‹ Voyage de Terre SainteChapitre 3 sur 11 · LA GALILÉE · texte numérisé non relu

LA GALILÉE

Le Seigneur en Galilée jetant les fondements de la sainte Eglise.

La vie publique de Notre-Seigneur Jésus- Christ se passa dans cette partie de la Terre- Sainte, connue aujourd'hui, comme alors, sous le nom de Galilée. Elle s étend de la mer Méditerranée au lac de Tibériade et à la rivière du Jourdain ; et de la vieille cité de Sidon au nord, à une distance de soixante-dix milles environ au sud. Les lieux les plus célèbres de la Galilée sont Nazareth, le Mont ïhabor et les rives du lac de Tibériade.

A Nazareth, non loin de l'église élevée sur la place occupée jadis par l'humble demeure de Marie, s'élève un autre oratoire sur l'emplacement de l'atelier de saint Joseph. Dans le village, on voit encore, dans un autre sanctuaire.

un grand rocher s^élerant à quatre pieds an» dessus du plancher : on l'appelle Mensa Christiy ou la Table du Christ, parce que, nous dit la tradition, le Sauveur prit un repas sur ce rocher, avec ses disi^iples, après sa Résurrection. A l'époque où vivait le Sauveur, il y avait une synago^e juive à Nazareth. Ce fut dans cette synagogue qu'il reprocha un jour aux Juifs leur opiniâtreté à ne pas croire en lui. Ceux-ci se saisirent de sa personne et le traînèrent jusqu'au sommet d'une roche élevée, d'où ils voulaient le précipiter et en finir ainsi avec lui. Cette roche «e voit encore à deux milles environ au sud de la ville. Mais le Sauveur, en vertu de son pouvoir infini, passa au milieu de la foule sans que personne osât le toucher. Sa Mère, dit-on, le suivit pendant une partie du chemin. L'endroit où Marie fit halte est l'objet de la vénération des chrétiens, et l'on y construit actuellement un sanctuaire qui portera le nom bien significatif de Notre-Dame de V Effroi,

Le Mont Thahor est une haute montagne située à neuf milles de Nazareth. Sur le sommet de cette montagne, le Sauveur, étant allé prier peu de temps avant sa Passion, fut transfiguré ; son visage devint brillant comme le soleil, ses vêtements blancs comme la neige. A l'endroit précis de la Transfiguration, on discerne encore les ruines d'une immense église. Il fut un temps où une nombreuse congrégation de moines catholiques vivait en ce lieu. Leur office était de

recevoir les pèlerins et de célébrer les divins mystères dans le sanctuaire de la Transfiguration. Aujourd'hui, les religieux de saint François occupent un petit monastère sur la mon« tagne, et, attachée à ce monastère, il y a une maison pour les pèlerins. On n'y voit aujourd'hui qu'un père et un frère-lai qui, dans leur pauvreté, ne peuvent donner aux voyageurs que le logement. Oh ! je vous l'assure, il faut être bien parfait et bien dévoué pour passer sa vie dans un endroit aussi désert.

Vous serez sans doute heureux d'apprendre que les ruines de l'ancien sanctuaire de la Transfiguration sont la propriété des fils dévoués de saint François, et qu'ils se préparent à le rebâtir. Combien sont doucement remuées toutes les fibres du cœur du visiteur chrétien qui parcourt ces lieux bénis, si féconds en souvenirs !

Ce fut pour encourager les hommes à travailler pour le ciel que le Fils de Dieu, notre Rédempteur, daigna se manifester à ses disciples sur cette montagne, et leur faire voir pour ainsi dire un rayon de la gloire céleste. Laissez-moi dire ici, en passant, que la Montagne du Thabor fut témoin d'un autre événement, peut-être plus important que la Transfiguration, et dont je parlerai plus loin. De nos jours, les pèlerins partent généralement de Nazareth, le matin, disent la messe ou reçoivent la sainte communion sur le Mont Thabor, et se rendent ensuite, vers midi, aux bords du lac de Tibériade. En-

descendant de la montaj^ne, voua pasfjez p«f d'étroites vallées, qui furent maintes fois foulées par les pieds du ^Sauveur. Oh ! pourquoi ces vallées et ces cot(?aux ne nous redisent-ils pas quelques-unes de ces paroles que les évangélistes n'ont pas enre<^istrées ? La montagne des Béatitudes se montre aux regards du voyageur presque aussitôt qu'il est arrivé au pied du Mont Thabor. Elle est située à neuf milles au nord du Mont Thabor, à peu près à moitié chemin de Tibériade au village de Cana.

