‹ Voyage de m. le maréchal duc de Raguse, en Hongrie, en Transylvanie, dans la Russie méridionaleChapitre 11 sur 42 · SCIACCA · texte numérisé non relu

SCIACCA

Le 9 au matin nous partlines de Ribeira, et après trois heures de marcheà travers un pays moDtueox et presque eutièrement inculte , nous arrivâmes à Sciacca. La chaîne de montagnes à droite , constamment pelée, rappelle la basse Provence. Depuis Messine, tout est calcaire: Près de Sciacca il exisle des eaux thermales très-efficaces : une chapelle remplie de béquilles et à"^ ex-voto , atteste leurs e£Fets salutaires ; elles sortent de deux sources voisines l'une de l'autre, et cependant très-différentes : l'une est sulfureuse et a une température de cinquante-six degrés ; Ja seconde est saline et marque trente-deux degrés. Beaucoup de malades viennent

8ClACiG4. lit

Y chercher leur guérisoo. Ces bains, célèbres dans Tantiquité, avaieat donné leur nom à la ville : on la nommait Thermse Selinunti» ou Therroe Colo> nie». Dédale consacra, dit-on, ces eaux à l'usage du puUic.

La ville de Sciacca est assez vivante et renferfoe une population , pauvre et misérable , de dix-huit mille isau* fille fut fondée par Agathocles, vainqueur des Carthaginois. £n face de Sciacca, à une distance en mer de trente-trois milles environ, et à quarante-quatre du môle de Figente^ eut lieu, en 1831 , la formation momentanée et subite d'un nouveau volcan et d'une lie nouvelle. Sans parler du système de M. Élie de Beaumont , adopté gênéraleoaent par les géologues , sur la formation des montagnes par voie de soulèvement, le phénomène d'Iles sorties tout à coup du sein des eaux s'était reproduit plusieurs fois, mais jamais il n'avait été observé dans ses progrès* Pline rapporte que depuis les temps historiques , Délos , Rhodes , Anafe et Alone avaient été créées ainsi ; Théra etThérasie s'étaient placées d'elles-mêmes entre les Cyclades dans la quatrième année de la cent trente-cinquième olympiade. De son temps parut, près des lies Éoliennes , File Yulcana.

Dans les temps modernes, l'Ile de Saint-Michel, dans les Açores , reçut, par les éruptions de 1691 et 17âO , un tel accroissement, qu'elle acquit une

circonférence de six milles. L*ile Nuova, près Santorin, dans l'Archipel, date dé 1707; TtleNéra de 1767. Près de la c6te â*lslande, pendant Téroption du Scupia Jokul , un Ilot s'éleya en 178â , et en 1811 la Sabine paru^dans les Açores. Je pris 3t mon passage à Sciacca des renseignements sur le phénomène de 1851 , et je consignerai ici un abrégé des documents qui me forent communiqués sur la marche et les circonstances de cet érénement.

Le 28 juin 1851 , à cinq heures après midi , on éprouva à Sciacca un violent tremblement de terre qui fut ressenti également par deux bâtiments anglais naviguant dans le voisinage. Les jours sui* vants , il y eut encore plusieurs secousses et trois entre autres le 2 juillet , qu*elles cessèrent tout a fait. Ce jour-là , des pécheurs de Sciacca, qui jetaient leurs filets près du rocher sous marin appelé la Secca del Corallo remarquèrent à peu de distance un mouvement extraordinaire dans les eaux de la mer ; ils le crurent produit par des poissons d'une grandeur extraordinaire. Deux jours après , d'autres pécheurs virent au même endroit un bouiU lonnement semblable et une grande quantité de petits poissons morts ; une forte odeur de soufre se faisait sentir dans un rayon assez étendu , et l'eau de la mer était troublée et boueuse.

Le 8 juillet, le capitaine d'un brick sicilien aper«

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çot, toujours à la même place , de la fumée qui sortait de la mer.

Le 10 , un capitaine napolitain observa il la distance de Tingt milles du Cap Saint-Marc , près de Sciacea, une masse d'eau, mélaagée de fUmée, s'é* levant sur la surface- de la mer k soixante brasses de haut, dans une circonférence de presque deux cents pas ; la fumée répandait une forte odeur de soufi'e, et on entendit souvent gronder le tonnerre. Le jour d'avant, il avait vu dans le golfe des Trois* Fontaines au-dessus de Sciacca , une grandequantité de poissons morts et des scories noires, légères comme des pierres ponces, flottant sur l'eau ou rejetées sur la plage»

Le 12, la fumée continuait h sortir, et le 13, elle ^ se dirigeait en trois colonnes distinctes , mais non accompagnées de fèu. Le . même Jour , à Sciacca , on sentit une forte odeur de soufre et on aperçut pour la première fois la colonne de fumée : l'émanation du gaz acide sulfurique était si intense que les objets d'argent exposés à l'air libre devenaient noirs. On ne remarque dans les eaux des bains dits de Saint-Calogero, auprès de Sciacca , aucune varklion sensible.

