‹ Voyage de la Jeannette [microforme]Chapitre 4 sur 148 · OC · texte numérisé non relu

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LE CHEF DE L'EXPÉDITION, 9 qu’on apprit qu'un baleinier venait de recueillir, portés sur un glaçon, le capitaine Tyson, le marinier Nindemann et dix-sept hommes de l'équipage du Polaris!,

Leurs rapports sur l’état du navire décidèrent l’administration à expédier un vaisseau de guerre à la rescousse du bàtiment; la Juniata fut choisie, renforcée sommairement en vue d’une croisière dans les mers du nord, et dépêchée à la côte du Groenland. Le lieutenant De Long entra avec ardeur dans ces plans de sauvetage, et, quoique obiigé de se séparer de sa femme et de son enfant, il s’offrit aussitôt à prendre, comme volontaire, sa part de tout service imprévu qui pourrait se présenter. Pendant la première moitié du voyage, il écrivait à Mme De Long :

Sukkertoppen, Groenland, 16 juillet.

Jusqu'ici notre campagne a été assez monotone; elle n'aura, du reste, aucun intérêt pour moi avant Upernavik, où je quitterai le navire avec la chaloupe à vapeur, et où commencera la partie attrayante de la route, Si, avec la protection de la Providence, nous sommes assez heureux

pour retrouver le Polaris et ses hommes, ce voyage au Groenland et à ses montagnes glacées sera bien digne de notre souvenir.

La Juniala mouilla à Upernavik? sans y trouver d’autres nouvelles du Polaris; il n’était pas prudent de l’aventurer plus loin dans le nord, et l’on s’arrêta au projet de faire, avec une chaloupe, des recherches le long des côtes. Le lieutenant De Long s'était déjà volontairement présenté pour ce service : le capitaine Braine l’accepta et lui remit ses ordres. La copie de ce document et un extrait du rapport présenté à son retour par M. De Long nous dispenseront de tout commentaire sur le courage, la résolution et le sang-froid du chef de cette périlleuse entreprise,

1. Le capitaine Hall, avec son navire le Polaris, était parti le 29 juin 1871 dans l'espoir de gagner le Pôle par le détroit de Smith. Il mourut presque subitement le 11 novembre de la même année. Le Polaris hiverna dans les glaces et ne put regagner le sud pendant l'été. Le 15 octobre 1872, ofliciers et matelots, effrayés par un terrible cotncement, étant descendus sur les glaces, un champ de 6 kilomètres de tour se détacha soudain, emportant le lieutenant Tyson et une partie de l'équipage. Le Tour du Monde a raconté, tome XXX, n° 766, 767 el 768, ect émouvant voyage de six mois et demi sur un radeau de glace. Le 29 avril, ils furent sauvés par la Tigresse, Les autres, sous les ordres de Buddington, hivernèrent sur la terre ferme, qu’ils quittèrent le 2 juillet au moyen de deux bateaux construits avec les débris du Polaris : ils furent recueillis dans la baie de Melville par un baleinier écossais, (Frad.)

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