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Départ, une heure trente ; quoique le travail soit moins rude aujourd’hui, il est encore assez pénible, et quand toute la caravane a franchi les neuf cents et tant de mèlres qui séparent le dernier campement &’un long ruban de glace unie, je donne l'ordre de faire halte. Il est six heures du malin; on dresse les tentes, on prépare le souper. Pendant que le premier convoi passait l’eau sur un vaste bac de glace, un morse, à notre grande surprise, s’est approché dans l'intention évidente d'y monter à son tour. M. Collins a saisi un fusil: sa balle entre près de l'œil: l’animal enfonce; nous le pleurions déjà, quand, un peu plus loin au nord et parmi un terrible fouillis, nous entendons souffler et renàäcler, nous voyons de larges laches de sang, par lui rejetées à chaque expiration. Le docteur enfile la glace dure par l’ouest, M. Collins par l'est, M. Dunbar par où il peut; un coup de feu retentit; nos amis crient qu'on leur apporte une corde : ils lirent encore quatre fois. bref, ils réussissent à capturer le gibier. Le morse avail regagné l’eau dès la seconde balle et, s'il eût été tué, aurail certainement coulé à pic; mais, profitant d’un instant où la victime semblait élourdie, M. Dunbar, avec un couteau, fait un trou dans sa nageoire et y passe la bricole de M. Ambler; un dernier coup l’achève; nous le remorquons aux tentes : un jeune mâle pesant 600 à 700 kilogrammes; plus de chair que nous el nos chiens n’en pourrons consommer dans les circonstances présentes : les morceaux de choix, filet mignon, aloyau, cœur, foie, cervelle, nageoires, nous fourniront largement trois repas; nos bêtes se gobergeront à loisir tout le jour. La peau arrive à point pour ressemeler nos chaussures ; les défenses vont de droit à M. Collins, qui en adjuge une au docteur. Dans l’estomac du morse, on a trouvé des creveltes, des petits poissons semblables à des éperlans, beaucoup d’anémones de mer.
Le brouillard s'élève à quatre heures du matin, le ciel reste couvert et maussade. De terre nulle part.
L'étuvée de morse est excellente : nous donnons pourtant la palme à celle de phoque, dont la chair, à fibres moins grossières, a un goût plus délicat. Ce soir nous aurons un déjeuner somptueux, puis on emportlera toute la viande que peut contenir le youyou.— Coucher à neuf heures du matin. Lever à six heures du soir. La brume voile l'horizon.
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Nous aurions dû déjeuner à sept heures, mais, les fourneaux ayant encore été chauffés à la graisse de morse, l’économie d'alcool se trouve compensée, et au delà, par la perte de temps; on ne se met « à table » qu’à huit heures moins un quart.
En route à huit heures trente; après avoir fait 1250 mètres environ vers le sud-ouest magnétique, nous arrivons à un chaos d’eau et de glace rappelant à s'y méprendre le mauvais lerrain de la veille. J’arrête les deux premiers traineaux, Deux des Mac Clintock ont été fort mallraités pendant notre aventureuse campagne sur le gàchis du 19; il faut les arrimer de nouveau; le traineau du youyou est démantibulé, un des palins hors de combat; la narta d’Ericksen à peu près démolie. Le pauvre Sweetman ne sait par quel bout s’y prendre. Mais il ne faut pas penser à traverser ces vilaines glaces avec des véhicules brisés, et je n’oserais rien laisser en arrière.
À onze heures du matin, le vent passe au sud-est et fraichit. La pluie tombe avec une infaligable énergie; devant nous les glaces entrent en branle sur une largeur de 450 mètres; notre posilion est assez difficile : bagages, bêtes et gens, tout est mouillé, tout se trempe sous les averses. Comment passer, comment seulement descendre sur cette croûte pourrie, lrouée, grouillante! La bise augmente et nous menace de bourrasques. Je me décide à camper où nous sommes et à faire préparer le diner.
21, — À une heure du matin, on apporte les tentes et les,
fourneaux ; les cuisiniers plantent les piquets et font bouillir la marmite, à l'alcool, cette fois. Chipp emmène le reste des hommes et va chercher le youyou et la provision de viande pour le souper. La pluie continue par rafales; le fleuve de débris s’agite et s’achemine devant une brise modérée du nord-est. La journée est bien perdue : acceplons bravement la situation.
A cinq heures et demie du matin la terre paraît, très dislincte, entre l'ouest-sud-ouest 1/2 ouest et le nord-ouest. Sondages sur 22 brasses; dérive rapide ouest-sud-ouest (deux points à droite sous le vent).
Souper à sept heures; n'ayant à notre disposition rien de plus confortable que nos sacs, nous nous y fourrons immédia-
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tement après. Tout le jour le vent souffle en furieuses bourrasques, menaçant d’arracher nos tentes et de les emporter au loin. Averses de temps à autre. Lever à six heures du soir, déjeuner à sept. La glace se promène encore dans le chenal. La terre est en vue, et fort près, s'étendant du S.87°0. au N, 56°0, (magnétique). Le vent tourne à l’est et diminue quelque peu.
A l'avant, la confusion est telle que je n'ose risquer la traversée. Des blocs de toute taille, des pans de banquise sont en marche vers le sud; quelque vaste débris flottant paisiblement est soudain heurté par d’autres et lancé dans les airs; des glaçons submergés se libèrent à grand fracas des masses qui les reliennent en dessous. Que deviendraient, au milieu de celle bagarre, un transport ou une embarcation? Le vent semble fraichir encore; cette glace « vivante » et surgissante reliendrait un Goliath au rivage.
Au nord, cependant, un endroit favorable s'offre pour passer ce terrible chenal à son col le plus étroit. M. Dunbar va pionner la voie, je retourne chercher les traineaux, et à neuf heures trente-cinq on se remet en route. Au moyen de pics et de haches, nous nous cuvrons un chemin assez bon, quoique trois anciennes fractures menecent de se reformer à chaque mouvement de la glace. L'une d’entre elles s'est rouverte après le passage du dernier baleau. La brume nous enveloppe, très froide, et nous cuche notre ile.
22,— Deux transports ne pouvant marcher de front sur laroute préparée hier soir, il est une heure du malin avant que tout le matériel ait défilé. Nous nous trouvons sur un vieux champ rugueux, pas trop mauvais en somme et séparé d’un autre, plus grand ct ineilleur, par un intervalle de fort méchant aspect qui merace à chaque instant de s’émictler sous nos yeux.
Pendant que cuisait le repas, Melville avait fait une pointe en avant avec ses lerrassiers; à deux heures vingt minutes, le pas difficile est franchi. Puis vient une bonne longueur de terrain excellent. A cinq heures quarante-cinq nous avons déjà 4 kilomètres. Dunbar et moi reprenons nos fonctions d'éclaireurs ; la glace dure et plane continue encore près d’un kilomètre; là s’ouvre un nouveau labyrinthe de débris dont la ‘brume nous empêche d'évaluer l’étendue; nous pourrions camper sur le bord, mais j'aime mieux, au début de l'étape, qu'un
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peu de roule facile encourage nos gens; peut-être apercevronsnous encore la terre, peut-être trouverons-nous un chemin plus favorable. Donc, nous revenons sur nos pas, et l’on dresse les tentes au pied d’un chaînon de blocaille. Nous avons vu plusieurs murres (pingouins), un lumme (4lca Brunnichii, des mouelles. Au souper, morse encore, mais, sauf les nagcoires, les fins morceaux sont partis. Les chiens s’en sont litléralement gorgés : d’aucuns sont ronds comme des balles.