Le 14, la colonne de fumée se montra plus grande et sous la forme d'un arbre de pin ; la nuit on commença à voir au milieu de la fumée de fréquents éclairs et des zigzags lumineux. Il en fut de 5 10

H 4 TOTAOt EN SICILE,

iftème tes ^Mi^ées «u^ràIltes , et de plus te tonnerre se fil entendre presque continuellement.

Le IC, on Rapprocha à tient pas du'Ueu dû phénomène, et on observa un botitllonneiâént dans fô mer et «tie éruption dé scories ardentes poussées h ime grande hauteur avec un bruit sourd et une fbrte odétirr de souffre, et péndaut 1^ ntiit des lignes de 4^a semblables à celles que trace la foudre quand elle déchire les nues.

Le 17 , on vît non-seUlement h fumée , mais les premiîfres ekploslon^ volcaniques s^étabtirent.

Le 18, le capitaine Swinburfte, commandât)! )e bâtiment anglais le Rapide y envoyé par levîècamiral Hotham pour observer le phénomène , vit une grande colèniie de fumée noire bu milieu de laqueUeon apercevait par moments, de la flamiiie. Dans ia nuit les éruptions accompagnées d'-éélâirs continuèrent avec des irruptions în^égiflièrés tontes les demi-heures. A l'aube du jour, la fùtnéè ayantdisparu, le capitaineSwinburne découvrittmè petite Ile, élevée depeu de pieds au-^essùsde'lawr et que tout de suite de noutelles éruptions arro- «aient. Le volcan était dans nnegrahde activité; Texplosion du matin avait été accompagnée d'un graoâ iniiit et la mer rendue trouble par une^grabde quantité de cendre et de petftes seoiiës légères^jii*qu^ une distancé de deux mill«!s. A un imlle'ife Itle, au lïord, la sonde trouva le f<md A centtreBie

pas ; <jl^ ç6i^ ^u, c^ychap.!, ou ivç Iç rencoxUra foiut, excepté a yn seul endroit , foirt près de l'ile , p^ If iprofôodeur etd.it de dix-huit pas. Le çi^atèj;^! ^^ formé de cendres mouillées et mêlées avec des^scçr ries brunes;; au dedans dij^ cratère^ on voyait dans Tintervalle des explosions, du ç6té N. Q^, uo^ quantité d'eau boueuse qui se déyersait dams 1^ mer et salissait ses eaux , dont la ^çccipçi^ature i)i*ér tait augmentée que d'un seul degré. Vile yarai^ait avoir deux cent dix à deux cent quarantç. bff^Sjief de diamètre extérieur et trçj^te 4a,9,s t^ f^li^s, fraude hauteur , qui Recroissait jusqu'^ dij(. Lç Ç2^itaji;i;i^ Swinburne fixa sa iatitudê|i trçnte-siept degrés di^ minutes environ et sa longit^(ie à douzç d^girés quarante et une minutes £. du méri^^ei^ dç Londres.

Le 22 , File fut observée par un autre capitaine anglais dont les observations diffèrent très-peu dç eelles-ci, excepté sur la circonférence de Tile, qu'il fait de trois quarts de mille , et de la plus graqde hauteur au N.-O. qu'il porte à quatre-vingt pie4s. Alors l'ouverture du cratère était au S.-B.

Le 24, le professeur Holfinan, de Hall, remarqua que rtle était fermée seulement de scories e^ de eendres , et qu*on ne voyait de la lave nulle part. Le vent et la fumée ne lui permirent pas de faire le tour. 11 s'arrêta du c^té de l'ouest et en fit différents dessins; mais il dit qu'il était impossible de pein-

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dre ni par le crayon ni par la plume la majesté et la beauté des éruptions. Il eut le spectacle d*une éruption qui dura huit minutes et qui, après s*ètre élerée à une hauteur de six cents pieds , fut suîTÎe par une vapeur blanche comme la neige tournoyant dans les airs; les éruptions ne faisaient aucunbruit. M. Hoffmann ne vit pas de feu, même pendant b nuit , et les scories ne lui parurent pas ardentes; mais il obserra plusieurs fois des détonations d*électriçité.