Ce lac de Tibériade, dont il est si souvent question dans l'Evangile, est aussi appelé lac de Génésareth, lac de Capharnaiim, ou Mer de Galilée. L'historien Josèphe nous a laissé de belles descriptions de ce lac célèbre. Sur ses rivages s'élevaient jadis un grand nombre de villes bien connues, et ses eaux étaient couvertes de bateaux I>our le commerce, qui était la principale industrie du pays. Les principales villes, situées sur les bords du lac, étaient Tibériade, Bethsaide et Capharnaùm. Cette dernière ville devait être d'une certaine importance , non-seulement à cause de sa proximité du cours supérieur du Jourdain, mais encore parce qu'elle se trouve sur le chemin qui, passant à Tyr, Sidon et Damas, mène à Jérusalem, en Egypte ou en Arabie.

Tibériade, au temps où vivait le Seigneur, était WXLQ grande ville, bâtie par Hé rode Antipas, et uommée ainsi en l'honneur de Tibérius, son pro-

tecleur. C'était une ville populeuse, et le siège de la province dite de Galilée.

Mais bien des changements se sont opérés sur le lac de Tibériade depuis le temps où Jésus- Christ demeurait à Capharnaûm. La Tibériade d'IIérode n'existe plus ; la Tibériade moderne a été bâtie à trois milles plus au nord. Dans la ville actuelle de Tibériade, on compte une population de 1800 habitants, dont la majorité se compose de Juifs ou de Musulmans. On n'y voit qu'une seule famille du rite latin, et un petit monastère tenu par un père franciscain et un frère-lai du même ordre.

Dans ce monastère le pieux pèlerin trouve un abri, s'il n'est pas assez riche pour se procurer une tente ; et, s'il est prêtre, il aura l'insigne honneur de célébrer la sainte messe à l'endroit même où le Seigneur dit à saint Pierre : *' Paissez mes agneaux, paissez mes brebis. " La première vue du lac est un spectacle unique en son genre, et on ne peut manquer, dans ce moment, d'être pris d'un saisissement. Quand vous êtes au sommet de la montagne qui domine le rivage du côté do l'ouest, vous voyez à vos pieds, à mille pieds de profondeur, toute la partie nord de cette grande pièce d'eau. Pour y arriver, vous suivez un chemin penchant et rapide, et quoique le danger ne soit pas grand, on peut dire que la descente est très désagréable, surtout si l'on est à cheval. Le lac do Tibériade est visité souvent

par de soudains et terribles orages. Quand nous

le vîmes, ses eaux étaient courroucées et tumuU tueuses, et nous prêtâmes l'oreille, avec une attention respectueuse, à la musique pleine de mélancolie qu'elles faisaient entendre. Nous étions à la place même où le Sauveur avait préparé un repas à Pierre et à ses comparons, le lendemain de cette nuit où ils avaient péché sans rien prendre. Le jour de notre arrivée, nous pûmes nous rendre à la chapelle des moines et adorer le Seigneur à l'endroit où il avait posé ses pieds ; car la chapelle des pères est, dit-on, au lieu même de l'apparition. Nous avions exprimé le désir de traverser le lac en bateau ; quelquesuns de nous pouvaient se rendre à la voile à Capharnaûm, tandis que les autres iraient à cheval en suivant le rivage, et pour le retour de Tibériade nous aurions fait un échange pour le mode de transport. Mais la tempête continua, et la caravane se rendit à dos de cheval jusqu'à Tell hum, que l'on croit généralement être l'endroit appelé autrefois Capharnaûm. Malgré la pompeuse description qu'en a faite Josèphe, je dois le dire ici, le lac n'était rien moins qu'agréable. Quoique nous fussions au commencement du mois de janvier, la chaleur était excessive, et cela n'a rien d'étonnant, car le sol se trouve à plus de sept cents pieds au-dessous du niveau de la mer Méditerranée. Demandez-vous ce que cela doit être au cœur de l'été. On ne voit presque plus de navires sur ce lac. Les hautes et sombres montagnes qui s'élèvent sur les rives semblent entièrement stériles, et la

grève est couverte partout de rochers, ce qui rend l'abordage très difficile pour les bateaux.

Ce que nous avons vu des habitants de cette place est en harmonie avec la nature sauvage du lieu que nous avons décrit. Ils sont loin de se montrer amis des pèlerins, et je me rappelle que nous nous souciions très peu de nous trouver dans le voisinage de leurs huttes quand nous prenions notre repos. Et maintenant une question s'offre ici d'elle-même : pourquoi la Providence a-t-elle permis un si grand changement ? Magdala, lieu où résidait sainte Madeleine, n'est qu'une agglomération de misérables huttes ; Betsaïde^ où naquirent saint Pierre, saint André, saint Jacques et saint Jean, Betsaïde, qui était alors une ville maritime assez importante, Bethsaïde, avec ses navires et ses canots de pêche, est aujourd'hui tellement détruite que tout ce que l'on peut faire est de montrer son emplacement ; de Corozàin et de Génésareth, qui s'élevaient jadis à peu de distance de Bethsaide, aujourd'hui toute trace, tout souvenir est perdu. Et Cap/iarnaûm^ où le Fils de Dieu demeura presque tout le temps de sa vie publique, Caphamaiim, où il fit tant de miracles, qu'en reste-t-il aujourd'hui ?

