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parvenue à acquérir à ce point l'apparence de Tin* telligence; celte machine semble raisonner ce qu'elle fait.
Celte fabrique ne sera sans doute pas celle qui donnera les plus grands bénéfices , à cause des sommes qu'elle a coûté; mais elle fera naître dans l'esprit des Arabes des idées d'ordre et de perfection dont il est bon de les frapper , en en mettant l'image sous leurs yeux.
A peu de distance est une autre usine , égalemont d'une grande beauté : c'est une fonderie. On ne peut voir rien de mieux en ce genre. Elle est compos.ee d'un vaste bâtiment qui renferme huit fourneaux à réverbère, dont chacun peut contenir dix mille livres de métal. 11 y a moyen de combiner leur travail et de réunir leurs produits : ainsi il n'y a aucune pièce de fonte que l'on ne puisse exécuter. Il y a aussi deux fourneaux de cupole de grandes dimensions. La machine à soufHer est de nouvelle invention et donne des résultais excellents , à ce que m'a dit l'ingénieur. Cest une espèce de tarare en fer , dont le volant fait deux mille tours par minute : il donne de l'air en abondance , sans pression , et le vent produit est régulier ; ses effets sont égaux à ceux de deux pistons , et la force qui le fait mouvoir ne dépasse pas celle d'un demi-cheval.
Celte usine est complète et peut fournir toute la
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fioote dont on a besoio en Egypte. Elle a été cré^, ainsi que la filature et la fabrique de eoton dont j*ai parlé , par un Anglais , M. Gallovai.
La chose importante pour que ces établissements travaillent avec succès, c'est qu'ils soient abon*damment pourms de bons charbons de terre , âun prix conTenable. Les mines de houille qui ont été décourertes au pied du Liban donneront avec le temps cette richesse ; mais en attendant le pacha pourrait tirer sans frais ses charbons d'Angleterre, en employant â leur transport une partie de son escadre qui , à moitié désarmée , naviguerait con* atamment dans cet objet : cette navigation , plus étendue que celle de la Méditerranée, servirait en outre à exercer ses matelots et à développer les talents de ses officiers.
Il y a cependant contre l'emploi de la machine à vapeur , en Egypte , une objection , dont le temps seul pourra faire apprécier la justesse : c'est que l'atmosphère est souvent chargée d'un sable d'une finesse extrême qui s'introduit partout ; des hommes de Fart , habiles et juges compétents , croient qu'il doit en résulter des effets fâcheux. Cette opi* nion est celle de Gerisi-Bey, et ses lumières lui donnent un grand poids.
J'allai, en dernier lieu, visiter la manufacture de poudre , située dans File de Roudah : elle est conduite, depuis vingt ans, par un Français, et
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d'après les meilleurs procédés. II eu sort de très^ bonne poudre , et en telle quantité qu*on peut le désirer.
Je trouvai au Caire un homme que je connaissais depuis longtemps, M. Haim, chimiste français, anciennement employé sous mes ordres à Tarmée de Portugal. Il a formé, pour la fabrication des produits chimiques nécessaires aux manufacture^ , et principalement de l'acide sulfurique , des établissements qui prospèrent. 11 a aussi des salpètrières dans lesquelles Tévaporation se fait en plein air, par Faction du soleil. Elles donnent, à trèsbas prix , une quantité de nitrate de potasse fort supérieure aux besoins.
M. Haïra est associé deJiféhémet«Ali. Ses opinions politiques sont prononcées , et il passe pour républicain. On raconte que sa réputation étant venue aux oreilles du pacha , celui-ci lui demanda de lui expliquer ce que c*était qu'une république* M. Haim lui en donna la définition en deux mots : u Si régypte était une république , lui ditîl , vous » seriez le peuple, et le peuple serait le pacha, n Mébémet lui répondit qu'il ne se trouvait aucun goût, aucune sympathie pour une république.
Si les éci*iU que j*ai faits jusqu'ici ont éreillé quelque intérêt, cet intérêt doit s'accroître maintenant que je vais parler de rétablissement d'Âbou- Zabel , qui est digne des plus grands éloges et de la plus sincère admiration. Cette création , entièrement nouvelle, est consacrée à l'enseignement des sciences naturelles , ainsi qu'à celui de la médecine et de la chirurgie. M. le docteur Clôt, officier de santé français , que le pacha a élevé à la dignité de bey, et qui est connu sous le nom de Clot-Bey, en est le fondateur. Médecin éclairé et profond, chirurgien habile, homme d'un esprit supérieiur» il est venu s'établir en Egypte , il y a une dixaine d'années ,.et consacre sa vie à diriger les établissements scientifiques ^ui doivent régénérer le pays , en développant les facultés intellectuelles des Ëgyp-
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tiens. H est livré tout entier à sa noble tàcbe, et sera le bienfaiteur de TÉgypte. On ya juger de» résultats déjà obtenus.
