Dérive de 3 milles 7/10 au N.13°0. Le navire el son
berc sur et © tout forct nelle des la pi
Le qui, de 1!
de l l'aut
Ha
Pre 1",59 à
depui lace p cl, Ave mètre visité nos € que d lours cerlai banc :
lait a oltai senlir eme vu de Caillo
sement pôts de a partie bre, on le glace eannelle nouveau tion du atour de urations 9, où les anière à tranchée ’eau vint noncelleest à peu soulevée la fusion ottaison.
ne belle et qui se
éable que re oscille ce jusque
: Jatitude uis le 9,
car, par iles avant e le soleil r de l'esile une si
homme!
s de barils
ire el son
L'HIVER EN ÉTÉ. 295 berceau se relèvent peu à peu : le niveau de l’eau s’abaisse sur la coque. Nous donnons à la bande de 5° sur tribord, et cette inclinaison s’accentue légèrement; savoir comment tout cela finira ! Dans le cas où quelque crise soudaine nous forcerait à creuser ou à scier un dock pour y abriter la Jeannelle, j'avais donné l'ordre au lieutenant Chipp de pratiquer des forages dans la glace des alentours afin d'en reconnaitre la profondeur. Voici ce qu’il me rapporte :
Le navire est encore solidement rivé à un piédestal de glace qui, du grand mât à l’arrière, mesure une épaisseur moyenne de 1",52; il en a, sous l’élrave, 1",62 au-dessous de la surface de l’eau. Le 19 janvier, une seconde table s’est glissée sous l'autre, du grand mât à l'avant.
Hauteur de notre glace, partie plongeant dans la mer :
SOUS LÉUTA VER se meme der e cie I. 0 A 15 mètres à l'arrière, . . . . . . . . . . . 1",30 ASDIMEM ES LME Rent non 1n: 30
A 50 mètres, PUS tie ii em tte NEED) À 225 mètres, par le travers de tribord . . . . 1",52
Presque partout elle émerge d'environ 10 centimètres. 11,52, voilà donc le résidu de la couche formée directement depuis le 30 novembre 1879; le reste a élé dissous, à la surface par la chaleur solaire et, sous la plaque, par celle de l’eau +10,10).
Avec Melville et Dunbar, et à la distance de deux des kilomères de ce dernier, — près de six, en réalité, — nous avons visité une crevasse ouverte au sud-est et déjà bien connue de nos chasseurs de phoques. A vol d'oiseau, Dunbar serait presque dans le vrai, mais il nous a fallu faire des tours et des dé- {ours sans nombre pour éviter les flaques superficielles, où, en cerlains endroits, on enfoncerait plus haut que les bottes. Le banc se refermait; une largeur de 2 mètres seulement permetlait au regard de plonger dans l’abime; un gâteau de glace lloltait dans l’étroite allée, et, pour me procurer le plaisir de senlir encore la mer frémir sous mes picds, j'ai sauté dessus, elme suis passé à l’autre bord. Près de la vieille cassure, j'ai vu de la glace très sale, parsemée de coquilles et de petits tailloux, Avait-elle raclé le fond? élaient-ce des déjections de
morse? Plus loin, un tronçon de bouleau ou de sapin, alourdi par l’eau dans laquelle il avait trempé, mais encore sain, et qui semblait brisé récemment. Impossible de l'emporter aujourd’hui, demain on viencra le chercher avec quelques chiens. Nous en avions trois au départ, mais ces messieurs détestent se mouiller les pieds, et se sont empressés de regagner le navire.
14, — Décidément notre trio de réfractaires, Tom, Jack et Loup, devient insupportable. Ils lézardent tout le jour au soleil, couchés en rond, clignant de l’œil avec indolence, mais prêts à courir sus au camarade qui approche en quête d’un os, et à assaillir de meilleur cœur encore ceux qui se sont altiré leur colère eu suivant les chasseurs ou en remorquant les véhicules. La vue d'un harnais leur rappelle invariablement qu'ils ont affaire ailleurs, et l’apparition d’un traineau sur la scène leur suggère aussilôt l’idée de changer de quartiers. Le matin, quand il s’agit de charrier à la citerne la récolte de glace, ils surveillent de très loin la besogne et, celle-ci terminée, se réunissent pour tomber sur les lâches qui n’osent pas nous désobéir. Pris sur le fait, aujourd'hui, ils ont été attelés sur l'heure, mais Tom a réussi à se glisser hors des traits et Loup à ronger les siens. On les a capturés, puis amarrés à l'arrière jusqu’à dix heures du soir; de peur que leurs hurlements ne nous tiennent éveillés, on les attache à une griffe à glace placée à bonne distance. Tom prend la punition en silence et avec solennité. Loup geint pileusement ; Tom s’en agace el, par deux fois, le fait taire à coups de dents.
