PALERME
Palerme, située aa milieu d*un large bassin, « tous les caractères d*une belle capitale. La plaine qui reoTiroDue est fertile et bien cultifée : le flanc des montagnes est couvert d'une riche v^étation, mais leur sommet est aride et laisse les rochers i nu. De nombreuses maisons de campagne et des villages florissants sont à de petites distances et an* noncentla ville : c*est le propre d'une capitale, car née des besoins de la société, elle date ordinairement de plusieurs siècles, tandis qu'une rési* dence, comme il en existe en Europe , bâtie par la ▼olonté d'un homme, par des motifli de convenance particulière , quelque belle qu'elle soit , quel-
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que régularité que l'on remarque dans le plan suivi, est ordinairement isolée et porte ainsr le ca* ehet de son origine.
La fondation de Palerme remonte aux Phéniciens. Au moment où les Grecs affluèi*ent en Sicile, les Phéniciens , répandus sur les côtes, se concentrèrent sur trois points, à Motye (Ile de Saint- Pantaléon) , à Solols (sur le mont Estaffano) , â Panormus (Palerme). Cette dernière yille, précieuse pour leur commerce à cause de la sûreté de son port et de sa position en face de l'Italie, acquit entre leur mains une grande importance.
Les Carthaginois rassemblèrent près de deux cent mille hommes , et s'en étant emparés ,elle devint un de leurs points d'appui dans leurs guerres de Sicile. Amilcar, après y avoir conduit une grande flotte et une nombreuse armée, en sortit pour assiéger Hymère; mais défait par Gélon, Tenu de Syracuse au secours de cette yille , la paix futfoite, et un de ses articles imposa aux Carthaginois l'obligation d'élever un temple à Panormus pour perpétuer la mémoire de ce traité qui leur' interdisait à l'avenir les sacrifices humains.
Ces événements se passaient au moment même où Thémistocle battait les Perses à Salamine.
Dans la guerre contre Denis, c'est de Palerme ^le les Carthaginois partirent pour aller le combattre. Pendant la première guerre punique , les
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coonh Aiilv» Altieos cl Ctfos Sslpienis tenttrail ▼«Dément de s*en emparer , et après cet ériiec, les Romains, imitant Agathocles, portèrent sens le jcdmmsndement de Réçolus la guerre en Afriqse. On sait quels fiirent les désastres de cette expédition et la grandeur d'âne qat ee eonsol ent occasion de défier. Plus tard, sons les consulsAnivs Atticus et Calus Cornélius , Panormns toaubs entre les maîns des Romains : elle était alors divisée en deux parties 9 Paléopolis et Néap<^is, et cclleHX ayant été prise de TiYe force, Tautre capitale et se rendit à des conditions déterminées.
Asdmbal, général des Cartkagînois, instruit du départ du consul Manlius pour l'Italie avec une partie de l'armée romaine, marcha sur Panormus dans l'espérance de s'en emparer; mais le eonsid Métellus, Tayaut laissé s'aTancer Jusque sous les murs de la ville, l'attaqua, détruisit son armée, tua vingt mille Carthaginois et prit soixante éléphants qui furent envoyés h Rome, où ils ornèrent le triomphe du consul : c'étaient les premiers que Toyaient les Romains*
Dans le moyen âge, Palerme devint le séjour fovori et habituel des rois de 8icile de la dynastie normande.
En entrant à Palerme , on est frappé de la beauté des édifices. Ville étendue et peuplée, elle conserve le caractère de sa grandeur passée. Une aristocra*
tie, aufreiftto riche et puissante , j poesède encore lie magnifiques {udais ; mais à quelques exceptions lires, n'étant 41I0S en report avec les fmrtunes actuetttt, diminuées d'une manière irrémédiable par diTenes ^uses , ces aplendides demeures sont désertes ai^onrd'hm. Un mouTementintérienr donne «ependant à Palerme l'apparence de la vie et d'une sorte de proqiérité concentrées uniquement dans ks quatre villes principales où sont réunis l'industrie et le commerce de toute l'Ile.
Quo^inevaste, la Tille est trte-lacile à connaître. Birisée en quatre grandes parties par deux rues placées en croix et qui se coupent à angle droit, en quelques heures un étranger pent la parcourir seul sans craindre de s'égarer.
La nie ^principale, appelée le Gorso, est en même temps la rue marchande et celle du plaisir, car, ainsi que son nom l'indique, elle est consacrée aux promenades en voiture.; c'est également la rue des monuments publics, car elle aboutit au palais du roi, à l'arcbevèché, à la cathédrale. £Ile réunit aussi un grand nombre de couvents de religieuses que n'entourent ni le silence ni le recueiUemimt.