Le capitaine anglais Senhouse prétend aroir dé* barque dans Pile le 2 août et avoir trouvé le terrain solide : il l'appela une lie permanente, y planta un pavillon anglais et voulut lui donner le nom de Graham.

l Le 7 du même mois, un autre Anglais visita le volcan et le trouva en action continuelle et versant . ses matières du c6té de l'E. Lui aussi avait apporté un drapeau pour l'arborer sur l'ile , mais la fureur du volcan l'empêcha d'aborder, et il ne s'en approcha qu'à un mille.

Le 10, le docteur Charles Gemmellaro , de Ga* tane, partit de Sciacca et se dirigea vers la Secca del Corallo, éloignée de trente cinq milles de Sciacca. Quoiqu'il prêtât une grande attention, il n'entendit dans la nuit aucun bruit, excepté quel* ques éclats d'électricité, et le père Palio, son cooh pagnon , lui ayant dit que dans les autres nuits on

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entendait à Sciacca même le mug^issement du volcan , il lui fit observer que le bruit du tonnerre pouvait être pris à cette distance pour celui du volcan. Le vent était O.-N.tO.; à dix milles du Volcan, il remarqua un bouillonnement et un mouvement dans les eaux de la mer accompagnés d'une odeur de soufre : il supposa qu'ils pouvaient provenir d'un petite issue du f6yer volcanique; mais en dépassant ce point, la mer était tranquille , et il poursuivit le voyage.

A l'aube du jour, <}uand il fut à un mille de l'ile, les grandes explosions du volcan commencèrent. Un rocber calcaire sous-marin se trouve, dit-il, étendu circulairement entre Girgenti et Sciacca , depuis Mazzara jusqu'au Cap-Blanc : différentes pointes de ce rocher, qui se trouvent à la profondeur de trente h vingt-quatre et même de douze pas , ont été nommées Secca del Corallo, Secca di Terra, Secca di Ponente, Secca di Gapo-Bianco, etc. A côté du rocher, la mer est profonde, et c'est comme une chaîne de montagnes sous-marines; c'est sur une de ces sommités , la Secca del Corallo, que le nouveau volcan s*est ouvert. Ce jour l'He avait une figure presque circulaire, excepté du côté du N.-O. , où un bras se prolongeait vers le S.lâ.-O. en faisant un léger arc de cercle avec le reste de l'île. Peut-élre était-ce le premier cratère observé par les Anglais ; m9i8 alors il était devenu

lis wrAfiB 1

«B pdît pranoatoire de tcories et d^ eendrcf «aunécs. La partie h plus bante de TUe élait du cACé de FE., et la plus basse do eôté du S«; mais aa noid, le cratère n'était fienné à la surlace de la mer qne par de faibles amas, inierroiiipiisde cendres et de scories ooiresjy qui s'âevaient sur b mer comme autant dllots. Les matières composait I*iic provenaient d'un rocher tradûtiiiue, et la mer les a transportées jusqu'en Sicile , comme on l'observa depuis Sciacca jusqu'à Terra-Nuofa. Sa plus Çrande hauteur parut au docteur GeqinieUaro de cent dix brasses (il l'i^Merrait à la distance d'une portée de fnsU) et son diamètre de rjS. h l'O. neuf cents brasses. Les sondes à la même distance on) donné à PO. vingt-troîs pas de profondeur ; an N.-O. cinquante , sable et cendre volcanique; an N.-N.-O. quatre-vingt-dix , cendre volcanique; au N., on ne trouvait |dus le fbnd« La température de la mer était dans tous les points la même (soixantesii degrés Far.).

La fi^re de l'Ile et sa formation variaient suivant la quantité des matières tombées et la direotioi» du vent. Il observa que les éruptions se succédaient toutes les deux ou trois minutes. On voyait du c6té duN. se soulever, dans l'intérieur du cratère, une grande masse d'eau trouble et bouillonnante poussée par une grande force à sortir do cratère, qui la vomissait dans la mer. Cette ascen-

^m d« ^ea^ daqs le cratère était accomps^giié^ df$ pe bruit que les vagif es ^^ la mer fqqt lorsqu'elles * rencpn^rept les rochers ; apr^$ venaient des jets d^ yapeur chargés de cepdpes, de scqries, dç sable qui, sortant tous ensemble, portaient à leur sommité dejf scories firdentes ^ une (elle li^uteur qu*elles employaient qi^inze secondes dans leur chute ^ le jour, ces scories paraissaient noires et (aiss^i^qt é^ej^fièj^p elles uqe Yap.eur blanche.