Il nous semble que des monuments aussi grandioses que 8aint-Pierre de Rome devraient s'élever sur ces rivages fameux. Hélas î les habitants de tous ces lieux résistèrent à la voix de Celui qui faisait tant et de si grands miracles au milieu d'eux, et il leur prédit les plus grands

des malhours, il lança sur eux sa malédiction:' *' Malheur à toi, Corozain ! malheur à toi, Bet- Baide ! Capharnaiim, toi qui semblés t'élever jusqu'au ciel, tu seras précipitée jusqu'au fond des enfers. " (Luc, x, 15.) Et il ne reste plus rien de Caphamaum, rien de sa candeur, rien de sa beauté antiques. Sur le rivage la vue découvre, çà et là, des pierres de taille qui ont pu jadis appartenir à des édifices dans la ville coupable, mais ce qu'étaient ces édifices et quelles en étaient les dimensions ou la forme, nul ne saurait le dire.

Quelle que soit la fatisrue et l'incommodité d'un voyage au lac de Tibériade, les pèlerins éprouvent un sentiment de regret, lorsqu'il faut s'éloigner de ses bords ; car ce fut ici, on doit l'avouer, que fut le principal théâtre des merveilles opérées par l'Homme-Dieu, et les montagnes, et les vallées, et les villes de la G-alilée sont autant de monuments qui rappellent ce qu'il a fait pour l'amour de l'homme. Essayons de rapporter les principaux événements de sa vie en Gralilée ; ayant présent à l'esprit qu'il vint sur la terre pour fonder une Eglise, destinée à sanctifier et a instruire les hommes jusqu'à la fin des temps.

Avant que de venir demeurer à Caphamaum, sur le lac de Tibériade, Jésus-Christ avait été baptisé par saint Jean, dans le Jourdain. Le Précurseur l'avait montré au monde comme le Messie et le Désiré des nations : " Voici, avait-ii

dit en cette occasion, voici l'AgiiestUs ^e ^ÏWëii qui efface les péchés du monde. " Le ^anveur avait demeuré dans la Judée proprement dite, ou aux environs de Jérusalem ; ses disciples y avaient administré le baptême, et comme il faisait plus de disciples que saint Jean (Saint Jean, m et IV.), les Pharisiens furent pris d'une grande jalousie, et il retourna en Galilée. Si nombreux furent ses miracles en Judée, que le bruit s'en était répandu en Galilée avant qu'il y pénétrât lui-même.

Sa présence à Capharnaûm fut le signal d'un grand mouvement religieux dans tout le pays ; ses miracles y furent nombreux et sa bonté était plus qu'une bonté humaine. L'Evangile nous dit que sa renommée passa dans toute la Syrie, et qu'on lui apportait les malades, quels que fussent leurs maladies ou leurs tourments ; on lui apportait aussi les possédés, les lunatiques, les paralytiques, et II les guérissait tous. Parlant de ses miracles, Il s'exprime ainsi Lui-même : " Les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont guéris, les sourds entendent, les morts ressuscitent..." (Saint Mat., xi.) Une seule parole, l'imposition de ses mains, le simple attouchement de ses habits était plus que suffisant pour guérir les malades et chasser les démons. " Ils avaient hâte de le toucher, tous ceux qui souffraient, " dit saint Marc (ni). La matière elle-même et les éléments obéissent à sa voix. Quelques pains se multiplient dans ses mains d'une façon telle qu'ils suffisent à rassasier plu-

sieurs milliers de personnes ; l'eau devient solido eous ses pieds, et, par sa volonté toute- puissante, le même prodige se renouvelle pour saint Pierre; enfin les vents et les flots se calment à son commandement.

Dans la Galilée, il rappela à la vie deux personnes qui étaient mortes : Tune, la fille de Jaire (Saint Marc, v.), l'autre, le fils de la veuve de Naïm ; et voyez avec quelle autorité il parle à la mort elle-même : " Jeune fille, je vous le dis, levez-vous ! Jeune homme, je le commande, levez-vous ! "

L'effet de si grands prodiges fut d'attirer vers lui les gens de la Judée, de Jérusalem, de l'idumée, du pays au-delà du Jourdain, de Tyr, de Sidon, et même de plus loin encore. Alors il fut connu partout sous le nom de Jésus le prophète de Nazareth, " un prophète puissant en œuvres et en paroles devant Dieu et devant les hommes," qui passait sa vie en faisant le bien, et en délivrant tous les malheureux qui étaient possédés du démon.