Position : latitude 73°42/50"N., longitude 178°1'; 3 milles 2/10 de dérive vers l’est. Brumes et brouillards, bruine tout le jour. Au nord-ouest s'ouvre une allée large de 450 mètres el se dirigeant vers l’ouest. M. Dunbar veut y lancer demain la baidera, ce bateau de cuir provenant de l’île Saint-Michel. De 13 mètres de long, nous l'avons réduit à 8 pour le rendre « portable » et l'emmagasiner plus facilement sous le cotre.
15. — M. Dunbar rentre de bonne heure, le chenal d'hier n'existe plus : ainsi en est-il dans cette partie du monde. Ge matin le navire a légèrement basculé, il s’est élevé de 2 centimètres 1/2 à la proue, pour s’abaisser d'autant à la poupe; la glace sous-jacente se sera sans doute fondue de manière à
placer ] de préo La m malheu res, le € s'insinu et nous doule, 1 piraient Ainsi, observa dienne, 16, — Celle or pourlan sans rés s'est que semée d qu'il est face pla Penda tiré un :
lait élen cher, le nagcoirc lortillé 8 Je cro nous av pour se nant, je bois déc 17, — pluie; n juillet !
moindre la glace, Dinan
là semai genre de
ilourdi ain, et aujourchiens.
testent yner le
Jack et 1 soleil, is prêts os, et à ré leur hicules, r'ils ont ‘ne leur matin, lace, ils inée, se as nous elés sur et Loup l'arrière hents ne à glace ilence et eet, par
3 milles ine tout nètres el main la -Michel.
e rendre le cotre.
al d'hier onde, Ce 2 centioupe; la anière à
L'HIVER EN ÉTÉ. 297 placer le point de support un peu plus à l’avant. Nouveau sujet de préoccupation.
La matinée a été superbe. A midi, la latitude nous montre, malheureusement, une faible dérive vers le sud. À deux heures, le ciel se couvre; pluie, brume et brouillard. La brouée s'insinue partout, l'humidité nous pénètre d’outre en outre, et nous songeons aux lièdes étés du pays! Aujourd’hui, sans doute, nos amis de là-bas se plaignaient de la chaleur et soupiraient après l’ombre et les breuvages glacés.
Ainsi, manger, boire et dormir; heure par heure, noter les observations météorologiques, se traîner dans l’ornière quotidienne, et se dire le soir : Encore un de passé!
16. — Depuis avant-hier, dérive de neuf milles au S. 43°E. Celle orientation n’a guère de quoi nous réjouir; elle montre pourtant que la glace est assez disloquée pour s'acheminer sans résistance sous l’impulsion du vent. Notre « mer libre » s'est quelque peu élargie; au delà, on voit la banquise parseméc de blocs énormes; elle est si terriblement anfractueuse qu'il est impossible de distinguer au loin la moindre surface plane.
Pendant la promenade de Dunbar et d'Alex, y, ce dernier a tiré un veau marin qu’on croyait mort et trépassé, car il reslait étendu sur la glace, mais dès que l’Indien a voulu approcher, le phoque s’est jeté à l’eau; le chasseur l’a saisi par la nagcoire postérieure, mais l'espoir de plusieurs rôlis s’est bortillé si bien qu’il a réussi à se dégager.
Je crois que c’est pour eux la saison de la mue; ceux que nous avons capturés étaient occupés à se frotter contre la glace pour se débarrasser du vieux pelage. Ils se font rares maintenant, je ne sais pourquoi. On a porté à bord le morceau de bois découvert l’autre jour.
17, — Absolument sans intérêt. Brouillard, humidité et pluie; neigées cet après-midi. Un beau temps pour la mijuillet! La banquise est si détendue qu’on reconnaît le moindre changement de brise à une nouvelle direction de là glace,
Dimanche 18 juillet. — La seaine vient nous rendre visite, là semaine prend congé, et la Jeann.'te est au même point. Ce genre de vie finira par nous abattre tout à fait. Encore si nous
dérivions vers le nord! Encore si, pendant ces arrêts forcés, nous pouvions, si peu que ce fût, travailler au bien de la science ou à celui de nos semblables! Mais notre charbon se brûle, nos provisions se consomment en vain! N'était je ne sais quelle vague espérance que tout ve s'arranger, je ne vois pas de raison pour que les dix mois de notre captivité ne se multiplient à l'infini. Point de courants, sauf ceux que les brises créent à leur fantaisie, celle du nord-oucst nous poussant au sud-est, celle du sud-est nous poussant au nordouest : une vraie bascule. La température de l’eau de surface ne s’accroit que sous l'influence de l'air ambiant; celle du fond est à —1°,10. Inspection du navire, service divin, les seules choses qui distinguent notre dimanche du reste de la
semaine dans cette partie du monde comme partout ailleurs.