€es eottvents sont certainement les seuls de leur genre : placés au troisième ou quatrième étages des maisons ordinaires, les religieuses passent les jours ^ppendues aux fenêtres grillées de leurs apparte-
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menu à repattre loirs yenx du speetacle d*oiie TÎe à laquelle elles ont renoncé et promis de rester étrangères* Je doute que leur bonlieur y trouve son compte. Les arant^es du doltre sont dans le repos, le calme de l'esprit et la paii do eomr :ici tout est agitation, tout est mouvement, et sans doutetontest impuissants désirs. On entre danscei couvents par un escalier pratiqué dans une tour, et quand le nombre des religieuses oblige à éteodre le local qu'elles habitent , les étages sopérieun des maisons contigues sont mis en conunnnicatîon avec ceux de la première au moyen d^ooe autre tour , avec son escalier , et d'un souterrain qui les unit. Quatre vingts établissements semblables renfermant deux mille quatre cents religieuseï sont répandus dans les rues les plus Tivantes et les plus passantes.
Arrivés au moment des fêtes de sainte Rosalie, cérémonie religieuse renommée dans toute lltalie et qui est accompagnée de grandes réjouissancei, nous trouvâmes toute la bonne compagnie de la Sicile rassemblée, fort civilisée et tr^serviable, les Jeunes femmes aussi gracieuses que belles. Nous devions donc faire à Palerme un séjour agréable et capable de laisser dans l'esprit de doux souvenirs.
Les autorités, là comme partout, nous comWrent de soins et d'yards , et dès la veille de notre
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arrivée, le lieutenant du roi, M. le prince de Gampo- Franco, était venu me chercher au logement qui m*était préparé. Un très-aimable Napolitain , le duc de Gasserano , venu à Palerme pour ses afiPaires et son plaisir, avait bien voulu se charger de ton» les arrangements de notre séjour; enfin un des ministres du roi, le prince de Cassaro , que je connaissais déjà , voulut bien nous introduire dans sa nombreuse famille, qui fait Fornement et les délices de Palerme , et tout se disposa pour nous faire goûter amplement les plaisirs que nous nous étions promis : ils se composèrent de la visite des choses remarquables que renferment la ville et le pays , du spectacle des fêtes de sainte Rosalie, qui sont si bizarres et si extraordinaires , et des charmes d'une société polie et spirituelle. Il y avait temps pour tout. Les fêtes de sainte Rosalie durent six jours et ne commencent jamais qu'à six heures du soir à cause de la grande chaleur : les matinées pouvaient être employées aux courses de curiosité, et pour la société, on sait que dans les climats brûlants les nuits seulement y sont consacrées.
La prooeâsion de sainte ]io6alie date de cent quatre-vingts ans. Une peste horrible désolait ila Sicile : on découvrit les restes de sainte&Q^alie dans le Wonte^PeUegrino, et le fléau ayant cassé, on attribua la fin des maux publics aux mérites de la sainte et à sa puissante intenrention. Une fête solennelle fut instituée en son honneur pour perpétuer le souvenir du service qu'elle avait rendu : oa y mît un grand édat; la fêle devint extrêmement populaire et fut tout à la fois religieuse et nationale.
Le 11 , premier jour de la fêle , espèce de répétition de la cérémonie du lendemain, un char, construit d'avance et portant un immense échafaudage, décoré avec beaucoup de luxe et haut de
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«oiisMe fkd$ va moins , est eondtth en plein jour de rextrémité du Corso voisine de la marine à rextrémité opposée* De nombreux personnages allégoriques sont plaeés à différentes hauteurs sur l'appareil porté par k char. Au-deyant, k la partie inférieure^ est un homme assis, la eouronne en tète , ayant un aigle à son côté; il représente la yille de Palerme « tandis qu'une femme debout , une' couronne d'épis sur le front, figure Cérès. Ou y voit encore de» anges et des chérubins, et au sommet sainte Rosalie , Théroïne de la fête. La religion est ainsi mêlée et confondue avec les souvc£nirs du paganisme. Vingt paires de bœufs traînent lentement cet appareil ^ qui arrive après une heure de marche en face de l'archevêché*
La nuit venue, une brillante illumination éclaire toute la ville et en particulier le jardin public, rempli de transparents tous à Thonneur de la sainte. Ce jour-là les réjouissances se terminèrent par un feu d'artifice tiré sur le bord de la mer, en face du palais Buttera , appartenant au prince de Scordia , préteur , magistrat municipal et chef de la ville. Des transparents placés en arrière du feu représentaient l'histoire de sainte Rosalie : d'un cèté c'étaient la peste et tousses ravages» de l'autre la découverte des restes de la sainte et son triomphe. Le feu toiyours vif et soutenu dura une demiheure , et des fusées et diverses pièces d'artifice