‹ Voyage de Théodose à l'île de l'UtopieChapitre 24 sur 28 · DERNIER NAUFRAGE · texte numérisé non relu

DERNIER NAUFRAGE

A pea de temps de là, les habitants des lies voisines vinrent faire leurs échanges; au départ, on leur remit Théodose et M""^ Brunei. Le couple fut voyagé avec tous les soins possibles, de proche en proche, jusque dans les contrées où les vaisseaux relâchaient. Cette course dura vingt jours et ne fut qu'une longue féte. A peine arrivés, ils eurent occasion de s'embarquer; le vaisseau les relâcha au premier port sur sa route, et, de là, ils se rembarquèrent de nouveau, cette fois pour la France.

Les relations de dos deux voyageurs devenaient de plus en plus froides ; depuis la scène de la noce , M"^^ Brunei était piquée, et Théodose n'avait rien fait pour reconquérir ses bonnes grâces j aussi la dame était-elle aigre-douce et Théodose indifférent. Ces quarante jours passés au milieu de* mœurs si nouvelles avaient impressionné Théodose ; ses méditations pendant la traversée contribuaient à l'influencer; il en vint à faire le projet d! épouser une jeune fille pauvre, pour réaliser les vertus de lile de l'Utopie. Un tel projet n'était pas ce qui devait le rapprocher de M*^^ Brunei, Témérité coquette; aussi leurs entretiens deve* naienir-ils de plus en plus rares. Âu terme du voyage, Tliéodose offrit son adresse à la dame et la sollicita de lui donner la sienne , mais cela avec une politesse tellement glaciale, que M""^ Brunei, outrée de dépit, répondit, sur le même ton, qu'elle allait pro-

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bablement changer de résidence » et que, plus lard, elle lui ferait connîutre sa nouvelle installation. Ainsi se termina l'entrevue.

Ce n'était pas sans aucun motif queXliéodose avait fait ce projet d'épouser une jeune fille pauvre. Il y avait environ un an de cela, il s'élait affolé d'une charmante enfant; c'était la fille de ses blanchisseurs ; souvent elle venait seule; Théodose avait essayé de la corrompre, mais il avait été reçu avec mépris; furieux, mais à mille lieues de penser à épouser, il avait tourné ses galanteries ailleurs ; mais, maintenant, le souvenir de cette jeune fille lui revenait, et, la trouvant digne d'être sa femme, non-seulement il n'hésitait plus , mais encore il lui lardait de se prononcer. Aussi, dès qu'il le put, il vint à Meudon visiter ses blanchisseurs, parla de choses et d'autres, puis, tout embarrassé, il demanda un entretien parti-

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