19. — Impossible de ne point songer, en lournant celle nouvelle page, qu’enregistrer ainsi les insignifiants détails de notre mont tone existence est bien mal employer son papier. Chaque soir, une autre journée de cette courte saison glisse dans l'abime sans avoir amené le moindre résultat digne du cerveau qui a conçu cette expédition et de l'esprit d'entreprise qui nous y a poussés. Un ours au piège, un oiseau englué, un navire clavé dans les glaces....; peut-on imaginer de situation plus dure et plus exaspérante!
Depuis que nous sommes dans nos humeurs noires, le soleil, qui d'ordinaire ramenait la gaieté, augmente l'ennui général. Il nous permet de déterminer notre position, et par conséquent de constater de combien le navire recule, de combien il s’éloigne du Pôle Nord pour se rapprocher du Pôle Sud. Ces derniers trois jours ont amené une dérive de 13 milles 4/10 vers le S. 8 0.; et ceci, quoique les brises aient souvent soufllé en sens contraire. Job, est-il dit, supportait avec une patience admirable ses nombreuses tribulations : il n’était point écroué dans la banquise et promené par elle vers le sud-ouest en dépit des vents de l’ouest.
Dans l'espoir de découvrir quelque fiche de consolation, je suis allé, avec un attelage, rendre visite à notre fameuse passe; après avoir culbuté deux fois, et deux fois été ramené par nos coursiers au navire, j'ai dû recourir aux services d’Alexey : auprès de ces chiens, un blanc n’a pas de prestige. Le chenal
est mail y faire de nou petite il giés le Mais st au moil elles n poussé à 3 ou La fo légorel de l'eat peu : el 20, - Melville rempar à suivr vieille difficile continu de nou rail ren veau dé tribord.
Tom!
apporte 21, — senton:
de l'hi par un frappai pénètre
de
relouri que le roule yeux ;
plaque
forcés, n de la rbon se it je ne ne vois ité ne se que les 15 pousu nordsurface celle du vin, les te de la
ailleurs.
ete nou- Étails de | papier.
n glisse ligne du itreprise englué, le situa-
e soleil, néral. Il séquent 1 s’éloi- Ces der- 1/10 vers , soufflé patience L écroué uest en
tion, je e passe; par nos Alexey :
chenal
L'HIVER EN ÉTÉ, 299 est maintenant large de 400 mètres, tout ce qu’il faudrait pour y faire évoluer un navire sous vapeur, mais il s’élend autour de nous en cercle irrégulier. Toute la partie centrale de notre pelile île a dû se former sur le lac où nous nous étions réfugiés le 25 novembre pour fuir l’étreinte des vieux champs. Mais sur les abords on voit des glaces épaisses de 12 mètres au moins et émergeant d'un bon dixième; tout près de nous, elles n’ont que 1,50, sauf dans les endroits où quelque table, poussée en dessous, aux bossoirs par exemple, les fait monter à 3 ou 4 mètres.
La fonte partielle de notre radeau lui donne une plus grande légèreté spécifique; l’avant du navire mesure 2",70 au-dessus de l'eau; larrière, 3,57; la bande sur tribord s’accroit peu à peu : elle est maintenant de 5°1/2.
20. — Journée sans importance aucune. Accompagné de Melville, de Dunbar et d’un fort attelage, je vais étudier les remparts de notre île; nous mettons deux heures et demie à suivre la courbe de sud-est à l’ouest; par moments la vieille glace du pourtour cest très anguleuse, très brisée, très difficile. Excepté une passe étroite qui s'ouvre à l’ouest et continue quelque peu sur le nord, je n’aperçois aucun moyen de nous évader de la banquise, quand même le navire serail remis à flot, chose encore dans les futurs contingents. Niveau de l’eau : avant, 2",23; arrière, 3",60 ; inclinaison, 5°,5 sur tribord.
Temps morose et désagréable. L'été aussi recule ! On nous apporte une branche de bouleau et un cràne de morue.