Dans la foule qui s'empressait pour voir le Sauveur, il y en avait peut-être plusieurs qui n'étaient attirés que par une curiosité toute naturelle, mais le plus grand nombre venait à lui pour implorer la guérison ; plusieurs aussi accouraient avec l'impression qu'il pouvait bien être le Sauveur promis à Adam et aux patriarches. On peut aussi remarquer que la bonté du Fils de Dieu était déjà si connue, son langage

à la fois si simple et si sublime, que les peuples semblaient disposés à tout abandonner pour le bonheur de le voir et de l'entendre.

La fin que le Sauveur s'était proposée en venant au monde, était l'expiation du péché et le salut des hommes par le moyen de l'Eglise ; mais la fin immédiate de tous ses miracles, c'était de convaincre les hommes de la divinité de sa mission. Et ces miracles, si nombreux et si surprenants, il les invoque pour établir cette mission, car il a déclaré que ses œuvres rendaient témoignage de lui, et que ceux qui refusaient de croire en lui étaient par là même coupables de résistance à Dieu lui-même : " Celui qui ne croit pas est déjà condamné, parce qu'il ne croit pas au nom du Fils unique de Dieu, et le sujet de cette condamnation est que la lumière est venue dans le monde, et que les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière, parce que leurs œuvres étaient mauvaises. " (Saint Jean, III, 18, 19.)

Nous sommes d'avis que le nombre de ceux qui se déclarèrent les disciples de Jésus-Christ était beaucoup plus considérable qu'on ne se l'imagine ordinairement. D'abord, quand Jean- Baptiste apparut sur les bords du Jourdain, les gens de Jérusalem, et de la Judée, et de tout le pays voisin vinrent l'entendre et furent baptisés de sa main, mais à une condition toutefois, c'est qu'ils croiraient en Celui dont il préparait la venue, " Celui qui doit venir après moi. " Da

pltis, quand les disciples du Sauvour administrèrent le baptême en Judée, nous lisons qu'un *' nombre plus grand de personnes se joignirent à lui comme disciples, qu'à saint Jean. " Ijcb Samaritains, avec qui il demeura deux jours, crurent en lui. Saint Jean, dans son évangile, rapporte, en deux endroits diflérents, qu'un grand nombre de Juifs crurent en lui, et puisqu'il opéra tant de guérisons en Galilée, on ne saurait douter que le nombre de ceux qui croyaient eu lui ne fût dès lors très considérable.

"Voyons maintenant notre divin Sauveur, jetant lui-même les fondations de son Eglise. Il choisit ses apôtres, les instruit, leur fait de grandes promesses, les initie lui-même à la vie ai>ostolique, et les envoie prêcher l'Evangile avec pouvoir de guérir les malades.

A six ou sept milles de la ville de Tibériade, dans la fameuse plaine de Hattine, se trouve une colline appelée par les habitants du pays Kurn Hattine, ou les Cornes de Hattine. Elle s'élève à cent-cinquante pieds environ au-dessus de la plaine, et son plateau, d'environ trois cents pieds de long, se termine à chaque extrémité par une petite élévation du terrain : c'est ce qui lui a fait donner le nom de Cornes de Hattine.

C'est cette colline que l'on appelle la célèbre Montagne des Béatitudes. Quand je la gravis, en janvier 1880, j'avais présent à l'esprit le sermon sur la montagne : " Bienheureux les pauvres d'esprit... bienheureux ceux qui sont doux..»

bienheureux ceux qui ont le cœur pur,... etc.," et je fis cette réflexion : si en Amérique et dans le monde entier il y a tant de personnes de l'un et l'autre sexe qui ont fait les vœux de panTreté, de chasteté et d'obéissance, c'est parce que, 1900 ans auparavant, le Sauveur avait enseigné sa doctrine dans ces lieux que nous visitons. La Montagne des Béatitudes, et Bethléem, et le Calvaire, ont été, on peut le dire, le berceau de tous les ordres religieux que l'on voit dans l'Eglise.

Yoici encore un autre fait extrêmement important qui se rattache à cette montagne, plus important, on peut le dire, que le discours même qui y fut prononcé. En effet, à quoi nous profiteraient tous les discours du Verbe Incamé, s'il n'avait établi un moyen de nous les transmettre et de nous les expliquer jusqu'à la fin des temps? Ecoutez donc ce que le Sauveur fit à cet effet sur la Montagne des Béatitudes. (Saint Luc, vi.)

