‹ Voyage de m. le maréchal duc de Raguse, en Hongrie, en Transylvanie, dans la Russie méridionaleChapitre 39 sur 42 · SUE HUR4T · texte numérisé non relu

SUE HUR4T

f«n8e , ne sachant où Tex-roi avait intention de débarquer , et craignant , si elle manifestait ses craintes , de djvulguer les desseins de Murât dans le royaume, où ses partisans étaient nombreux et déterminés, ceux des Bourbons timides et en petit nombre , et où d^à Ton commençait à revenir des espérances que les esprits crédules et sans expérience des restaurations avaient fondées sur le rétablissement de Tancienne dynastie.

La petite flotte de Murât eux six Jours de navigation heureuse ; ensuite elle fut dispersée par une tempête qui dura trois jours. Deux bâtiments , sur Tun desquels se trouvait Tex-roi , erraient au hasard dans le golfe de Sainte-Euphémie , deux autres en vue de Policastro, un cinquième dans les parages de la Sicile et le sixième à râventure très-loin des autres. La Providence voulut (et c*est un grand bienfait ) que le débarquement projeté à Salerne ne pût avoir lieu ; je dis que c*est un grand bienfait du ciel , car les troupes réunies sur ce point, et sur le concours desquelles Joachim avait cùcapié , trop peu considérables pour lui assurer un succès décidé, et trop fortes pour être écrasées du premier coup, auraient livré le royaume aux fureurs de la discorde et d*une guerre civile qui eût occasionné plus tard des réactions sanglantes et ïait répandre bien des larmes. Joachim hésita quelque temps , et puis , ranimé par le désespoir, il prit la résolution hardie de descendre sur le plage dePlzzo et de marcher avec vingt-huit soldats à la conquête d*un royaume.

C^était le 8 octobre , un jour de fête , et les milices urbaines étaient rangées sur la place , où elles faisaient

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rexereice, quand arrivèrent Murât et left stena , etteél^ gnes déployées. A la vue des habitants, ils cridreni aussitôt : t Vive le roi Murât ! » ▲ oe cri , la population reste muette , prévoyant le ftineste dénoûmetit de cetia entreprise téméraire. La froideur de cet accueil déUSN mine Murât à précipiter sa marche vers Mottteleone^ grande ville et capitale de la province qu*Ii espérait trouver amie , ne croyant pas ingrate* Mais il y avait iT Pizzo un capitaine Trentacapilli et un agent du duc de rinfantado , dévoués tous deux à la maison de Bourbon, Tun par opinion et par sentiment, Pautre par de vieux services et des atrocités commises sous son nom. Ilsrén-» nissent en toute hâte des hommes de leur parti, se mettonf ft la poursuite de Joachim , Tatteignent et font sur aa petite troupe et sur lui une décharge de coups de fusils. Murât s'arrête , et au lieu de leur répondre sur le mémo ton , les salue pour les attirer sous son drapeau. Mais cette généreuse indulgence donne du cœur aux plut lâches ; une nouvelle décharge tue le capitaine Moltedo et blesse le lieutenant Pernice ; les autres se disposent à combattre, mais le roi le leur défend et relève de sa maiH leurs armes dirigées sur Tennemi.

Cependant la foule augmentait; des gens armés couvraient la campagne et barraient le chemin. Nulle retraite possible que par la mer, et encore fallait4i passer par-dessus des crêtes de montagnes. Cependant Murât s'élance de ce cété et arrive sur le rivage; mais il TOit le navire qui Tavait apporté gagner le large. Alors il ap^ pela de toutes sts forces : « Barbara, Barbara ! n ( tétait le nom du capitaine). Celui-ci Tentend , mais s*élo^e

SUE SOKAT. son

au plus tUe pour rester eti possession des sommée ooti*sidérables et autres richesses que contenait le navire : c^était à la fois un vol et une ingratitude* Joàchim ré^ gnant à Naples avait tiré ce misérable dé Tinfâmle de son métier de corsaire , et, quoique Maltais , Tavait fait entrer dans sa marine et en peu de temps élevé au rang de capitaine de frégate, avec les titres successifs de ofae^' valier et de baron. Privé de cette ressource et sans espoir du côté de Barbara, il essaye de pousser dans la mer une petite barque laissée sur la plage; mais la fbrcelul manque à lui et k ses compagnons , et pendant qu*il s*épuise en Vains efforts , survient Trentaca|rtlli avec la foule d*hommes armés qui l^avaient suivi ; ils entourent Murât, se saisissent de lui, lui arrachent les bijoui qu*il portait sur son chapeau et sur sa poitrine , le blesseni au visage , Taccablent d*outrages et de mauvais traite^ ments. Ce fut le moulent le plus cruel de sa vie et la plus grande rigueur de la fortune : car les insultes d'une vile populace sont pires que la mort. Us Temme» nèrent dans cet état et rincarcèrait dans le petit ohà^ teau de Pizio avec ceux de ses compagnons qu'ils avaient faits prisonniers et maltraités de la même raa« nière.

La renommée d'abord et puis des lettres écrites de Pizzo annoncèrent cet événement aux autorités de la province, qui refusaient d'y ajouter foi. Le générai If uniiante, commandant des Galabres , envoya aussitôt sur les lieux le capitaine Stratti et quelques soldats. Ar* rivé à Pitzo, Siratli se rendit au château et se mit «i de • voir de dresser la liste des prisonniers , ne croyant pa»

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