21. — Le thermomètre varie entre —0°,5 et + 1°; nous nous senlons glacés jusqu'au fin fond de notre être. Certes, au cœur de l'hiver, aucun de nous ne se trouvait moitié si mal à l'aise par une température moyenne de —35°. Le froid, vif et sec, frappait à la porte sans entrer, tandis que la moiteur de l'air pénètre les habits et la chair et les os.
22, — Avec Melville, Dunbar, Aneguin et les chiens, je relourne aux rivages de l'ile; cette fois nous ne parcourons que le quart de la circonférence, de l’ouest au nord, tant la roule est anfractueuse. La petite allée se referme sous nos Yeux; les tables, de 1",50 d’arête, s’'empilent, s’échafaudent en plaques énormes sur le banc plus épais et plus vieux. Ce spec-
tacle et ce bruit nous reportent aux souvenirs de l'hiver, si ce n’est que la glace nouvelle, assouplie par le dégel, ne « crie » plus d’une façon aussi horrible, ct la terreur n’est plus la même, cependant on est frappé en contemplant les effets de cette force effrayante qui arrache, soulève et rejette en bas ces gigantesques débris; puis un grand silence se fait, et tout semblerait retombé dans le repos, si l’on ne sentait encore la glace frissonner, si on ne la voyait encore s'élever comme une houle, Après une absence de trois heures nous regagnons le navire, nos vêtements trempés à les tordre, car nous avions traversé à gué ou en traineau les flaques trop étendues pour qu'on püût les tourner sans beaucoup allonger la distance.
Journée absolument misérabic. Brouées, grésil, neige, pluie, brises, vent, rafales. Chipp, à six heures du matin, avait eu besoin de sept initiales pour noter l’état du temps :ilyena eu pour tous les goûts. Ligne d’eau sur la coque : avant, 2",20; arrière, 3,62. Le navire s’abaisse d’un côté et se relève de l'autre; le résultat en est que, dans les vingt-quatre heures, il faut 317 coups de piston au lieu des 240 des dernières semaines; peu de chose, en somme. Le moulin à vent reste toujours en état de fonctionner quand il en est besoin.
23. — Brouillard, brume, buées et un soupçon de neige. L'été ne viendra donc jamais!
24. — Journée aussi intéressante que celle d’hier. Ce serait perdre encre et papier que d’en parler longuement. Un peu de pluie, un peu de neige, et beaucoup de déconfort ! Avant un mois l’élé polaire aura passé, et nous sommes toujours ici, misérablement empiégés !
Dimanche 25 juillet. — Une semaine vient de finir, une semaine de notre courte saison, et nous semblons plus près de l'hiver que du moindre résultat utile. Avec la régularité d’un mécanisme d’horlogerie, nous reprenons la besogne de la veille, et chaque malin nous trouve où nous laissa le soir. Attendre, attendre élernellement, cette monotonie nous écœure. Si seulement quelque terre était en vue, nous y risquerions un voyage. Inspection, service divin ; au diner, rôti de phoque, macaroni, tomates, clc., un verre de xérès avec le pouding de farine de maïs. Au moi®s pour la nourriture, il n’y a pas lieu de se plaindre.
Aneg batu). | meule,
chasse se rent sonne i la carte capsule nant er aussi P un pau empare Indien, de ses manger
Journ neigé jt canicul
Un jo rant ce:
manque laires d lant d’a à la gé fatigant croisière j'ai hon je ne l’ me couc écroués au nord, à gauch main de d'hui, er été, gra aclif la r Découvr.
Courage
er, si ce « crie »
plus la effets de | bas ces et tout t encore comme 1s rega- ‘dre, car 1es trop allonger
e, pluie, avait eu ilyena t,-2m,90; elève de eures, il dres seste tou-
e neige.
e serait 1 peu de vant un ours ici,
semaine l'hiver canisme
t chaque attendre ent quelspection, tes, elc., u moins
Aneguin tue aujourd’hui notre premier ogook (Phoca barbata), I a 2",45 de long. Sa chair fera les délices de notre meute, et sa peau passera au ressemelage des bottes.
26. — Un fàcheux accident. Alexey ayant rapporté de la chasse une cartouche remington qui n'avait pu partir, a voulu se rendre compte du pourquoi : il s’assied dans un coin, personne ne faisant attention à lui, et, son couteau dans une main, la cartouche entre le pouce et l’index de l’autre, il enlève la capsuie de fulminate; l’enveloppe éclate; un des débris, contenant encore la balle, pénètre dans la paume gauche, brûlée aussi par la poudre. Alexey, le civilisé, redevient à l'instant un pauvre sauvage absolument déraisonnable; le docteur s'en empare : il n’en résultera, je l’espère, rien de grave pour notre Indien, sauf la leçon d’être, à l'avenir, un peu plus respectueux de ses munitions; mais pendant quelques jours le gardemanger s’en trouvera plus mal.