Le Sauveur se retira sur la montagne pour y prier, " et il passa la nuit en prières avec Dieu." Et quand vint le jour il appela ses disciples ; parmi ceux-ci il en choisit douze, ceux qu'il préféra lui-même (Saint Marc, m.) ; et ceux-ci, il les appela apôtres. Pesez toutes ces circonstances. Ceci ne se fit pas dans l'obscurité de la nuit, car il était grand jour ; un grand nombre des disciples étaient là présents sur les lieux, et douze parmi eux furent choisis. Mais pourquoi furentils choisis ? " Pour être désormais avec lui, et pour être envoyés plus tard prêcher la doctrine

du salut." (Saint Marc, III, 14.) J. itros disciples étai<»nt libres de le suivre ou de resti^r en arrière, mais les douze il les choisit pour être avec lui, et il les choisit dans des circonstances telles que tous connurent qu'ils étaient ses apôtres et ses représentants.

Ce fut après l'élection des apôtres que le Sauveur s'assit et commença à parler au peuple, entouré des douze nouveaux élus.

A la place même où le Seigneur parla à la foule, sainte Hélène fit transporter douze grandes pierres qui furent connues depuis sous le nom des douze trônes. Nul ne doute que l'intention de sainte Hélène fut de rappeler aux générations futures que les douze apôtres sont le fondement de l'Eglise, et aussi que ceux qui avaient laissé tout pour suivre le divin Maître seraient un jour assis sur douze trônes, comme juges des douze tribus d'Israël, Si tout ceci n'est qu'une conjecture, elle repose toutefois sur ce fait que douze pierres furent placées là en souvenir de l'élection des apôtres, et à l'occasion du sermon sur la montagne voisine.

A partir du jour où ils furent choisis, nous trouvons toujours les apôtres à ses côtés. Dans les voyages aux villes et aux bourgades où il prêchait l'Evangile et le royaume de Dieu, les douze apôtres l'accompagnaient. (Saint Luc, VIII, 1.) Pareillement à Tyr, à Sidon, à Césarée de Philippe, le long des rives et sur les eaux du lac de Tibériade. Ils se rendaient avec lui à Je-

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Tusalem et avec lui passaient le Jourdain à l'est de cette ville. Quand il chassait les démons, guérissait les malades, calmait les vents et les flots, ressuscitait les morts en Galilée, les apôtres étaient avec lui. Ils étaient témoins de sa vie intime, ils étaient aussi l'objet de ses affections et de sa sollicitude, mais surtout ils étaient présents à ses instructions, et il leur expliquait en particulier ce qu'il avait enseigné en public. Tel enfin était le soin qu'il mettait à les instruire, qu'il leur disait, à l'approche de sa mort : " Tout ce que j'ai reçu de mon i^ère, je vous l'ai fait connaître. " Ils devaient sans aucun doute être capables d'enseigner maintenant aux autres ces doctrines qu'ils avaient apprises des lèvres mêmes de Jésus-Christ ; ils étaient capables de conduire les autres dans le sentier des vertus, eux qui avaient eu un si grand et si constant exemple de vertu sous leurs yeux. " Je vous ai donné l'exemple afin que vous agissiez comme j'ai agi. " (Saint Jean, xill, 15.)

Un jour devait venir où les douze apôtres seraient séparés de leur Maître ; un jour où ils de^Taient seuls aller à travers le monde pour convertir les nations. Aussi, dans sa bonté, il voulut, de son vivant, les initier à leur pénible ministère. Il les envoie donc deux à deux annoncer que le royaume de Dieu est proche. Par ce royaume de Dieu, il voulait dire son royaume à lui, son Eglise qu'il était sur le point de fonder.

Il mit toutefois des bornes à la première mission qu'il leur confia. Ils ne devaient pas péné-

trer dans le pays dos gentils, ni dans celui des Samaritains ; ils devaient aller à la recherche des brebis égarées de la maison d'Israël.

Si les premiers labeurs des apôtres eurent pour théâtre la Galilée, il ne s'ensuit pas que leurs travaux demeurèrent dans l'obscurité. Au contraire, leur mission fut bientôt reconnue comme divine, car eux aussi guérissaient les malades, ressuscitaient les morts et chassaient les démons. (Saint Mat., x, 8.) Un Dieu seul pouvait donner de semblables x>ouvoirs à de simples mortels.