Nous sommes, Dieu merci, délivrés de cette glace humide et visqueuse où il faisait si mauvais marcher. Le champ est percé en lant d’endroits, soit aux vieux trous de phoques, soit dans les parties plus faibles où la « pâle » s’est amassée, que la neige de surface s'écoule en se fendant et nous laisse un sol plan, dur, uni. Nos seules ennemies sont ces clairières, hélas! terriblement fréquentes.
Coucher à neuf heures du matin; lever à six heures du soir. Le soleil brille dans le ciel, quoique la brume pèse sur l'horizon et ne permette pas de voir la terre. Départ à huit heures dix; on file joyeusement sur une route excellente, au bout de laquelle une allée de 12 mètres de large, tout encombrée de glaces errantes, puis 400 mèlres de mauvais débris, nous donnent assez de besogne et obligent nos pontonniers à organiser une passerelle volante ou plutôt un bac.
23, — A minuit dix, tout est en sûreté à bord d’un vieux champ; on diîne, nous repartons à une heure vingt. Le brouillard diminue, nous distinguons un point qui, d’après son relèvement, N.40°0. (magnétique), me parait être celui qui portait hier N.56°0. En conséquence, on jalonne la route un peu plus à gauche. Un mauvais pas; puis d’assez bonne glace. Je prends les devants avec M. Dunbar. Au bout de 3 kilomètres nous g'impons sur une chaîne de débris, dans l'espérance de voir enfin la terre. Bientôt un promontoire émerge de la brume (N. 840. magnétique); il ne semble séparé de nous que par des champs à surface plane. À quatre heures le vent est tombé. Campement, cinq heures quarante; étape d'aujourd'hui, 5 kilomètres ouest-nord-ouest.
Le brouillard s'élève peu à peu et découvre presque loule la ler:e. C'est une seule île et non deux comme nous avions pu le croire. Points extrêmes, S.82°0. et N. 270. (magnétiques).
M. Collins en fait l’esquisse sous mes yeux. Je ne pense pas
L'île Bennett, découverte par l'expédition De Long.
qu’elle soit à 9 kilomètres d'ici:
encore plus près peut-être, un éperon bas et mince se projetle sur la glace. Temps superbe:
calme, ciel sans nuages, sauf quelques raies de cirro-straias, Il reste assez de vapeurs sur l'ile pour nous en cacher l’arrièreplan ; nombre d’entre nous déclarent pourtant avoir vu une haute plaine s’élever en talus au delà des falaises marquées sur le dessin. Le soleil est brûlant quoique le thermomètre ne dépasse pas — 2°,8. Position : 76°40' latitude N.,151°25’ longitudeE,; changement, depuis le 16, 2% milles 1/2 au S. 880. Sondages, 20 brasses 1/2; dérive rapide vers l’ouest,
Coucher à neuf heures du malin; je reste pour prendre une altitude méridienne qui nous place à 7603915”. Celle diférence de 45” ne me cause point de souci quant à l'exactitude de mes observations : nous avancons très vite sur la côte. Lever à six heures; départ à huit. Ciel admirable, temps charmant: à sud-ouest, une apparence de terre. Points extrêmes de notre ile S.87°0. et N.18°0, (magnéliques); la pointe basse qui nous sert maintenant d'objectif est * l'ouest. À l’est, un ban brume couvre l'horizon et s'avance sur nous. Pour donner à
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L'ILE BENNETT. 491 notre terre une chance d’apercevoir la « bannière éloilée » avant l’arrivée du brouillard, je fais déployer nos couleurs,
On franchit plus de 2 kilomètres sur une route passable, puis l'avant-garde s’arrêle près d’un large chenal où flottent des débris de glace, grands et petits : il y a assez d’eau pour permettre d'établir un bac, mais tout peut changer d’un instant à l'autre et je modère le zèle de nos pontonniers. À minuit moins dix, bateaux et traineaux sont 1à. Depuis deux heures, la brume nous cachait la terre : la brise de l’est s'était levée, nous passions d’une chaleur presque étouffante à un froid non moins insupportable, quoique, sans doute, on ne s’en füt guère aperçu au thermomètre.
Dimanche 24 juillet, — À minuil vingt minutes on s’assied près du chenal pour diner: la scène est animée par lapparilion d’un phoque : Collins tire; malheureusement, avant que le vouyou puisse le recueillir, l’amphibie enfonce, et avec lui notre espoir d'un plantureux souper. Après s’êlre alternativement promenée vers l’est el vers l’ouest, la glace venait de dériver plus loin, laissant un espace de 50 mètres d'eau libre entre nous et un vasle champ de glace dure. C’est le cas ou jamais de recourir aux embarcalions : au moyen du youyou, je fais passer un câble à la rive opposée; M. Dunbar l’amarre solidement, chaque bateau est tiré à son tour; on décharge le premier cotre ; il retourne chercher les chiens, leurs traineaux, des masses de paquels; en cinq quarts d’heure tout el lous sont sur l’autre bord.
Au bout de 1200 ou 1300 mètres, rencontre d’:in nouveau courant de glace ; des blocs énormes lourbillonnent au milieu des eaux, puis sont charriés avec furic d’un côté pour être poussés bientôt dans la direction opposée: des fractures s'ouvrent et se referment à chaque instant; le chemin où nous comptions passer s’étoile de fentes : jamais la banquise ne nr'avail paru livrée à une si formidable activité. Au delà se montre un bon vieax champ, paisible au milieu de ce tinlamarre ; mieux encore, une vasle allée d’eau large de 50 à 100 mètres et orienlée vers l’ouest, tant que le brouillard nous permet de la dislinguer; pas loin, à vrai dire, La traversée de cel espace mouvaut et grondant est excessivement périlleuse : à chacun des voyages d'aller et de retour des nartas (sept), à chique passage
de nos équipes (neuf), il fallait à nouveau préparer chemin cl ponts volants; les changements à vue se succédaient, A six heures quarante minutes seulement, la caravane entière était en lieu de sûreté. L’infaligable Collins a encore tué un phoque et, celte fois, réussi à le capturer, au grand profit de notre repas du malin. La terre a paru un seul instant, vers cinq heures; nous arriverons sans doute bientôt à notre éperon : à peine l’entrevoyons-nous que la brume s’abat, plus épaisse que jamais.
Souper, sept heures trente; service divin, huit heures trente: coucher à neuf. Immédiatement après, l’homme de sarde signale un ours. Trois ou quatre chasseurs s'élincen! de leurs sacs de nuit. Deux détonations retentissent; le: Fadier: 4 leur lour tirent à longue portée, au juger. Une demi-heure après, ces messieurs rentrent bredouille : « Un tout petit ours », du reste ‘ces raisins sont trop verts ?), et de couleur brun sale.