Journée presque aussi maussade que les précédentes. Il a neigé jusqu’à neuf heures du malin. Et nous sommes dans la canicule!
Un jour ou l’autre, quelqu’un, moi peut-être, en parcourant ces pages, se plaindra de leur monotonie et de leur manque d'intérêt. L'histoire d'une campagne aux mers polaires devrait être, je le sais, excitante el variée, fourmillant d'aventures extraordinaires; à tout le moins, profitable à la géographie et aux sciences naturelles. Hélas! combien fatigantes, incolores, inutiles, vont être ces annales de notre croisière ! Moi-même, dans l'excès de mon désappointement, j'ai honte de n'’inscrire rien de mieux dans mon journal, et je ne l’ouvre plus qu’aux toutes dernières minutes avant de me coucher. N’ai-je pas dit et redit que nous sommes toujours écroués dans cette glace, dérivant au sud au lieu de marcher au nord, tout à fait impuissants à dévier d’un pouce à droite ou à gauche? que chaque soir nous nous berçons pour le lendemain de fausses espérances, et que ce demain, devenu aujourd'hui, emboîte le même sillon? que nous voyons l'été, et quel été, grands dieux! glisser dans l’abime sans laisser à notre aclif la moindre chose qui puisse nous faire compter parmi les Découvreurs Polaires! Pleins de santé et d'énergie, armés d’un courage à tout entreprendre, nous nous frappons sans cesse
aux barreaux de la geôle. Voilà le résumé succinct de nos sensations et de nos expériences : comment le traduire en pages élincelantes, en récits pétillants de verve! D'aucuns parmi nous se demandent même à quoi bon la nourriture qui se consomme, le charbon que brûlent nos fourneaux! Notre force et notre ardeur s'évaporent en pure perte. On juge l’ouvrier par ce qu’il a fait, et non par ce qu’il aurait pu faire, et notre expédition sera classée d’après ses résultats, et non d’après nos intentions ou notre zèle. Un navire ayant le Pôle Nord pour objectif doit arriver au Pôle Nord, sans quoi ses plus énergiques efforts n’ont abouti qu’à un échec. Quelles que soient les difficultés et les épreuves de sa route, son insuccès s'inscrit en gros caractères s’il n’a pas touché le but, Notre mission partait pour « l’aisseuil septentrional » du globe; arrêtés dans la banquise dès le 71° parallèle, nous dérivons vers le nord-ouest; une voie d’eau se déclare; on dévore des tonnes de charbon pour assécher le navire; la Jeannette est emprisonnée de nouveau, et notre second été se passe, plus inutile que le premier, où, du moins, nous marchions. Qu'importent nos souffrances, qu’importent nos dangers, qu'importe qu'après deux, trois, dix années, je puisse rapatrier navire et équipage, notre entreprise a piteusement échoué, puisque nous n’avons pas atteint le Pôle; le monde jettera au panier ces tristes mémoires, et ne se rappellera nos tentatives que pour les critiquer ou les ridiculiser.
Et pourtant nous ne voulons pas abandonner la lutte: Nous attendons encore le lendemain avec la même foi, le même espoir qu’au début du mois de juin. Nos journées ne se passent pas à muser mélancoliquement. Les observations météorologiques continuent, aussi exactes que possible; on jette la sonde, on descend la drague, on note la pesanteur spécifique et la température de l’eau de mer, on relève la position du navire, l'inclinaison et la déclinaison de l’aiguille magnétique; on fait des expériences sur la glace, la neige, les eaux de surface, on prépare des peaux d'oiseaux, les chasseurs nous fournissent de phoques; la routine quotidienne du navire se poursuit; tout le travail s’accomplit fidèlement, ponctuellement, mathématiquement, comme si nous avions déjà gagné le Pôle ou comme si la vie de millions d'hommes dépendait de l’observance
rigout reveni une CA pour « besogr guerre sorle « pluie, ôlre cc « Palie bourse hier, n neige L( progrès 28, — au poss 29, — de 17n conséqu N'aya passäm hémispl bien ais promen( indique nord, ci ouest di nord ou simplen chain ; seront € nos lrav rinage « pératurd vive ne M, Du