Les apôtres avaient été choisis pour gouverner l'Eglise, et l'Eglise, étant composée d'hommes ayant un corps et une âme, doit nécessairement, pour opérer sa mission, avoir des signes et des cérémonies. Nous ne saurions dire si les apôtres administrèrent le baptême avant l'Ascension, c'est-à-dire immédiatement après leur vocation et pendant leur séjour en Galilée. Une chose est certaine, c'est qu'ils connaissaient le rite dont nons parlons. Ils savaient que le Maître luimême avait été baptisé, qu'il avait recommandé le baptême et sanctifié pour son administration l'eau qui y est destinée, en descendant lui-même dans les eaux du Jourdain. Pour ce qui regarde la rémission des péchés, ils se souvenaient de la promesse qu'il leur avait faite " que tout ce qu'ils délieraient sur la terre, serait aussi délié dans le ciel. " Ils l'avaient vu, à deux reprises diflfé* rentes, multiplier les pains et les poissons, et à cette occasion il avait déclaré " que le pain qu'il

devait leur donner pour lo salut du mondo n'était autre que sa chair. Eux aussi " oignaient avec de Thuile ceux qui étaient malades et ceuxci étaient guéris. " (Marc, vi, 13.) C'était le rite ■de l'Extrême - Onction. Plusieurs d'entre eux étaient présents aussi lorsqu'il changea l'eau en vin aux noces de Cana. Nous voyons donc que, dans toutes ses actions en Gralilée, le Seigneur n'avait qu'un but, jeter les fondements de son Eglise, qui doit avoir ses ministres légitimes, ses sacrements et son culte extérieur, afin de sanctifier les hommes et de les unir tous ensemble comme les membres d'un môme corps.

Avant mon voyage en TiBrr^^inf^^J^ passé près de quarante ansMe msOrigiwi rique. Dans mes conversations 'â^'ec les protestants, j'avais remarqué l'obscurité' qui existe dans leur esprit au sujet des matières^ concernant la religion ; ils ne savent ni que croire, ni que faire ou éviter, ignorant comment trouver une solution à leurs difficultés. Durant quarante ans j'avais lu et relu leurs discussions sans fin, qui ne font que les désunir chaque jour davantage. D'un autre côté, j'avais toujours été rempli d'admiration à la vue de l'unité de la foi qui existe au sein de l'église catholique. J'avais assisté à toutes les séances du concile du Vatican, et j'avais vu et senti à Rome que le monde chrétien avait toujours cru énergiquement à l'infaillibilité du pape. Aussi ce fut une grande consolation pour moi de visiter ces lieux où le Fils

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de Dieu, pour établir son E^rlise et la préserver dans ruiiité, avait fait à saint Pierre de ëi grandes promesses qu'il s était i>lu à réaliser. En effet toutes ces promesses furent faites et réalisées aux bords de ce fleuve qui commence au pied du Liban et se déverse dans la Mer Morte.

C'était aux bords du Jourdain que Simon filg de Jonas fut emmené, par son frère André, à Jésus-Christ. Le Bon Maître, jetant un regard sur lui, dit : " Tu es Simon, fils de Jonas ; tu seras appelé Céphas, ce qui veut dire Pierre, ou rocher. " Ce fut sur le lac de Tibériade que le Sauveur vit saint Pierre occupé à la pêche, et lui commanda de le suivre. (Saint Mat., iv.)

Sur la grève de Caphamaiim, le Seigneur entra dans une barque qui était celle de Simon, et ce fut de cette barque qu'il instruisit la foule. Plus tard, se trouvant encore sur la même barque, il commanda à ses apôtres de jeter leurs filets, et ils prirent une immense quantité de poissons. (Saint Luc, v.)

Si vous remontez le Jourdain jusqu'à Banias, où se trouvait autrefois la ville de Dan, aux jours de Jéroboam, vous êtes alors à la source du fleuve.

En cet endroit, au temps du Seigneur, s'élevait Césarée de Philippe. Le Sauveur y vint luimême, un jour, accompagné de ses disciples, et il leur fit cette question : " Que disent les hommes touchant le Fils de l'homme ? " (Saint Mat.,xvi,.

13.) Vous savez tous la réponse que fit saint Pierre et la magnillque promesse qui suivit de la part du Sauveur : " Heureux es-tu, Simon fils de Jonas ; et moi je te dis que tu es Pierre ; BUT cette pierre je bâtirai mon Eglise, et les portes de l'enfer ne prévaudront point contre elle, et je te donnerai les clefs du royaume des cieux..." (Ibidem.) N'oublions pas que cette promesse fut faite à Pierre en présence d'une foule considérable. Aussi était-il bien connu comme le chef du collège apostolique ; il en était la tête. Tous savaient de plus qu'à lui seul il avait été donné de marcher sur les eaux. Le Maître l'eut toujours pour témoin dans les plus grands événements de sa vie. Quand il ressuscita la fille de Jaïre, lors de la Transfiguration, Pierre était présent ; c'est à saint Pierre que le collecteur du didrachme (impôt annuel que chaque Juif payait au temple) s'adressa, lorsqu'il vint remplir les devoirs de sa charge ; et le nom seul de Pierre ne suffisait-il pas pour rappeler à tous les disciples qu'il avait été choisi par le Sauveur pour gouverner l'Eglise quand il quitterait la terre et retournerait à son Père ?