J'étais très faligué et m'endormis bientôt jusqu’au malin, au soir, veux-je dire, où deux nouveaux coups éveillent les échos: pensant que c’est comme l’autre fois, je referme les yeux, mais à six heures, quand M. Cole fait lever tout le monde, j'apprends que Gürlz a tué un ours; celui-ci s’est avancé à moins de cinq cents mètres du camp; le chasseur s’est glissé sans bruit toul près et lui a planté deux balles dan: le corps.
Le brouillard continue. Légères brises de l’est. Thermomièlre, — 2; aimable température pour la dernière semaine de juillel! Déjeuner à sept heures du soir; départ à huit. On traine tous les bagages jusqu’à l’endroit où la passe tourne à lour:f. F descends en youyou, Elle sê referme. Beaucoup de lraces. Un alteint enfin la glace solide; à une heure moins le quil, Lots les convois y sont, après force labeurs.
25. — Dunbar et le docteur vont examiner un très vilan chaos. Plus loin, un champ de bonne glace ; le promontoire lransparaît dans le brouillard, à 250 mètres seulement de la lisière, vers l’ouest. Départ, une heure quarante-cinq. Traversée épouvantable. Pien ou presque rien de fait à six heures du matin. Décidé de ;1sser le jour même et coûle que coûte, La terre se montre soudain à moins de 2 kilomètres, susse visible sur les falaises. De huit heures à midi, très r1e ct très périlleuse besogne. La glace s'ouvre, lournoie, nous 1: 01880
en arrii avoir ré sous Île de notr nous er sud de marche nous fc solide.
jabeur !
mouran main nm ordinait sud-est la pluic longue violent.
nous Ci qu'on ] pas gr d'eau, | Deux o nuit Île lait a vions :
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chemin et ent. À six ntière était un phoque t de notre , vers cinq *e Éperon :
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de signale leurs sacs « leur tour après, ces », du reste Le.
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très vilain promontoire ment de la inq. Traverx heures du ue coûle, La ausse vide ot {très
US rousse
L'ILE BENNETY. 493 en arrière, nous sépare de nos bagages. Pluie diluvienne. Après avoir réussi « rassembler tout le matériel, nous nous réfugions sous les tentes. Quelques cents mètres de gagnés aux dépens de notre sommeil. Diner, midi quarante-cinq. Il semble que nous entrions dans une baie formant échancrure sur la côte sud de l'ile. La pluie cesse. À deux heures, on repart. Terrible marche que je me rappellerai toujours et que le brouillard nous force à interrompre à six heures; on campe sur un pan solide. Viande d'ours à souper. Juste vingt-quatre heures de jabeur! Transis, affamés, mouillés, désappointés, éreintés, mourant de sommeil, mais prêts à reprendre la bricole demain matin! Coucher à neuf heures ; nous revenons à la façon ordinaire de vivre, travailler le jour et dormir la nuit. Brise du sud-est; thermomètre, — l°.
26, — A peine si j'ai pu reposer; j’entendais le vent siffler, la pluie tomber en averses. Mais jai voulu que chacun eût une longue nuit de sommeil; on ne s’est levé qu’à huit heures. De violentes bourrasques s'élèvent du nord-est; le brouillard nous cache presque toujours la terre; les rapides coups d'œil qu'on y peut jeter de temps à autre ne nous en apprennent pas grand’chose. A l’est, la glace est en branle; beaucoup d'eau, beaucoup de débris flottants entre l’île et la banquise. Deux ou trois des matelots de garde assurent avoir vu cette nuit la terre bien plus rapprochée qu’à présent. M. Collins üait allé se promener dans les environs : nous nous trouvions alors en face d'une vallée; la banquette de glace adhérente à la côte baignait partout dans l’eau libre. Voici comment je me figure notre position actuelle
NZ SPDPIT TERRE Tnn k W it % - CE Le
rx) LES 2.
À, notre position.
E, extrémité est de la rive méridionale de l'île, \V, extrémité ouest de la rive méridionale de l'ile. B, glace dérivant sous le vent du sud-ouest.
C, eau et débris de glace.
D, glace de battures.
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D'après moi, nous serions assez loin sous le vent du promontoire est pour ne plus dériver dans la glace qui marche sur l’ile et être rejetés avec elle au delà de ce cap; peut-être sommes-nous déjà au milieu du remous ainsi créé; en ce cas, nous nous rapprocherions encore de la terre : mais je ne puis rien savoir en ce moment; ce serait folie de continuer notre route au milieu de ces glaces tumultueuses; le plus sage est d'attendre.
Comment oublierions-nous jamais cette journée d'hier, ces longues heures de péril et d’anxiété; ces promenades incessantes de la glace, ces allées s’ouvrant et se refermant à grand bruit ! A peine embarcalions et traîneaux étaient-ils acheminés sur une roule, que celle-ci commençait à craquer; la glace se fendait, se brisait; elle glissait à droite quand nous voulions aller à gauche, et vice versa; chaque charge de provisions déposée sur le vieux champ nous semblait miraculeusement arrachée à l’abime. Et pendant tout ce temps, la terre, à moins d'un kilomètre de distance, nous narguait dans son immobilité sereine; elle irritait notre besoin de repos par la vue de ses pentes et de ses collines revèlues de mousse. A huit heures du matin, quand je me décidai à doubler l'étape et à continuer jusqu’au soir, mille voies s’ouvraient devant nous, chacune paraissant conduire directement à la lerre: on n’'aurail que l'embarras du choix! dix minutes après, ce n'étaient que débris confus, émiettement de glaces et courants d’eau. Le soir, à six heures, persunae qui ne fût hors de combal: personne qui ne laissât tomber les bandoulières: mouillés jusqu'aux genoux, on se réfugie dans les sacs, trop las pour dormir; les crampes nous lorturent pendant les premières heures de repos. Pourtant, ce matin, aucun de nous ne se trouve plus mal de cette terrible traite; nous nous félicilons au contraire d'avoir persévéré; sans cela les glaces en dérive nous eussent emporlés, et nous serions bien loin de l'ile quand la tempête s’apaisera.
A midi la brume s'élève : l’île se montre pendant quelques minutes. Notre position est bien telle que je la voyais hier. La pression des glaces, en pivotant sur la pointe est, nous a poussés dans la baie, et, entre nous et la côte, s'étendent 3 kilomètres d’eau presque nettoyée. Mais les abords de notre
champ la mise ressac sur no deux f rivé si.
A ur pousse d'atten baromi brume tentes :
CsSA Ye} Sond doute 1 qui la « les bal la terrc Pend tantôt tantôt fois m parfaite mais, où Se] la bale son 6q mise à halte € en plei la côte que la banqu clace « tricabl serions
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L quelques ais hier. La st, nous à ndent 3 kijs de notre
champ sont assiégés d'énormes masses floltantes qui rendent la mise à la mer des embarcations extrêmement périlleuse : le ressac est effroyable contre celte barrière; le vent s’acharne sur nous en rafales terribles: la tente n° 6 a été arrachée deux fois. Nous verrons ! dinons d’abord, et de notre ours, arrivé Si à propos.
A une heure trente le brouillard recommence. Le désir de pousser plus loin nous aiguillonne, mais la prudence ordonne d'attendre jusqu’à ce que les bourrasques se modèrent. Le haromètre baisse encore; la pluie tombe de temps à autre; la brume est à couper au couteau. Mieux vaut rester dans nos lentes : à la prochaine embellie je prendrai le petit cotre et essayerai de débarquer quelques provisions.