Abott-Zabel est situé à six lieues du Caire. Un hôpital , destiné à recevoir les malades du camp de Kauka , où l'armée égyptienne était stationnée pour son instruction , y fut établie Le docteur Clôt conçut la pensée d'y réunir des écoles de différentes sortes, et d'en faire le lieu spécial de l'enseignement. Le pacha approuva son projet qui , bientôt , reçut une entière exécution.
Le bâtiment, au milieu duquel il y a un jardin, est très-étendu et forme un carré : ses côtés ont environ chacun cent toises de longueur; leur épaisseur est telle qu'il y a partout deux lignes de salles grandes et vastes, séparées par un corridor spacieux.
Deux des côtés du carré sont consacrés à recevoir les malades; c*e$t l'hôpital proprement dit: les deux autres contiennent les salles d'instruction et le logement des élèves et des professeurs. Toutes les salles sont parfaitement aérées par des croisées latérales. Les corridors reçoivent du jour etdeTair par des ouvertures pratiquées dans la terrasse qui couvre le bâtiment. Un jardin botanique, fort complet, occupe l'espace intérieur, et un beau jardin potager environne le bâtiment extérieurement; il occupe l'intervalle existantentre le bâtiment et le 5 20
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mur de «sldture , qui renYeloppe et TUole de la campagne et du village.
Le jardin botanique est dÎYisé en deux parties : obacune renferme les mêmes sujets, de manière que Ton peut dire qu'il est double. La différence est dans le classement des plantes : de Tun des cdtés il est fait d*après le système de Lionée, de Fautre d'après celui de Jussieu.
, Au milieu du jardin est un autre bâtiment carré qui renferme les cuisines, l'amphithéâtre d'an»tomie , le laboratoire de diimie , et la salle de phjr* sique*
. L'ensemble de l'instruction comprend la méde* cine , la chirurgie , la physique , la chimie, la botanique , la philologie , et la langue française. De trèS'bons professeurs occupent les différentes chaires , et tout est conduit et dirigé pi^r le docteur Clôt.
Il existait une difficulté fort grande pour l'enseignement : les professeurs , qui sont des Européens, ne savent pas l'arabe, et les écoliers ne sa* vent pas le firançais. Il fallait donc des interprètes, et , de plus, qu'ils connussent l'exacte valeur des expressions qu'ils seraient chargés de traduire. On a choisi des jeunes Arabes , parlant la langue française , auxquels on a fait suivre des cours de toutes les sciences dont ils devaient. devenir les interprètes ; ils en ont appris suffisamment pour bien
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foislr là signification des termes qu'elles eniploienté Ils seraient incapables de professer, mais ils eH savent assez pour comprendre parfaitement le professeur ; ce sont eux qui transmettent en arabe, aux élères, l'enseignement qui est fait en français.
J'ai assisté à tous les cours , et j'ai pu juger par moi-même de la clarté qui règne dans les leçons des professeurs ainsi que de la bonté de leur mé« thode. Gomme la transmission était rapide et sank hésitation , j*ai dû croire qu'ils étaient bien com^ pris. Les questions que j'ai faites m'ont prouvé aussi , tout à la fois , la capacité des traducteurs et les connaissances des élèves.*
Clot-Bey s'est occupé d'une branche particulière de {a médecine , bien importante et d'un grand intérêt pour là population. Jusqu'à présent, les accouchements ont été abandonnés à la nature: nul secours humain ne lui est venu en aide. La dé* pendance dans laquelle sont les femmes, et leur position dans Tétat social, ont empêché qu'il ne se formât des accoucheuses. Le docteur Clôt a voulu suppléer à cette lacune : il a fait acheter des esclaves noires abyssiniennes , et il s'est chargé de les instruire lui-même. Une sage-femme française est renne l'aider dans cet enseignement. Il est à peine croyable quelle est l'intelligence qui s'est développée chez ces esclaves, et avec quelle f^icilité
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elles ont appris ce qu'on leur enseignait. Elles possèdent , non^seulement les connaissances que suppose l'état d'accoucheuse , mais elles ont des idées générales sur l'analomie , connaissent ce qui a rapport à la circulation du sang, etc., etc. Elles ont subi derant moi un examen fait par un médecin , qui n'eAt pas mieux demandé que de les trouver ignorantes , et elles s*en sont tirées à merYeille. Elles deyiendront capables de traiter les diverses maladies et d'exercer la médecine dans les harems. Elles sont, dit-on , pins instruites que toutes les sages-femmes de la Maternité à Paris , et , en deux ans « elles ont acquis non-seulement leur instruc^ tion médicale , mais encore la connaissance de l'arabe littéral , qu'elles écrivent avec correction et élégance.