Le pèlerin, voyageant en Galilée, se sent le cœur tout ému, au souvenir de l'immense charite qui embrasait le cœur de son Dieu. La brise du lac, la vue des passereaux, l'aspect des fleurs qui croissent dans les champs, la rencontre qu'il fait des enfants ou des lépreux, tout lui rappelle le Sauveur ; mais il éprouve néanmoins le regret de ne point voir, dans ces lieux, des monument*

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grandioses destinés à perpétuer le souvenir des faits dont cette contrée l'ut témoin.

A un certain endroit du lac de Tibériade, on se rappelle cette touchante exclamation du Sauveur : " Je vous rends grâces, ô mon Père, de ce que vous avez caché ces choses aux sages et aux prudents pour les révéler aux petits et aux humbles. " (Saint Mat., xi, 25.)

Avant de dire adieu à la Galilée, faisons une halte de quelques instants dans la ville moderne de Tibériade. J'ai remarqué que de Tibériade à Capharnaùm le rivage est couvert partout de rochers qui s'élèvent tout le long de la grève, et qui rendent l'abordage très difficile, souvent même impossible. Mais ici, à Tibériade, la grève est couverte de sable, et les femmes et les enfants peuvent aisément se rendre au lac pour j puiser de l'eau. Il y a bien peu de catholiques aujourd'hui sur les bords de ce lac, pour rendre grâces à Dieu des grandes merveilles qui y furent opérées, pour le salut des hommes. On y voit pourtant deux cœurs fidèles, un père et un frère de l'ordre de saint François. Ces deux enfants de saint François ont le privilège d'habiter ces lieux, tant de fois sanctifiés par les pas de l'Homme-Dieu, et leur modeste chapelle s'élève aujourd'hui à l'endroit même où s'accomplit la promesse faite à Pierre, lorsque Jésus lui dit : " Paissez mes agneaux, paissez mes brebis. "

Eelisons ici le récit détaillé de l'apparition de

I^otre-Seigneur en ce lieu, au vin^-et-unième chapitre de l'évangile selon saint Jean :

" Jésus se fit voir ensuite à ses disciples sur le bord de la mer de Tibériade, et il se fit voir de cette sorte : Simon Pierre et Thomas appelé Didyme, Nathanael, qui était de Cana en G-alilée, les fils de Zébédée, et deux autres de ses disciples, étaient ensemble. Simon Pierre leur dit : " Je vais pêcher. " Ils lui dirent : *' Nous allons aussi avec vous. " Ils s'en allèrent donc, et entrèrent dans une barque ; mais cette nuit-là ils ne prirent rien. Le matin venu, Jésus parut sur le rivage sans que ses disciples connussent que c'était Lui. Jésus leur dit donc : *' Enfants, n'avez-vous rien à manger ? " Ils lui réix)ndirent : " Non. " Il leur dit : " Jetez le filet au côté droit de la barque et vous en trouverez. " Ils le jetèrent aussitôt, et ils ne pouvaient plus le retirer tant il était chargé de poissons. Alors le disciple que Jésus aimait dit à Pierre : *' C'est le Seigneur." Et Simon Pierre, ayant appris que c'était le Seigneur, mit son habit (car il était nu) et il se jeta dans la mer. Les autres disciples vinrent avec la barque ; et comme ils n'étaient éloignés de la terre que d'environ deux cents coudées, ils y tirèrent le filet plein de poissons. Lors donc qu'ils furent descendus à terre, ils trouvèrent des charbons allumés et du poisson mis dessus, et du pain. Jésus leur dit : *' Apportez quelques-uns des poissons que vous venez

4e prendre. " Alors Simon Pierre courut à la

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harrjuo et tira à torre le filet qui était plein de cent cinquante-trois grands poissons. Et quoiqu'il y en eût autant, le filet ne se rompit point. Jésus leur dit : *' Venez diner. " Et nul de ceux qui étaient là, mangeant, n'osait lui demander : " qui êtes-vous ? " car ils savaient que c'était le Seigneur. Jésus vint donc, prit le pain, leur en donna, et aussi du poisson. Ce fut là la troisième fois que Jésus apparut à ses disciples, après être ressuscité d'entre les morts. Après donc qu'ils eurent dîné, Jésiis dit à Simon Pierre : *' Simon fils de Jean, m'aimez-vous plus que ceux-ci ? " Pierre lui répondit : " Oui, Seigneur, vous savez que je vous aime. " Jésus lui dit : " Paissez mes agneaux. " Il lui demanda de nouveau : '* Simon fils de Jean, m'aimez-vous ? " Pierre lui répondit : " Oui, Seigneur, vous savez que je vous aime. " Jésus lui dit : " Paissez mes agneaux. " Il lui demanda pour la troisième fois : " Simon fils de Jean, m'aimez-vous ? " Pierre fut touché de ce qu'il lui eût demandé une troisième fois " m'aimez-vous " et il lui dit : " Seigneur, vous savez toutes choses ; vous savez que je vous aime. " Jésus lui dit : *' Paissez mes brebis. "