Sondages, 13 brasses; dérive nulle; notre glace est sans doute retenue contre la rive; à la première occasion, les débris qui la cernent vont filer plus loin et nous permettre de lancer les bateaux, si même le champ tout entier ne se dirige vers la terre,
Pendant l'après-midi, la scène changeait incessamment : tantôt Ja glace s’étendait sans interruption jusqu’à la côte, tantôt elle était remplacée par de vastes espaces d’eau; une fois même, nous nous sommes trouvés sur une île aux abords parfaitement déblayés. Bien vile j'ai pensé à gagner la terre, mais, pour débarquer tout notre matériel, il aurait fallu six ou sept voyages des deux cotres : lant que les gabords de la baleinière ne seront pas réparés, elle ne pourra porter que son équipage; elle a pris l’eau toutes les fois que nous l’avons mise à la mer, ct il fait si mauvais aujourd’tiui, notre première halte depuis longtemps, que Sweelman ne pourrait travailler en plein air, Une immense nappe de glace vient s’insérer entre la côte et nous, et mettre un terme à mes hésitations. Il semble que la Providence ait dirigé notre marche d'hier : le pan de banquise où nous campons est la seule partie stable de la glace qui nous entoure : partout ailleurs, un tohu-bohu inexiricable, Si l’étape eût été ou plus longue, ou plus courte, où serions-nous maintenant?
Nous défilons très lentement vers l’ouest, à la distance de ? kilomètres et plus de lu côte. A sept heures du soir, on passe par le travers d’un vaste glacier, dont nous examinons avec la
longue-vue la paroi antérieure, très irrégulière et haute de 6 mètres. Tout le jour j'ai cherché du regard quelque lieu de débarquement ; falaises ou glaciers, je n'ai pu distinguer autre chose. Le baromètre est stationnaire : 753 millimètres (temp. +09,6); le temps, je l'espère, va passer au beau cette nuit, quoiqu'il pleuve de temps à autre et que le ciel soit couvert et maussade partout où le brouillard ne le voile pas. Souperà six heures (ours à la mode). Coucher à neuf.
27. — Lever à six heures; déjeuner à sept. Le vent saute à l’est, puis s’apaise peu à peu. La brume cache tout à 50 mètres de distance. Le baromètre monte à 754 millimètres {(temp., +2’); le thermomètre est à —92°. Je compte que le temps va s’éclaircir; en attendant, restons au logis.
« L'espoir différé fait languir le cœur. » J'ai pris patience tout ce malin : à une heure, le brouillard est aussi impénétrable que jamais: le baromètre s'élève encore : 755 millimètres (temp., + 3,3); le thermomètre marque —1°.
Sondages, 16 brasses: je crains que nous n’ayons dérivé trop au large du promontoire ouest pour retirer grand profil de la baie sur laquelle, hier, la ligne de plomb ne mesurait que 13 brasses: en ce cas, nous apercevrions bientôt la côte ouest de l’île, notre dernier espoir de mer libre dans ces parages.
Mais j'ai aussi bien des grâces à rendre : lout mon monde est en bonne santé, en dépit de ces labeurs terribles. L'appétit est merveilleux: le sommeil parfait. Ces quarante et une journées de marche sur l'océan glacé nous laissent encore’ pleins de vigueur. Nos pieds sont loujours endoloris, il est vrai. Comment en serait-il autrement? Toutes les heures, on aurait beau changer de chaussures, à chaque minute il faut passer à gué des flaques d’eau. Notre réserve d'ours est à peu près finie : demi-ration ce soir. En cinq repas, nous en avons dévoré 113 kilogrammes:; poids brut, 205 kilogrammes.
Chipp me décrit le système adopté par les matelots de veille pour avertir leur remplaçant : l’autre nuit, le lieutenant, qui ne dormait pas, a vu, à sa grande surprise, une gaffe soulever lentement la portière de toile, s'arrêter au-dessus de Sharvell, puis lui farfouiller vivement le dos, Celui-ci, encore tout ensommeillé, la repoussait de la main comme une mouche importune. Ce serait une jolie esquisse de genre (polaire). De cette façon
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{s de veille tenant, qui fe soulever e Sharvell, put ensommportunc.
cette façon
L'ILE BENNETT. 497 ils n'ont pas à entrer dans la tente, ou à appeler à tue-tête, éveillant ainsi tout le monde.
Souper à six heures ; à sept moins un quart, la brume s’élève et nous permet d’apercevoir la terre à près d’un kilomètre, Depuis hier soir, nous dérivons parallèlement à la côte; le glacier est maintenant à main droite : juste en face de nous un vaste champ de glace bleue semble toucher à la rive; quelques fissures insignifiantes nous en séparent : pas un inslant à perdre, branle-bas général. A sept heures quinze, quatre transports sont en route, officiers et matelots aux bricoles; à leur tour, on y cahote les embarcations; une heure après, tout est sur le vieux banc, 2 kilomètres plus loin, nous en voyons le bout, et par malheur aussi, 800 ou 900 mètres de débris, d’allées d’eau. Impossible de les franchir cette nuit. Il pleut: la brise a sauté à l’est-sud-est et augmente sans cesse: àdix heures quarante-cinq, et, sur la marge même de la glace bleue, je donne l’ordre de camper, comme l'eût fait à ma place tout homme raisonnable et prudent.
28. — Lever à sept heures: déjeuner à huit; le temps est venteux {est-sud-est), brumeux, maussade. La lerre se montre parfois: la glace a quelque peu dérivé vers l’ouest. Thermomètre, —1°,6. Départ à huit heures cinquante. M. Dunbar marche en avant. Nous traversons l’ouverture qui nous avait arrèlés hier soir, puis un petitchamp; le brouillard pèse sur nous comme une chape de plomb. M. Dunbar revient nous dire que nous allons trouver de vastes pans de glace séparés seulement par des fissures de 50 à 60 centimètres: il a pu gagner la banquette et s’y avancer quelque peu. En roule! et sans perdre une seconde ! On fait toute diligence, on passe sans encombre les crevasses suivantes, mais quand nous sommes arrivés à la lisière d’un autre champ, la scène a encore changé; ce n'est plus qu’un amoncellement de débris emportés à grande vitesse. Ceux-ci proviennent sans nul doute de l’avancée du glacier; leurs parois nettement coupées, les contours arrondis du sommet, montrent que ce sont les fils du géant. À midi et demi, tout notre matériel est rassemblé sur la rive; on prépare : le diner,
Le soleil faisait tous ses efforts pour percer le brouillard, mais, à une heure trente, l’atmosphère était redevenue plus
épaisse que jamais : pourtant la situalion semble un peu moins mauvaise; une nappe de glace flotte devant nous, séparée par de plus modestes débris, qui peuvent nous servir de pont. On passe, mais la nappe est toute pelite et bientôt traversée, En voilà une autre, de taille plus convenable, assez loin, malheureusement. On réussit à capturer un énorme glaçon. Nous y embarquons la caravane après avoir fixé un câble au grand champ. Difficullés sans nombre pour acheminer le bac; à quatre heures, enfin, nous commencons à tirer sur l’amarre. La brume s’enlève, le même cri sort de toutes les bouches : « Regardez! » La terre paraît soudain, se dressant au-dessus de nos lêles à 800 mètres au moins (?): nous défilions rapidement devant elle, emportés comme sur un bief d'écluse. Je sonde à la hâte : 18 brasses 1/2. Nous débarquons sur la glace, nous y poussons de toute notre vigueur traineaux ct embarcations; arrivés sur l’autre bord et trouvant juste à point deux ou trois larges gâteaux, nous passons de l’un à l'autre jusqu’au dernier, où l’on est presque à toucher la banquette, mais nous l'avons échappé belle! les hommes portant sur les épaules les tentes et le reste de l’allirail du campement fermaient la marche, ils ont dû fournir ure course désespérée pour franchir les glacons entraînés par le courant et sauter sur celui où nous sommes enfin réunis. La situation est critique : 3 mètres d'eau et de pelite blocaille nous séparent de la glace de batlures, le long de laquelle nous voguons à la vitesse de trois milles à l'heure; notre radeau n’est pas des plus solides, les masses qui lourbillonnent près de nous peuvent le heurter cet le briser en passant... En outre, le cap sud-ouest de l'ile n’est maintenant qu’à 800 mètres; une fois le promontoire derrière nous, toute chance de débarquement est perdue; ces deux dernières semaines de labeurs en vue d’alteindre la terre auront été inutiles! Bientôt je m'aperçois que notre glaçon commence à pivoter; ce mouvement va le pousser dans une échancrure de la banquette; s’il y stationne assez longtemps, nous pourrons gagner celle-ci : « Attention! » Et, les cordes des lraineaux en main, on surveille le moment décisif, Le radeau frappe la glace et reste immobile : « En avant, Chippt » et nous nous élançons.