Ces femmes ont une émulation prodigieuse. Sur les dix , quatre sont mortes par excès de travail ; il en reste six , et douze autres viennent de leur être adjointes. Les anciennes instruisent les nouvelles , et il en sera ainsi jusqu'à ce qu'on soit parvenu à en former un nombre qui corresponde aux besoins de l'Egypte. Deux jeunes eunuques du pacha gardent ces femmes et participent à leurs leçons.
C'est un immense bienfait que d'avoir trouvé le moyen de concilier ce que commande l'intérêt de l'humanité avec les mœurs de l'Orient et les usages de l'islamisme.
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Clot-Bey s'immortalisera par Fétablissement d*Abou-Zabel, doDt las succès ne peuvent que s'accroître. Il y a eu du génie à concevoir un aussj beau système, et il a fallu une grande force de volonté et beaucoup de persévérance pour l'amener ainsi à bien. M. Glot a trentè-six ans : il a devant lui une immense carrière , et il comptera, plus que tout autre , au nombre des r^énérateurs de FÉ*
Plus de quatre cents jeunes gens reçoivent une instruction gratuite , et sont entretenus aux frais du pacha , à Abou-Zabel ; déjà il en est sorti des officiers de santé pour tous les corps de l'armée et pour l'escadre. Chaque année, l'instruction devient plus forte ,^et les nouveaux élèves seront plus instruits que leurs devanciers. Une fois les services publics assurés , les médecins et chirurgiens dont on pourra disposer encore seront répartis dans les différentes provinces pour donner leurs soins à la population.
J'eus l'occasion, à Abou-Zabel , de remarquer et de constater un fait qui m'était inconnu ; c'est que les eunuques de race noire , quoique opérés en bas âge , ont la voix ordinaire aux bommes; il parait que , chez eux , cet organe se développe à Tâge de puberté, malgré l'opération qu'ils ont subie, tandis que, chez les blancs , il reste pendant toute la vie dans rétat oii il se trouvait dans l'enfance.
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§M ècùtt» ctntu,
A côté de rétabUstement d*Abûu-Zat>elest Vécùle ▼étérinaire, dirigée par H. Hammon, homme d'uQ talent distingué , qui sort de l'école d'Alfort. L'iù« atruction embrasse un eours complet d*hippia* trique, d*anatomie, de ferrement, etc., etc. On j enseigne aussi la langue française. Cette école doit former des élèves distingués; mais elle ra change de place et être transférée auprès du haras de Gboubra (1). Rien ne manquera plus aux études des
(I) Le harM de Cheabra» que M<faémel-AU Mt établir à 'peu de ditUnce du Caire , prêt de ta maifoo de dyaqpagiie du même nom, et des bois qui Venvironnent , sera, ainsi que Técole, sous la direction de M. Hammon. On assurait, en 1634, que , dans deux ans, il serait complètement organisé. La distribution dei bâtiments et leur ditition sont Mtes de fliâiiiète à Assurer le meilleur senriee. Dana vn Taite Mcleê, en ëlA? efa des monticules peur donner de Tagilité et de Vadresse aux poulains. Cinq cents juments poulinières seront placées dans cet établissement. D^autres semblables seront sans doute encore formés; alors, une précieuse ricbesse, qui a disparu, se retrouvera , et les beaux cbevaux qui , autreIbU , couvraient en grand nembre le sol de FÉgypte , r#iiiltf<»Bl* Ai^^tn^l'hui, tous ce rapport, tout est à créer.
D^à Méhémet^Ali a réuni des poulains à Cboobra, daaa un bâtiment prorisoire ; mais conduit avec la routine ancienne , cet établissement peut être à présent Tobjet d*une critique fondée; il en sera autrement quand M. Hammon en aura la direction abtolae, et que tout se pataera toui «et yeux. H éit eklràordittaire que Ton h'ait pat «upprittë ruaife peivieiMx d^attacber par les pieds les jeunes ebetaux è dea piqilet» ; U