Sur cette apparition, nous pouvons faire les remarques suivantes. D'abord il est bon de noter qu'elle eut lieu après la Résurrection, en plein jour, en présence de six disciples. Selon le témoignage de saint Jean, c'était la troisième fois qu'il se montrait à ses disciples, c'est-à-dire à plusieurs réunis. Ils ne pouvaient se tromper

au sujet de sa personne. Ils avaient vu ses pieds et ses mains percés, et Thomas qui était présent avait reçu l'ordre de mettre ses doigts dans ses mains percées, et de porter aussi la main à son côté. Saint Jean, le disciple qu'il aimait, l'avait reconnu d'un seul coup d'œil, alors qu'ils étaient encore dans la barque et loin du rivage. Tous savaient bien que c'était leur Maître, Celui qui s'était toujours montré plein de sollicitude à pourvoir à tous leurs besoins. L'apparition dont nous parlons fut publique, et les paroles de Jésus furent entendues de tous, et tous les comprirent comme elles ont été comprises depuis, comme conférant à saint Pierre et à ceux qui devaient lui succéder le pouvoir do gouverner l'Eglise universelle, représentée par les agneaux et les brebis. Et à partir de ce jour ou peut presque dire que Pierre perdit son nom de Simon ; on l'appellera désormais Pierre. (Lisez tout le livre des actes des apôtres.)

De tout ce que nous avons dit précédemment, il suit manifestement que Notre Seigneur Jésus- Christ, durant le cours de sa vie publique eu Galilée, jeta les fondements de son Eglise : lo en prouvant la divinité de sa mission par des miracles ; 2o en choisissant les douze apôtres qu'il daigna instruire lui-même, leur communiquant en même temps le don des miracles, et les initiant au ministère apostolique ; 3o il annonça clairement l'établissement des sacrements destinés à unir et à sanctifier les hommes ; 4o enlin, il voulut que tous ses enfants fussent unis par

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les liens d'une même foi, et il donna à 8aint Pierre et à ses successeurs le pouvoir de commander en son nom. " Paissez mes agTieaux, paissez mes brebis." *' J ai encore d'autres brebis qui n'appartiennent pas à ce troupeau, il faut aussi que je les amène... et il n'y aura qu'un seul troupeau sous la houlette d'un seul past«îur." (Saint Jean, x, 10.) Ce fut encore en Galilée, quelques jours après l'apparition dont noua avons parlé, et d'après l'opinion généralement adoptée aujourd'hui, sur la montagne du Thabor, qu'il apparut à ses onze apôtres et leur dit : *' Tout pouvoir m'a été donné au ciel et sur la terre ; allez donc, enseignez toutes les nations, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé, et je suis avec vous jusqu'à la fin des temps. " Saint Pierre était certainement là lorsque ces paroles furent prononcées. Fort peu de temps après, le Sauveur était à Jérusalem.

Ici encore il leur réitéra l'ordre qu'il avait déjà donné. " Allez dans le monde, prêchez l'Evangile à toutes les créatures. (Saint Marc, XVI, 15.) Puis levant les mains, il les bénit, et s'enleva au ciel. Toutes ses promesses jusqu'à ce jour il les avait accomplies. Et les promesses qu'il a faites pour les âges à venir s'a<îcompliront également à la lettre. " Le ciel et la terre passeront, mais Ses paroles ne passeront jamais. "

Dix-huit cents ans se sont écoulés depuis que le Fils de Dieu fit cette promesse solennelle.

Durant cette longne période, l'Eglise a eu à supporter de terribles orages. Plusieurs de ces orages ont duré longtemps. Le Maître semblait endormi, et les passagers sur la barque de Pierre plusieurs fois se sont demandé s'ils n'allaient pas périr. Mais te pilote à son gouvernail est secouru d'en haut, et, en compagnie de Jésus- Christ et de son vicaire ici-bas, les hommes de bonne volonté trouveront la vérité pour les guider et la grâce pour les fortifier, et ils arriveront sains et saufs au rivage de l'éternité.

Si quelqu'un de vous, mes amis, va un jour visiter les montagnes de la Galilée et le lac de Tibériade, il reviendra dans sa patrie avec un amour plus ardent pour l'Eglise, cet édifice merveilleux dont Jésus-Christ jeta les fondements dans cette partie de la Terre-Sainte que nous venons de parcourir ensemble.

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