Le cefitre de re]|^plp$j|[^n ptait en feu^ les scories, retQpibaQl sur le critère, f ei^s.emblf iept d^ns i'ob* scurité .aMj étincelles que p^p^uiseiit hp feux fi'artifice. Lpfsquç les priemiers glo()p$ de vapiei^r 9*élc^ valent et que les suivants les approchaient ^ alors avait Iiei| une violent^ décharge élec(riqi|e, suivife par le coup de tonnerr.e qu'on a d'abord confbadq avec le bruit du volcan. M. Qemfnemro oj)seirva giie si les éruptions avaient toujours été aussi ylyjes que celles dont il avait jeté le témoin dç fprt prë$ pendant dou^e heures, et p^ndanl quatre jours de plus loin, personne n'aurait pu apprpche^ davantage ()u cratère. A son retour ilen fit l'explication scientifique, et il donna à la nouvelle lie le noq; d'île de Ferdinand II.

Le âO août elle fut visitjée encpre. L'éruption avait cessé, et on voyait dans le cratère de l'eau bouillante d'où sortait de la fumée fortement imprégnée de l'odeur de soufre. Le cratère s'élevait

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au centre h deux cents pieds de hauteur, et dans la ' partie la plus basse à trente pieds au-dessus de la surface de la mer. On pouvait débarquer aisément sur riledu côté du S.-O. La fumée sortait de la mer aux alentours.

Le 24 on trouva deux cratères déjà éteints, l'un beaucoup plus grand que l'autre, et qui formaient deux lacs contenant, le premier de l'eau jaune sulfureuse et le second de l'eau jaune rosacée. Les eaux sortaient en ébullition ; ses bouillons s'élevaient à la hauteur de quatre brasses et donnaient linefumée légère. Du côté de Sciacca il y avait une fente dans la montagne d'où la vapeur sortait sous la forme d'une colonne , et il semblait que là seulement le volcan n'était pas encore éteint.

En quittant Sciacca, nous continuâmes notre route pour Gastelvetrano, distant de vingt-quatre milles. On marche d'abord sur la plage et près do bord de la mer ; ensuite, prenant dans l'intérieur des terres, on traverse quelquefois des terrains incultes, mais plus souvent des plaines riches et fertiles, qui alors étaient couvertes de moissons superbes. La vallée de Madiani est surtout magnifique. La rivière étant encaissée, on la passe sur un pont : c'était la première fois que chose pareille nous arrivait depuis notre entrée en Sicile.

' Nooft nous détournâmes de la route pour aller visiter les ruines deSélinonte. Bouleversées de f6nd en comble, on dirait qu'elles ont dû leur destruction à la rage des hommes. Trois temples d*ordre dorique; parallèles entre eux et en Yue de la mer, étaient placés les uns au-devant des autres. Le premier est le plus petit. Le second, celui du milieu, avait quatorze colonnes cannelées du diamètre de quatre pieds et demi; sa façade avait cent quatre-vingts pieds, et sa profondeur étaitde quatre-vingts. La façade du grand temple, placé le plus en arrière, était de trois cents pieds, et sa profondeur de cent soixante. On y voit des colonnes sans ornements du diamètre de huit pieds et demi, d'un pied et demi de moins que les grandes co-

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lonnes de la salle Hypostyle du palais de Karnack à Thèbes.

Une colonie de Mégare, partie de TAttique sous la conduite de Pammilus, arriva en Sicile et s'arrêta près de l'embouchure du fleuve Selinus (aujour^ d'hui Madiani). Séduite par sa position avantageuse pour le commerce et le voisinage de l-Âfrique, elle y bâtit une ville dans la cinquantième olympiade (cinq cent soixante-seize ans avant Jésus-Christ), et l'appela Sélinonte, du nom du fleuve ; cette ville prospéra rapidement et devint Tune des plus riches de la Sicile. La stagnation des eaux rendait son séjour malsain. Empédocle d'Agrigente, réfugié à Séilinonte , l'ayant 9»mmè en e]^éçu(99l des Uavavx pour faciliter l'^icQulemeott les haUM^ reconoaisiiapti^ décrétèrent de» honneurs ^^'vo$ ppurliii»

La magnificence des ruines de Sélinonte, |« trésor eqvoyé par cette vide à Qlympie, ov en|re autre# chofes précieuses, au dire ^ P^^isapias, U M trouvait une wperbe statue de Bacchus, dopita tète, les mains et lea pieds étaient d'ivoir^^ et nm admirable statue de Jupiter, élevée dm^ VA^ff^i^ Sélinonte, prouvent suffisamment l'état d«i oette ville autrefois.