Le premier traineau passe sans accident, le second manque
peu moins parée par > pont. On versée, En , malheun. Nous y
au grand AC; à quamarre, La hes : « Redessus de ns rapide- ’écluse. Je ns sur la aincaux cl ste à point l'autre jusuelte, mais r les épau- L fermaient pour franur celui où : 8 mèlres ace de balse de trois solides, les le heurter est de l'ile ntoire dere; ces deux e la terre tre glaçon r dans une longtemps, cordes des Le radeau 1 » ct nous
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L'ILE BENNETT. p0
tomber à la mer, le troisième y tombe avec Cole; pour le qualrième, il faut établir un pont au moyen d’une dalle amenée à grand’peine. Aux nartas maintenant : elles ne glissent plus; j'en veux examiner la cause : la glace est sur le point de s'ouvrir : « Vite! poussez les bateaux! » Nindemann, de sa voix chantante, me crie qu'on peut les mettre à flot : aussitôt dit que fait; les hommes courent des traineaux aux embarcations; le premier cotre est déjà prêt à repartir quand le glaçon s'ébranle, emportant Melville, Iversen, Aneguin, moi et six chiens. Wilson avait placé les autres dans le youyou. Chipp était sur la glace de battures, les embarcations près de lui, je savais qu'il aviserait à tout, mais je n'étais pas sans anxiété sur notre propre compte; par bonheur un coin du radeau vient à heurter un débris échoué; on saute, on est sauvé! Pourtant, nous ne sommes pas encore à terre : la banquette, fort large, n’est qu'un enchevêtrement de blocs et de blocaille, creusé d'alvéoles, craquelé, fendu, un terrain impossible pour les traineaux. Je suis heureux de découvrir enfin, à 12 ou 15 mètres de la vraie côte, un endroit un peu moins tourmenté où nous campons, après y avoir transporté tout notre équipage; il y a déjà une heure et demie que le premier traineau a touché la banquette. De temps à autre, des quartiers de roche se détachent des falaises et tombent dans un petit canal profond de 1",20 et alimenté par la fonte de la glace de batlures.
La falaise elle-même grouille littéralement de dovekies guillemots noirs). Une heure après le souper, je procède à l'appel général, et tous nous nous dirigeons vers la terre. On passe à gué, on saute, les plus difficiles se construisent un pont, bref, chacun aborde à sa guise et grimpe en s’accrochant aux pentes anfractucuses. Bientôt nos couleurs flottent au vent. Nos camarades se rassemblent autour de moi : « lai la satisfaction, leur dis-je, de vous annoncer que cette jie, but, depuis quinze jours, de tant d'efforts et de travaux, est une lerre nouvelle. J'en prends possession au nom du Président des États-Unis et je la nomme île BENNETT; et maintenant, trois vivats! » Jamaï: ils ne furent poussés avec plus d’enthousiasme; on ine fait la gracieuscté d'en ajouter trois aulres à l'honneur du capitaine.
Donc, le vendredi 29 juillet (cette fois, et dorénavant, je sui-
vrai la date imposée par la longitude), l’île Bennett a été annexée au sol américain. Le promontoire où nous avons débarqué sera le cap Emma. Coucher à neuf heures du soir; brise fraîche de l’est, épais brouillard. La glace du large dérive rapidement vers l’ouest. Les oiseaux jacassent toute Ja nuit, mais ne nous empêchent pas de dormir.
30, — Lever à sept heures, déjeuner à huit. En route à neuf. Pendant notre séjour sur l'ile, voici comment le travail se sépartira :
Observation des marées : Chipp, Nindemann, Ericksen, Lee, Bartlett,
Dessins, esquisses, phénomènes méléorologiques, ete. : Collins.
Histoire naturelle (faune et flore) : Newcomb.
Géologie, tout et le reste : docteur Ambler.
Chasses, ete., ete, : Dunbar.
Observations astronomiques, barométriques, magnétiques, variations du compas : De Long.
Bois flotté, œufs d'oiseaux, fleurs, ete., etc. : tout le ide.
Avant midi, on m'avait apporté déjà mou , cochléariar gazon, tuf, lave, cryolithe (?); des fleurs jaunes toutes de même espèce, mais dont les échantillons offraient de singulières divergences; des améthystes, Le soir, M. Dunbar me remet deux œufs de murre, gros comme ceux de poule et tachetés; Johnson, un morceau de corne de renne couvert de mousse. Dunbar a recucilli une petite quantité de bois flotté, mais n’a pu lrouver aucun moyen de nous loger sur l'ile, ni le moindre vestige de gibier. Latitude (à midi) 76°38'17"N. Baromètre, 756 millimètres. Thermomètre, 0°,6.
Ce matin, la marée descendait et, quoique le vent soufflät de l’ouest, la glace filait à toute vitesse danis cette direction. De vastes champs vinrent battre contre la banquette, qui trembla sous l’assaut, mais résista bravement; les autres se fendirent, se brisèrent et furent balayés par le courant. La pression était terrible.
Les collections s’accroissent avec une tslle rapidité que je n'aurais pas le temps de tout relever. Melville a trouvé une veine de houille bitumnineuse; le docteur m’apporte du duvet de renard ou de lapin, de la tripe de roche, des mousses, des fleurs. A quatre heures, les chasseurs ont déjà neuf douzaines de murres et de dovekies. Le bois floité s’accumule, un des
iorce de ba buslit ces oi lins.
