‹ Voyage de m. le maréchal duc de Raguse, en Hongrie, en Transylvanie, dans la Russie méridionaleChapitre 12 sur 42 · MAR8ALIA · texte numérisé non relu

MAR8ALIA

Egypte, sauf quelques gestes indécents et lascil^ que celles-ci se permettent; en voyant ces danses, on se croit presque transporté en Afrique, on recoDDait le Yoisinage de ce pays.

Nous partîmes de Gastel-Yetrano le 10 au matin pour Gatalafimi. Jusqu'à Salemi, le pays est triste et désert: c'est une plaine sans culture, mais susceptible de devenir fertile , car tout peut produire en Sicile, le travail seul y fait faute.

Salemi, ainsi que toutes les petites villes, de ce pays, a ses maisons groupées sous un pic occupé par un vieux fort : on dirait des nids d'aigles. Le* versant du nord, riche et bien cultivé, offre un parfait contraste ; ou $uit pead«|it l9ligtemps une vallée charmante arrosée par UQ<î joUç rivière dont les bords sont dtine fraîcheur extr^imei^ Arrivés à Gatalafimi, nous nous empre$94mw d'aller voir les ruines d'Égeste, ville de la plu$ haute antiquité et située à peu de distaucQ.

Une illustre Troyenae, bannie de Troie aree son père et ses frères pour a?olr encouru la haine du roi Laomédon, se retira en Sicile. Suivie par un Jeune Troyen qui par amour se fit comprendre dana sa proscription, elle donna le jour à Égestus* Iiors du siège de Troie, Égestus, autorisé parle roi Priam, accourt pour défendre la patrie de ses parents. Après la chute d'Ilion, reyenn en Sicile, Egestus, associé i un prince illustre, Élym, reçoit des Sicules des terres sur la rivière Grimisus. Us bâtis* sent ensemble les villes d'Égeste et d'Élyme. Épée les y rencontre et s'y arrête avant de se rendre en Italie. Le gouvernement républicain prospère à Égeste et rend cette ville puissante *

Dans la cinquantième olympiade ( cinq cent

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soixante et seize ans ayant Jésus-Christ), les Égestains remportent une yictoire signalée sur les Sélinontains et leurs alliés. Dans la soixante-septième (cinq cent huit ans ayant Jésus-Christ), les Égestains et les Phéniciens sont vainqueurs et Doricus, fils d'Anexandricle roi de Sparte, qui, ne voulant pas vivre sous le pouvoir de son frère utérin Cléomène, était venu en Sicile revendiquer l'héritage des Héraclides. Cette victoire fut le prétexte de la guerre que leur fit Gélon dans la soixante et treizième olympiade (quatre cent quatre-vingt-quatre ans avant Jésus-Christ). Souvent en hostilité avec les habitants de Sélinonte a cause de la difFéreoce de leur origine et de la proximité de leur territoire., ils sont défaits, cherchent inutilement des alliés en Sicile et sont réduits à en demander h l'Afrique. Secourus aussi è prix d'argent par les Athéniens, et, après la calastrohe de ceux-H^i, en guerre avec toute la Sicile, sur laquelle ils avaient appelé tant de maux , ils se jettent dans les bras des Carthaginois.

Égeste, dévastée, presquedétruitepar Agathocles et repeuplée par lui , retourne aux Carthaginois , puis se donne à Pyrrhus. Reprise par les Carthagi- Bois, qui lui enlevèrent le reste de ses richesses , et entre autres choses précieuses une statue de Diane renommée ,ellese donne enfin , dans la cent vlngt^neuvième olympiade, aux Romains , sous le

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consulat de M, Ataclllag et M* Yalérius, et lear reste fidèle» Son origine troyeane la lait distinguer par les Romains* Admise A la condition des Latins, elle reçoit de grands privili^es , de grandes immanités. D'après Paul ^ diacre, les Sarrasins la détruisirent I et on doit le croire ; car les Normands n'en faisant pas mention, il est prolMble qu^elle n'existait plus à l'époque de leur conquête.

Le temple de Ségeste, monument unique, en<core dans son entier, n'a subi aucune dégradatl<m« Trenle-sis colonnes d'ordre dorique, dont les grands c6tés prenncntchacunqaator;» pieds, en font le dé?eloppement; ks colonnes #nt six pieés trois ponces de diamètre , le vide est égal au pMn ; ainsi le temi^ a cent soixante-neuf pieds de Iobgnenr et soixante-neuf de largeur. Aucune aulM construction n'existe dans l'intérieur et nulle indication ne donne à penser qu'il en ait existé jamais» On en doit inférer que ce temple n'a jamais été achevé , et une circonstance semble d'ailleurs en apporter la preuve. A la base des colonnes su^ siste encore une saillie d<mt l'objet ne pouvait ^tre que de servir de point d'appui et d'attache aux cordes eB^>loyées à élever les pierres, et ces sail* lies eussent été sans doute détruites une fois l'édifice terminé.

On montre une ouverture pratiquée dans une colonne et l'on suppose qu'elle était destinée à re-

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ceyoir la corde avec laquelle on liait les yictimes. Ce temple était dédié à Gérés, déesse révérée particulièrement dans ce canton tout agricole et divinité spéciale de la Sicile , qui n'a pas encore perdu sa considération et son empire sous le christianisme et dans le temps présent, ainsi que je le dirai bientôt.

La ville, d'une étendue assez peu considérable , était placée sur la hauteur voisine* Toutes les villes dans l'antiquité étaient sans exception bâties sur des hauteurs : le premier motif de l'agglomération des habitations ayant été de pourvoir à leur sûreté et d'assurer leur défense , il devait en être ainsi. On y voit un théâtre nouvellement mis à découyert : sa conservation est parfaite, et tout s'y trouve, la scène exceptée ; sa dimension , fort petite , montre qu'il ne pouvait contenir que deux mille cinq cents spectateurs.

Après cette course de Ségeste , nous retournâmes Il CaCalafimi , distant d'une lieue où de bonnes toitures qu'on nous avait envoyées de Pïlerme nous attendaient. En huit heures de mardie nous arrivâmes dans cette ville , en traversant un pays charmant et suivant une vallée couverte de culture et de plantations. La- route constamment bonne, un pays orné et de nombreuses habitations dénotent sa civilisation et sa richesse.

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