Lors de la guerre des Carthaginois dans b soixante-quinzième olympiade , les habitants de Sélinonte furent les seu}s Grecs de Sicile qqi m

décla'rèr«»it pour «Oi contre Géloti. Après la baltfflle d^Hymère, où les Garthagidois furent défaits, les SélîiMotatas donnèrent reftige à GièeoB , 4Hs d'A-^ HHloar, lMiilri)d6€arthagepoiir ^eir été battti.

Les Sélinontains secoururent Syracuse dans hi aèisante^dix-lKiMèvEie otytiapiade et déliYtèrem cène tîne dv lyran Trasybule, isuccesseirr dWéfon sott frère, dont il ne possédait pas les ▼erCns.

Dans la qniitre-tiAgt-ti^i^lème olympiade, alfa- ^Héepar les dartbagitiofs, comniandés par Annibal, fils de Giscon, elle Ait pnse ^après neuf jours de siège, «aecagéè et rasée ; seiee mille desesliabltants périrent par le feu, six cents furent rédulls en esclavage et deux mille six cents se sauvèrent à Agri"» gente. Tel fut le prix de l'hospitalité donnée au père du vainqueur. Quelques années plus tard, ceux qui avaient échappé au désastre de leur patrie vinrent s*établir au milieu de ses ruines, sous le commandement d'Hermocrate, exilé de Syracuse. Il se fortifia dans une partie de la ville et fit des courses contre les Carthaginois, ce qui le rendit populaire en Sicile.

Sélinonte exista encore pendant un siècle et demi, mais dans une situation modeste et alternativement soumise aux Carthaginois et à leurs ennemis, jusqu'au moment où les premiers, obligés^ l'an quatre de la cent yingjt-deuxième olympiade, de

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concentrer leurs forces à Lilibœam (Harsalla), j transportèrent les habitants de Sélinonte etdétroisirent de nouveau cette Tille. Elle avait donné naissance â Teleste, un des plus grands poètes de la Grèce.

Sélinonte offk« une particularité singulière pour Thistoires des beaux-arts : fondée dans la cinquantième olympiade, détruite dans la quatre-Yiogtdottzième, son commencement corresponde Tépoque où les arts étaient dans leur enfonce et tels que les Grecs les ayaient reçus des Égyptiens, et sa fin â Fépoque de Phidias. Ainsi Sélinonte renfermait des otgets correspondant au commencement, aux progrès successifii et à la perfection dei beaux-arts.

En continuant i suivre la côte nous aurions visité Marsalla (rancienne Lilibœum), aujourd'hui célèbre k cause des vins admirables que produit son territoire, autrefois place d'armes des Carthaginois dans leurs guerres en Sicile ; mais aucun vestige ne lui donne un caractère particulier. Plus loin, nous aurions vu Trapani (l'andenne Drepanum), 0Ù9 dit on, Énée avec ses Troyens débarqua quand il fuyait sa patrie réduite en cendres. La tradition veut que son père Anchise y soit mort et que ses restes y aient reçu la sépulture, mais aucun monument ne l'indique, et l'intérêt de ce lieu, sous le rapport de l'antiquité, ne consiste que dans des souvenirs fugitifs d'événements incertains dont aucune circonstance ne démontre la réalité. Nous 5 11

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abrégeâmes notre chemin en prenant la route directe de Ségeste et de Païenne, et nous allâmes coucher à Gastel-Yetrano.

Pendant notre Toyage la moisson se faisait partout en Sicile; mais, chose singulière, elle venait de se terminer à Messine à notre arrivée , et elle commençait à peine alors dans le sud de File : il y arait près de quinze jours de différence, et il aurait semblé que la différence des époques aurait dû être en sens inverse, car la hauteur est la même et Texposition plus favorable. Sans doute un sol plus léger dans Test est cause de ce phénomène apparent.

Le» liwratft 4è ta moisson ai SieHe présentent «n tpMmAe inirient,Cèst le pYtts souvent en chan- MM^qoe les moissonMorsaceomplissent leur tâche; leormoslqne «st monotone «t rappelle celle des Arabe» , «t , comme cbet les Arabes , cette mélodie oadeneée «joute krénergie de leurs facultés. Beaucoup de rapports rapprochent les deux peuples : la firononei&lion des Siciliens est gutturale comro^ «elle dite Arabes , même pour les mots italiens cft indépmiÈmmmtêts 'jnois arabes introduite dans iMir Uiaigvge;ies dMtes popiiflaires connue sous leiiMi4e tantntelle, parla musique qui les règle, M igttves qui les eenstituent et Pusage de faire 4uiMMr>enatiîdde des individus du même sexe rap- «pelknt UMBplAemmt M danses des aimées tft

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