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d'une coDstruclion arabe , se (roure dans un fort grand désordre : le bâtiment qui le renferme est en partie ruiné ; la colonne subsiste , mais il est difficile de se reconnaître au milieu du grand nombre de mesures confuses dont elle est couverte.
Le mékias de Roudah est le seul qui existe aujourd'hui en Egypte. Dans Tantiquité, indépendamment de celui de M emphis , il y en avait un à Cophtos et un autre à Syène. Les mékias étaient alors portatifs , on les plaçait à des époques déterminées de l'année dans des lieux choisis à cet efPel; ils étaient confiés aux prêtres de Sérapis, et déposés dans leurs temples. On les appelait des sérapis, ce qui a pu faire supposer que le dieu Sérapis était le Nil divinisé.
Les ehangements sncccssift sorrenus dans Télé* vation des eaux du fleuve, nécessaire pour qu'il y ait inondation; dans l'exhaussement du sol, et probablement aussi dans la hauteur du niveau de la mer, donnent lieu à des remarques intéressantes, et à réfléchir sur les causes et les effets de ces divers changements.
Neuf cents ans avant Hérodote , c'est-â-dire il y a trois mille ans, une élévation du Nil de huit coudées, ou douxe pieds, suffisait pour inonder TEgypte au-tlessous de Memphis* Aujourd'hui il faut qu'elle soit beaucoup plus forte et arrive au moins à viogt«et-un pieds. On doit inférer d'abord
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ia^cerfeU que rekhaussement de la phitne M plus g^rand que celui du fond du fleuve ; car, s'ils avaient été semblables , la bauteur d'eau n'aurait pas varié , de même qu'elle aurait dû diminuer si l'élévation du lit du fleuve avait été plus prompte que celle de k campagne. On conçoit au surplus que les choses ont dû se passer ainsi. Le courant du Nil , qui est assez rapide, tend à approfondir son lit 9 tandis que les eaux statlonnaires dans la cam-> pa^ne laissent des dépôts qui doivent exhausser le sol.
• Mais on devrait conclure de ce que le fleuve s'élève aujourd'hui plus qu'autrefois , dans le même lit, que la masse des eaux qu'il roule a augmenté, et il est incontestable, au contraire, qu'elle a diminué.
L'étendue des pays arrosés dans la Basse-Egypte était double de ce qu'elle est à présent. La base du Delta , au temps d'Hérodote, était calculée, depuis le lac Sirbonides, à l'est, jusqu'à Taposiris, ^ur le golfe de Plinthinète, à l'ouest : c'est dans ce lieu, appelé aujourd'hui Koum-àboussyr , qu'était le tombeau d'Osiris.
La hauteur du Delta est restée la même ; l'ancien et le nouveau commencent au lieu où la vallée s'élargit et les chaînes des montagnes se terminent. La surface du Delta actuel est inférieure à la moitié de l'ancien , et encore il faut diminuer du premier
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un einquième enriron , qui est enlevé à la colture par les Inyasions de la mer.
Tout le Delta ancien était arrosé et couvert par les eaux bienfaisantes du Nil. Au midi et à l'occident du lacMaréotis, et jusqu'au golfe dePlintbinète, était une suite de villes, dont on voit â chaque pas les débris. Cette partie de TÉgypte formait à elle seule une province connue sous le nom de Nome Maréotique. Maréa , sa capitale, était une ville florissante , située sur le boi*d du lac : ce qui en reste montre l'importance qu'elle devait avoir. On sait qu'au temps de l'empire romain , il existait dans le Nome un si grand nombre de moiues et de couvents , que l'empereur Valens en fit enlever cinq mille pour recruter son armée.
Des canaux amenaient l'eau du Nil dans toute cette partie : une population considérable réunie n'aurait pas pu sans cela subsister ni cultiver des campagnes que les historiens représentent comme très-riches et très-belles. D'un autre côté, a l'est, la culture s'étendait à une grande distance des bords de la branche pélusiaque , dont on ne voit plus que des vestiges. Maintenant tout cet espace est transformé en désert.
Sept embouchures amenaient les eaux du Nil â la mer, et elles ne cessaient de combattre avec succès son action, en éloignant constamment ses eaux du rivage , et en ajoutant au développement de
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celui-ci par le limon qu'elles déposaient. Enfin le superflu des eaux du Nil était conduit dans le lac Maréotis , dont elles augmentaient retendue d'une' manière sensible ; et en même temps dans le lac- Mœris, où elles restaient en dépôt pour être ren-dues plus tard.
Voilà quel était Tétat des choses anciennement : aujourd'hui, des sept embouchures, quatre ontdis-paru et n*ont pas laissé de traces. Deux seules ont habituellement de Feau : Tune aboutit à la mer , au-dessous de Rosette , et l'autre au-dessous de Damiette ; cette dernière se subdivise. L'on retrouve la branche Tannitique , nommée aujourd'hui Omflargy , dans le canal de Moueis : elle ne reçoit de l'eau douce que lorsque le Nil est élevé; dans les basses eaux, celles du lac Menzaléh , c'est-à-dire les eaux de la mer , l'envahissent, et pour s'en défendre il est nécessaire, chaque année , de construire une digue.
Ainsi le Nil, qui ne couvre , par les canaux qui distribuent ses eaux , que la moitié de la surface ancienne , ne peut tenir en équilibre les eaux de la mer que par deux seules embouchures ; la mer pénètre toujours, dans une des deux branches, à l'époque des basses eaux.
Du temps des mamelouks, la branche de Da-* miette était envahie par la mer; on imagina d'augmenter ses eaux en fermant le canal de Menouf,
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qni en absorbait une partie et Ie$ rendait ensuite â la branche de Rosette. Une digue fut construite, et PeSet désiré fut produit ; maïs au moment même , et depuis lors, chaque année les eaux salées rem» plissent, pendant plusieurs lieues, la branche de Rosette.
U parait donc incontestable que le Nil roule au^ jourdliui moins d'eau que dans Fantiquilé. Cependant les eaux , lors de l'inondation, montent plus haut qu^autrefois, et s'il n'en étaitpas ainsi TÉgypte serait frappée de stérilité.
Cet effet parait en contradiction ayéc la dtminu« tion des eaux du Nil ; la seule explication qui puisse concilier ces faits opposés, c'est que le niveau de de la mer s'est éle?é sur la c6te d'Egypte, de manière qu'elle repousse le Nil quand il est bas, et contribue â relever puissamment au moment de la crue, et favorise ainsi l'inondation*
Il est certain que la hauteur des eaux de Itf*mer influe d'une manière directe et décisive sur le débordement du Nil. Si les pluies qui tombent sous la ligne sont la principale cause de ce phénomène annuel, cette cause est secondée par l'action de la mer, que les vents d'ouest, en été, refoulent sur la côte. Un fait qui m'est personnel en donnera la preuve.
En 1798, je fus, ainsi que je Tai déji dit, chargé de garder les eaux du canal d'Alexandrie. I4es be-