«L — est roches est en globu sont e l'emp d'un] un po coules brun laves argile laise qui se « Li roc ig lienn d'amé les st gisan chent Quelq au gy laires
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morceaux à été évidemment taillé à la base comme un poteau de barrière, un autre brûlé au bout. Nous avons du combuslible pour cuire deux repas; cette mine de charbon et ces oiseaux par milliers nous promettent de merveilleux fes-
lins.
« L'ile Bennett — j'écris sous la dictée du docteur Ambler
— est très certainement d’origine volcanique et composée de roches trappéennes, une sorte de feldspath igné où la silice est emprisonnée en masses compactes; trapp renfermant des globules de silice ; trapp où des nodules de couleur plus foncée sont enclavés dans la gangue : si l’on casse la roche, on en voit l'empreinte, le moule complet. Ces globules sont de la grosseur d'un pois; le frottement sous le doigt suffit pour leur donner un poli brillant; ils sont assez tendres pour être entamés au couleau; de la silice très légère, ou plutôt du tuf de couleur brun clair, d’aspect spongieux, comme boursouflé par des gaz; laves de diverses teintes, du brun jaunâtre au vert foncé; argiles rouge-brique; les débris qui sont précipités de la falaise sont des portions désagrégées de ces derniers terrains, qui semblent avoir passé par le feu.
« La facade de la falaise (cap Emma forme six terrasses de roc igné séparées par ces couches d'argile rouge qui conliennent la plus grande partie de Ja silice. Les échantillons d'améthystes proviennent de quartz incrusté dans le trapp; les stalactites et stalagmites, d’un quartier de roche ignée gisant sur la berge et que j'ai cassé au marteau; elles se détachent facilement avec les doigts. Stratification horizontale. Quelques fossiles. Des pierres blanches ressemblant beaucoup au gypse; j'en ai vu de deux variétés : l’une en masses tabulaires à faces brillantes quand on les expose à la lumière; les autres d’un blanc terne, opaque et en galets arrondis qui dénotent l’action de l’eau; toutes deux peuvent être coupées au couteau et réduites en une poudre non transparente qui fait effervescence en présence des acides nitrique et acélique. »
La houille bitumineuse abonde et brûle facilement. Melville estime qu’elle contient 50 à 60 pour 100 de carbone; demain, il l’expérimentera de son mieux.
Avant midi, comme après, les nuages et la brume ont obscurci le ciel et je n’ai pu prendre ni hauteurs ni azimut.
b04 VOYAGE DE LA JEANNETTE,
A six heures trente du soir, d'énormes masses de roche et d’argi'e rouge dégringolent de la cime du cap Emma.
Souper à sept heures : ragoût d'oiseaux. Sondé à diverses distances du pied de la falaise : à 15 mètres, 2",13; à 30, 3",70: à 45, 4m,90 ; à 60, 8",55 ; la banquette cst retenue prisonnière par des débris échoués ou des pans délachés du glacier de la côte sud. Vents du nord, très légers. A neuf heures du soir, baromètre, 758 millimètres (Lemp., + 2°,80); thermomètre, — 1°,1, D'après nos observations d'aujourd'hui, le flot viendrait de l’ouest. Notre marégraphe est tout bonnement une gaffe enfoncée dans la glace du fond et solidement fixée à la falaise (pointe du Gouvernail). On l’a graduée par pouces; les distances plus peliles sont laissées à l'estime des observateurs. La première lecture a eu lieu à dix heures vingt (de ma montre); on a continué loutes les heures. (App. H.)
Dimanche 31 juillet, — Lever à sept heures. Le temps est froid et brumeux. M. Dunbar désire vivement explorer la rive sud; de mon côté, je voudrais savoir quelque chose de plus sur cetle partie de l'ile; donc, ce malin, je lui donne licence d'emmener Alexey et Aneguin, cinq chiens et leur traîneau, et de prendre congé pour quarante-huit heures. Il partira après diner, emportant vivres, jus de citron, sacs de nuit, havresacs, armes, munilions, un compas, une lunette, une ligne à mesurer. Il fera tous les relèvements, toutes les esquisses possibles, et s'il peut grimper quelque colline, examinera soigneusement l'horizon du sud-ouest pour y chercher une terre. Je lui recommande surtout de rentrer après-demain, avant midi.
Les chasseurs reviennent les mains presque vides : les oiseaux sont maintenant très farouches ; dès qu’on les approche, ils se lèvent en nuages épais, et gardent le vol. Des centaines, des milliers, restent dans leurs trous et crevasses, mais comment les en dénicher? Melville essaye le charbon sur un fourüeau construit avec des pierres : le feu brûle jusqu’à ce qui s’étouffe sous ses propres cendres. Résullat : 50 pour 100 de matière combustible; on n’a pas fait, inutile de le dire, d'analyse quantitalive, Le schiste et l’ardoise flambaient en même temps et produisaient un gaz rappelant celui du charbon ou du pétrole. Nous n'avons pas vu de soufre, Un fiion de cette houille descend la pente de la wicntagne et affleure au niveau de nolre
camp; elle ser malile, tallique Dinet murres l'éluvéc les à fi plus fin SCAUX « Servi Lundi d'ouest donner rade pt dant dé promor au N, IC disent glace s’ placée ] promot plus fr de sa ci nous fil nell, M Crayons A dix l'embar de lea la banq décor e malin F plosion mides ( verligir de choi lions, 1 gros qu
DD ré RE à
L'ILE BENNETT. 805 | e el d’'ar- camp; on l’enlève sans difficulté; en arrière et en dessous, ï elle serait sans doule meilleure. Nous trouvons aussi de l’hé- E diverses malile, ce minerai de fer qui sert à la fabrication du brun mé- 0, 3,70; tallique.
nière par Diner à une heure, souper à sept. Aux trois repas du jour, le la côte murres, jeunes et vieux. Excellent! Pour nous reposer de ir, baro- l'éluvée, le plat de fondation de nos cuisiniers, la tente n° 1 È a LE les a fait frire dans la graisse d'ours. Je n’ai rien mangé de ! idrait de 4 plus fin. Notre eau, délicieuse à boire, est puisée dans les ruis- 1 rafle en- seaux clairs bondissant sur la colline. ‘| la falaise : Service divin, huit heures trente; coucher, neuf, {1 distances Lundi 1° août. — Lever à six, déjeuner à sept. Légère brise 4 . La pre- d'ouest, Après mûre considération, je me décide à envoyer Chipp 1 nire) ; on donner un coup d'œil à la côte occidentale de l'ile. Notre cama- 1) rade prendra six hommes et le second cotrc. Hier, en descen- h est froid dant de la « Guillemotière », j'ai entrevu, dans la brume, un fl rive sud; promontoire au N.31°E. (magnétique); celui du Gouvernail est i sur celle R. au S.10° 0. Ericksen et Kaack sont allés se promener par là et | emmener à disent que ce cap n’est pas à 6 kilomètres. La banquette de À) > prendre glace s'arrête juste après la pointe du Gouvernail et est remr,eMpore À placée par de l’eau et une petite plage; plus loin que le second mes, Mu {À promontoire, Ericksen a vu la terre s’abaisser el se diriger r. Il fera | plus franchement vers l’est; si donc Chipp peut me rapporter | Ls'ilpeut de sa courte expécilion des sondages et de bons relèvements, l'horizon nous finirons par faire une carte très présentable de l’ile Ben- dr ymmande - nel. M. Collins l'accompagne, nanti de son album et de ses | 1 crayons, L s : les oi- 4 À dix heures, ils se mettent en route, lout Ie monde trainant | | \pproche, 4 l'embarcation plus loin que la Guillemotitre: mais, en place Î entaines, 4 de l'eau libre d'hier, on voil s'étendre la surface chaotique de À ais COM- la banquise : Chipp fait halte pour attendre un changement de Ë un four- 4 décor et nous retournons au bivouac. Newcomb est parti ce à ce qu'il S Malin pour expérimenter l'effet qu'aurait sur les oiseaux le:- 1 00 de ma- É plosion d’une dizaine de cartouches; ils sont maintenant si li- 1 d'analyse ; mides qu’il faut les aller chercher là-haut; mais, sur ces roches me temps D æ ‘crligineuses, il n'est pas facile de poser sûrement le pied et noudu # de choisir un endroit favorable. Après avoir épuisé ses munile houille ; lions, Newcomb s’est hâté de descendre, et fort à propos : un | de nolre k gros quartier de roche s’est détaché au lieu même qu'il venait
de quitter; butin, quarante oiseaux. Nous dinons de pemmican, réservant le gibier pour ce soir.
