‹ Voyage de m. le maréchal duc de Raguse, en Hongrie, en Transylvanie, dans la Russie méridionaleChapitre 3 sur 42 · ESSAI HISTORIQUE · texte numérisé non relu

ESSAI HISTORIQUE

descendant d'une tribu de TÂrabie Pétrée qui leur donna son nom, les Saracènes, existant encore au* jourd'hui) profitèrent des troubles qui déchiraient la Sicile pour la mettre à contribution. Une flotte équipée par Moavie, calife de Damas, les apporta pour la première fois en 619 dans cette ile dont ils devaient un jpur être les possesseurs.

£uphème, Tun des plus grands seigneurs de la Sicile et commandant un corps de troupes considérable, devient éperdument amoureux d'une religieuse et l'enlève : Tempereur Michel ordonne la mutilation et la mort du coupable. Appuyé de ses soldats, Euphème se révolte , il se fait proclamer empereur, appelle U son secours les Sarrasins d'Afrique, fait alliance avec eux, et en 827, une armée de quarante mille hommes accourt au soutien de son usurpation. Bientôt 4a Sieile entière^ excepté Syracuse et Taormii^a, est soumise aux Sarrasins.

C'est ainsi que la chiite des empires s'accomplit. Des divisions intérieures éclatent ; le parti le plus faible invoque l'appui de l'étranger, et les intérêts de celui-ci ne tardent pas à se substituer à ceux qu'il est venu servir. Le même spectacle avait d^'à été offet en Espagne par le comte Julien lorsqu'il y attirait les Maures dont bientôt il ne fut plus que l'instrument. On l'a vu en France au quinzième siècle; mais alors un miracle sauva la patrie.

La longue domination des Sarrasins sur la Sicile ne fut pas exemple de troubles. Après en avoir été les malfres pendant près de deux cents ans, leur pouvoir s'affaiblit. Alors parurent les Normands. Ayant effectué la conquête de la Fouille et delà Calabre, en 1061 ils pénétrèrent dans l'tle. Onze ans après, Roger, dernier fils de Tancrède, avait achevé de la soumettre et il y régnait sous le titre de comte. Afin d'ajouter à son autorité cette puissance morale, auxiliaire nécessaire de toutes les entreprises des hommes, il plaça sous la suzeraineté du pape le pays qu'il avait conquis, et rétablit la suprématie du souverain pontife sur l'Église de Sicile, qui, y ayant renoncé depuis trois siècles, se trouvait sous la juridiction du patriarche de Coustantinople. En échange , Roger acquit pour lui et ses successeurs l'autorité de légat à latere du saint-siége , dont jouissent encore les rois de Sicile.

Roger II, son fils , ajouta à ses possessions la Calabre, la Pouille, Naples et Capoue qu'il rangea sous ses lois directes ou rendit ses tributaires. Soq pouvoir, souvent contesté, finit par triompher. Après avoir reçu de l'antipape Anaclet le titre de roi, il obtint plus tard la reconnaissance de ce titre du pape Innocent II, tombé en ses mains par les droits de ^a guerre. Il reçut en outre régulièrement rinvestitnre de la Sicile, sur laquelles les

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INipe$ font remonter leurs droits à une donation de Louis le Débonnaire, fils de Charlemagne, qui ne la posséda jamais, et le pape Lucien II coa<« firma Roger II dans la jouissance des pouvoirs et dignités ecclésiastiques accordés par Urbaia a son père et Tautorisa en outre à en porter les marques.

Roger, maître du sud de l'Italie, enyahit les Iles de la Grèce, fit la conquête de Gorfou et d'Atliènea, et fonda en Sicile une importante branche d'in«dustrie en y introduisant les yers à soie. Il envoya un de ses généraux s'emparer de Tripoli sur la c6te d'Afrique et détruire ce nid de pirates. Sa flotte se rend sous les murs de Gonstantinople et en brûle les faubourgs; elle bat à son retour celle de l'emipereur grec Manuel, délivre Louis le jeune, roi de France, qui s'y trouvait prisonnier, et le reconduit dans ses États après lui avoir rendu les plus grands honneurs.

Enfin Roger meurt au moment où, profitant des dissensions existant entre les souverains d'Afrique, il allait se rendre maître de leurs provinces. Ce prince illustre, dont la vie fut remplie de travaux, encouragea les sciences et protégea les savants. Sous son règne, des marchands siciliens qui avaient été commercer en Asie en rapportèrent des cannes à sucre: cultivées d'abord en Sicile, transportées ensuite en Espagne, d'où plus tard elles furent im-

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