déduction des délégations consenties par lesdits officiers mariniers, matelots et autres soussignés et approuvées par le Secrétaire de la marine. Le total des sommes dues à chacun des membres de l'expédition leur sera versé au retour, ou à leur radiation du service naval des États-Unis. Dans l'éventualité du décès de l’un ou l’autre des soussignés, la solde acquise à l’époque du décès sera payée à la veuve ou au plus proche héritier, suivant les lois établies.

APPENDICE C (p. 51).

Liste des officiers et des hommes présents à bord de la Jeannette le 8 juillet 1879, jour de son départ de San Francisco.

Lieutenant George W. De Long, marine des États-Unis, commandant !,

Lieutenant Charles W. Chipp, marine des États-Unis, commandant en second.

Maître John W. Danenhower, marine des États-Unis, officier de

“{vres À,

Gcorge W. Melville, aide de 1'e classe, mécanicien en chefs.

James M. Ambler, aide de 1"° classe, chirurgien.

* Jérôme J. Collins, météorologiste.

1. Promu le 1 novembre 1879 au grade de lieutenant-commandant.

2, Promu le 2 août 1879 au grade de lieutenant,

3, Promu le 4 mars 1881 au grade de mécanicien en chef.

4, Tous ceux dont le nom est précédé d’un astérisque étaient inscrits comme matelots et avaient signé la Convention ci-dessus, Chacun d’entre eux, en outre, dut sub:r un très sérieux examen médical,

* Raymond L. Newcomb, naturaliste, * William Dunbar, pilote glacier.

* John Cole, maître de manœuvres, * William Nindemann, quartier-maitre glacier. * Alfred Sweetman, charpentier, Walter Lee, mécanicien, James H. Bartlett, chauffeur.

George W. Boyd, chauffeur de 2° classe.

John Lauterbach, soutier, Walter Sharvell, soutier, Nelse Iversen, soutier.

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