Sauf notre premier souper sur l’ile et le déjeuner du lendemain, tous nos repas ont été préparés avec le bois flotté. Chipp emporte 4 litres 1/2 d'alcool, mais il tâchera de les économiser en glanant son combustible. Dunbar doit suivre la glace de battures et ne compter absolument que sur les débris laissés par la marée.
A midi le ciel est couvert et brumeux: mais le temps semble s'élever. Il faudra bien que je prenne une longitude avant le jeudi 4 août, où nous devons partir pour les îles néo-sibériennes. Calme. Thermomètre, —2°,2. Les hommes qui ont été chercher 1: bois recueilli hier par Ericksen et Kaack, m’apprennent au retour que Chipp et les siens ont appareillé, A huit heures du soir, Newcomb rentre, pliant sous le faix de nouveaux trésors scientifiques.
2. — Lever à six heures, déjeuner à sept: pemmican. Les chasseurs d'oiseaux se mettent en route. M. Dunbar revient à dix heures; il a suivi la côte sud sur une longueur de quatorze milles (26 kilomètres) et m’apporte des mousses, des pierres, du bois, un vieil os de bœuf musqué (?) ou de morse. Il n’a point vu de gibier, mais des traces d'ours, de renards, de lièvres polaires (?), de lagopèdes (?) : la « maison d'hiver » d’un ours : deu“ chambres intérieure et extérieure en équerre; de la fourrure de lièvre polaire (?), des fumées de grouse (?). Le volcan éteint aperçu sur la droite avant de débarquer et que je supposais sur le rivage, est à 8 kilomètres de notre campement. Il a vu deux glaciers qu’il croit réunis par le sommet; le plus loin et plus grand a 5 kilomètres de large; son front, 15 ou 20 mètres de haut. C’est celui par le travers duquel nous étions le 26 juillet, et où nous ne pûmes songer à débarquer, quelque tentant qu’il parût.
Trois heures après son départ, il est arrivé dans une vallée parcourue par un ruisseau. C’est là qu’il a recueilli la corne de bœuf musqué (?) et des vestiges d'ours. La banquette de glace s’arrêlait; il prit par ". plage, mais elle se changea bientôt en une berge abrupte et hardie: il dut revenir camper à quelques 100 mètres en arrière, près d’un amas de bois flotté dont la plus grande partie était à moitié engagée dans le sol comme un vieux dock abandonné, A 30 mètres au-dessus du niveau de la
mer, à wnage lundi, :
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en dess deurs. 1 de neig Dans violence la Guill à gravi les chan si ChipF Le te server r des nua tenir ic nimbus menaca l'altituc sées, D sextant serail fd si délit casser bar, Al pour y à toute mains, sur le &
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L'ILE BENNETT. 507 mer, à 160 du rivage, il y en avait encore d’autres, témoignage probable d’un soulèvement graduei du terrain. Le lundi, au matin, il laisse le traineau et son attirail, puis, avec Alexey, Aneguin et les chiens, il essaye de traverser la monlagne. À une altitude de plus de 300 mètres, d'où il nous rapporte des coquilles marines, la brume s’abaisse et l'empêche de continuer; il veut alors franchir la partie inférieure du grand glacier ; au bout de 5 kilomètres il est forcé de reculer. Des crevasses s’ouvraient de 30 centimètres de large, s’évasant en dessous; il entendait les eaux bruire à d'énormes profondeurs. IT a vu sur la glace de battures de nombreuses plaques de neige rouge.
Dans la matinée, les bourrasques du nord-ouest soufflent avec violence ; à l'endroit où se termine la banquette, plus loin que la Guillemotière, elles chassent la glace au large. Nindemann à gravi la falaise ; de vastes allées d’eau se montraient partout; les champs s’entr'ouvraient pour en former de nouvelles. Encore si Chipp pouvait en profiter!
Le temps est froid et très désagréable. Impossible de conserver notre chaleur naturelle : mes pieds ont presque gelé : des nuages épais traversent incessamment le ciel; je voudrais lenir ici tous ces voyageurs qui disent n'avoir jamais vu de nimbus au nord du Cercle polaire et leur montrer ces nuées menaçantes aux contours déchiquetés! Nous désirerions savoir l'altitude du promontoire au pied duquel les tentes sont dresses. D’aucuns l’évaluent à 600 mètres: d’autres à 800; mon sextant me donne 100; je le crois bien près de la vérité : il serait fort dangereux d’aller s’en assurer là-haut. La falaise est si délitée que nous glisserions à chaque pas, en danger de casser le baromètre, sinon notre propre cou. Hier, avec M. Dunbar, Alexey l’a échappé belle, En escaladant un pan de roche pour y prendre un oiseau, il a fait un faux pas et dégringolait à loute vitesse lorsqu'il a pu s’accrocher des ongles et des mains, juste à l’orée d’un précipice de 20 mètres, plongeant sur le glacier, |
Les chasseurs n’ont pas rapporté un seul guillemot; nos derniers oiseaux ont été mangés ce soir; la provision de bois durera encore deux jours. La pluie tombe par intervalles; le ven! est terrible, et, bien que la falaise nous abrite quelque
peu, les rafales menacent d'enlever nos tentes. Le docteur est souffrant : la chair huileuse des guillemots ne convient pas à son estomac. Coucher à neuf heures. D’après la marche des nuages, le vent semble provenir du nord-ouest ; il est possible que ces promontoires en modifient la direction réelle.
3.— Lever à six heures; déjeuner à sept. Grains du nord-ouest, Brume, brouillard, averses. Au sud-ouest, une clairière large de deux milles. Baromètre, 755 millimètres {temp., + 2°,2; thermomètre, —2°. Pleine mer à neuf heures treize. Bartlett me montre sur la roche la plus haute marque de la marée à un pied au-dessus de 31” de notre marégraphe. Naturellement, le zéro de celui-ci part du point où il est planté dans la glace du fond,
A midi trente, Chipp revient, après avoir côloyé l’île pendant dix-sept milles (31 kilomètres); il nous apporte des pierres, des mousses, quelques œufs; M. Collins me remet d'excellentes esquisses. Chipp a gardé les notes détaillées de cette petite excursion pour un rapport qu’il me présentera plus tard.
Temps fâcheux au delà de toute description. Pluie, brume, brouée qui mouille autant que la pluie: grésil ; bise âpre et glaciale. Vent d'ouest à six heures; baromètre, 753 millimètres (temp., +2): thermomètre, — 2°. Le brouillard ne nous permet point de voir si c’est laglace ou l’eau qui touche à la banquette.
k. — Le départ était fixé pour aujourd’hui, mais l’état de l’atmosphère en décide autrement. Le vent est redevenu tempête, et ce malin, à notre petit lever, nous nous sommes trouvés sous un ouragan de pluie, de neige, de grêle; la mer est absolument invisible; le temps est à n’y pas jeter un chien; les rafales ouesl-nord-ouest tourbillonnent autour de nous.
Je copie, sur une feuille préparée à celte intention, la note que nous laisserons derrière nous :
lle Bennett, Cap Emma, Latitude N, 76938", Lougitude E.
h août 1881.
Les officiers el matelots du navire des États-Unis la Jeannette, coulé par les glaces le 13 juin 1881 (latitude 7715 N., longitude 155°E.), sont descendus le 29 juillet sur cette île, qu'ils apercevaient depuis le 11, en ont pris possession et lui ont donné son nom.
Mon intention est de partir d'ici le plus tôt possible pour l'archipel de la Nouvelle-Sibérie et de me rendre ensuite aux établissements de la Léna. Notre santé est excellente, nous avons trois embarcations, des vivres pour
trente jou tembre 18 dl été broy avons déc.
vitude 154 tude 1570£ n'avons pi de vue l'il ennett, | d'ouest, b se montre embarcati trainer su terriblemc la moyent un grand
cel océan
Henry pa officiers, \
Je net vréable.
tentes, i plaques les tour aussitôt expressi nous es raide: b plus dot dur qui S'AsSSCOIT
à diner, nutes, À sep mètres | gera-t-il ne fût s chose tr dre obs
ocleur est vient pas à marche des sl possible e.
nord-ouest.
rière large
29,2; {herartlelt me e à un pied nt, le zéro *e du fond, le pendant icrres, des excellentes elte pelile tard.
ie, brume, ise àâpre ct nillimètres ous permet banquette.
état de l’atu tempêle, es trouvés est absoluen; les ra-
on, la note
a, ude EE,
nnelle, coulé 1550E.), sont le 11, en ont
rehipel de la de la Léna.
vivres pour
trente jours, vingt-trois chiens, un vesliaire suffisant, Depuis le 5 septembre 1879, notre navire a dérivé dans la banquise jusqu'au jour où il a été broyé par les glaces ct a sombré à pic; pendant cette période, nous avons découvert deux îles : Jeannette, 21 mai 1881 (latitude 76047’, lonsitude 158056’ E.), et Henriette, 25 mai 1881 (latitude 77°8/N., longitude 157045/E.), sur laquelle quelques-uns d’entre nous ont abordé. Nous n'avons pas signalé d'autre terre, depuis qu'en mars 1880 nous perdimes de vue l'ile Herald. Après avoir pris quelques journées de repos sur l’île >ennelt, nous y sommes retenus maintenant par une tempête; vent d'ouest, brume, grésil et neige ; et quoique, par moments, des clairières se montrent au sud-ouest, je ne sais encore si nous pourrons mettre les embarcations à la mer, ou si nous ne serons pas forcés de continuer à les trainer sur la glace avec le reste de nos bagages. Ce mode de voyage est terriblement dur; 2 milles à vol d'oiseau par étape et par jour sont là moyenne de ce que nous avons pu faire, vu qu'il faut aller et revenir un grand nombre de fois pour avancer tous nos bagages. La banquise de cel océan est analogue à la vieille glace rencontrée au nord du cap Joseph- Henry par l'expédition anglaise de 1875. Nous sommes au complet, huit officiers, vingt-cinq hommes, et le scorbut n'a pas encore paru. GE£orGE W. De Loc,
Lieutenant de la marine des États-Unis, commandant l'expédition polaire américaine,
Je ne crois pas avoir passé de journée plus parfaitement désasréable. Les rafales soufflent avec une telle furie que, hors des tentes, il est à peine possible de garder son équilibre sur les plaques de glace qu'elles n'ont pas encore poussées plus loin; les tourbillons de grésil et de neige nous forcent à rentrer aussitôt, L'intérieur est humide, froid, morose au delà de toute expression : pressés les uns contre les autres, tout mouvement nous est interdit; nos pieds semblent sur le point de geler raide; battre la semelle sur ce sol de glace les rend encore plus douloureux; il faut recourir à la bastonnade, remède aussi dur qu'héroïque. Puis, l'exécution terminée, rien à faire qu'à ‘asseoir et à se résigner, se remontant un peu quand le café à diner, le thé à souper, nous dégèlent pour quelques minutes,
A sept heures du soir, le baromètre est tombé à 751 millimètres (temp., + 1°) et reste stalionnaire; peut-être tout changera--il demain ? Un séjour prolongé sur cette ile, à moins qu'il ne fût suivi du déblayement complet de la mer, serait pour nous chose très grave. Inutile de dire que je n'ai pu prendre la moindre observation.
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La tempête a ébranlé les roches pourries de la falaise au pied de laquelle nous campons ; les pierres et la boue s’écroulent en avalanches. La nuit dernière, un éboulement a menacé de nous ensevelir. La tente n° 2 a été évacuée en un clin d'œil: les autres ont montré plus de sang-froid. Certes, après ce que nous avons vu, tout peut nous arriver, rien ne doit nous surprendre.
5. — Lever à six heures du matin. Déjeuner à sept; le vent se modère ; il semble souffler de l’ouest. Baromètre, 751 millimètres (temp., + 1°,1): thermomètre, — 2,2; les nuages ont l'air de s’ouvrir; le soleil voudrait se montrer, mais, quoique je me linsse prêt à profiter de la plus pelite chance, je n’ai pu faire un seul relèvement; le brouillard, la pluie et la neige rendent inutiles le sextant et l'horizon artificiel; leurs verres se recouvrent de ruisselets d’eau. M. Dunbar a déposé ma note dans un cairn à un mille est du cap Emma.
J'ai dû faire luer nos dix chiens les plus usés ou sujets aux convulsions, y compris Tom et Jim. Il nous en reste douze : Prince, Smike, Souffleur, Armstrong, Dick, Pilgarlie, Geyotack, Magalan, Kasmatka, etc. Les vivres qu’ils nous consommaient n'étaient plus en proportion du travail fourni, et je dois penser d’abord aux hommes.
Enfin le soleil parait à quatre heures quarante-cinq: de bonnes observalions nous donnent une longitude de 148°20'E.
Près de nous, un mont de glace est échoué en 5 brasses d’eau et émerge d'autant: 20 mètres seraient donc la hauteur probable de l'avancée du glacier. À huit heures du soir le barcmètre marque 752 millimètres (temp., + 1°); le thermomètre, — 2°, Nous partirons demain.
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