CHAPITRE IX
Arrivée a Batavia. — Journal clu voyage de lord Amherst de Pulo-leat a Java . — Etat de Java sous V administration de 31. Rattler. ■ — Batavia. — Remise | de Vile aux Hollandois. — Départ de lord Amherst sur le César. — Alarme produite par le feu sur le vaisseau. .
Nous arrivâmes le 9 mars à Batavia. Le Ternate étant un petit bâtiment, une partie de l’équipage lit le trajet sur les barques qui accompagnèrent ce navire. Nous débarquâmes le 10, et lord Amherst nous reçut de la manière la plus gracieuse. 11 invita tous les officiers à sa table , de même que la suite de l’équipage > et Ton se procura des logemens convenablespour tous les hommes de l’équipage (1) , qui se rendirent à terre
(1) MM. Milne et Terino offrirent l’ iiosp i talité aux offi-
en bon ordre un jour on deux après , portant le pavillon de V Alceste qui avoit Oté sauvé. Lord Amberst vint au-devant
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d’eux jusqu’à Ryswick , et marcha à leur tête. A Welterreden , les officiers trouvèrent aussi une troupe de musiciens f leurs compatriotes, peu nombreuse , mais chaisier Nous n’oublierons pas facilement l’accueil
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que nous en reçûmes, et nous n’y songerons
Le lieutenant Cooke tint un journal abrégé du passage de l’ambassade sur les chaloupes , dans les mers de Java.
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« Le mercredi 19 février , à sept heures du soir, tous les arrangemens nécesssaires ayant été faits à la hâte , la barge et le cutter levèrent l’ancre , et mirent à la voile, la mer battant violemment contre le récif.
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ciers pendant leur séjour , et l’on éprouva toutes les attentions possibles des capitaines Forber , Dalgains , Hanson et M. Manon;, de l’état-major de sir William Keir.
La sonde mesurait dix-neuf brasses. Etant au milien du détroit , nous appuyâmes sur le sud. À neuf heures du soir , file de Banca étoit à trois ou quatre milles à l’ouest.
« Jeudi 20. — Au point du jour la barge et le cutter voguoient de compagnie, — vent d ouest-nord-ouest ; — beau temps , — mer tranquille , — les hautes terres de Banca vers le nold. Nous étant trouvés très-serrés sur la barge pendant la nuit , quelques personnes passèrent sur le cutter, pour rendre plus égaie la répartition du nombre d’hommes. À sept heures , on fit une première distribution de provisions. Chacun eut un morceau de viande fraîche èt de biscuit, un quart de pinte d’eau et lin petit verre de rhum. A dix heures, nous eûmes un grain de vent suivi d’une grosse pluie. Nous étendîmes des toiles, et en les tordant nous nous procurâmes un baquet d’eau qui fournit une demi-pinte a chacun. Le calme survint. Il fallut employer huit rames. Grâce
à l’aicle des soldats de marine, les rameurs purent se relayer de deux en deux heures. On fit une seconde distribution de provisions et de grog , toujours avec grande économie. Le vent étant devenu contraire, nous cargâmes les voiles. Un calme lui succéda, et fut remplacé par une légère brise du sud-ouest. On distribua environ une demipinte de bière à chacun. — Eclairs de l’est au sud-ouest. — mer calme , — à minuit un peu de vent.
« Vendredi 21. — Une brise assez modérée soufflant de l’est se changea en ouragan en passant vers le sud. A sept heures on distribua le reste de la viande fraîche, et la meme ration d’eau et de rhum que la veille. Après le déjeuner, on examina les provisions. Il nous restoit six gallons d’eau, huit de spruce , quatre de bière , quatre et demi de rhum, dix-neuf bouteilles de vin, cinq bouteilles d’eau, un jambon, une langue et trente livres de pain. A midi, on fit une
distribution de spruce , et une autre de grog dans la soirée. On continua à ramer toute la nuit, et l’on donna un verre de spruce aux. rameurs qui commencoient à être fort fatigués. — Y ent variable de l’ouest au sudouest.
« Samedi 22* — On continua à ramer toute la matinée, la brise étant fort légère : on fit la revue des provisions quidiminuoient sensiblement. On fit à sept heures une distribution de grog et d’un peu de pain, réservant pour le dîner le jambon , la seule viande qui nous restât. Tous ceux qui pouvoient ramer relevèrent les rameurs. Yers une heure, une brise favorable s'éleva du nord-ouest* Nous déployâmes toutes les voiles , et à trois heures et demie passées , nous vîmes la pointe Garawang de l’île de Java , à la distance de neuf à dix milles. A six heures, la brise de terre qui survint nous obligea de jeter l’ancre. On distribua partie du jambon, avec un peu de biscuit et de grog.
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comme à Tord maire. Le vent étant un peu tombé à sept heures , nous essayâmes d’avancer à l’aide des rames, mais l’équipage étoit tellement épuisé, qu’il fallut de nouveau jeter l’ancre à neuf heures. Le cutter n’ayant pas d’ancre de grappin , s’attacha à la barge. La nuit étoit belle, mais les vagues agitées occasionnoient beaucoup de roulis* « Dimanche 23. — L’équipâge ayant pris un peu de repos, et reçu une petite ration de vivres, on leva l’ancre, et on se dirigea sur Batavia. Entre deux pointes de terre, nous trouvâmes par hasard, quoique à une distance considérable du rivage, un courant d’eau douce provenant d’un ruisseau qui se j étoit dans la mer en cet endroit. Cette découverte ranima l’équipage. On en remplit un baquet, on y ajouta du rhum pour prévenir fôutes suites dangereuses, et chacun en but environ une pinte. Un vent favorable s’étoit élevé, et à dix heures et demie nous abordâmes le vaisseau la Princesse
Charlotte , qui se trouvoit eii rade, et par qui nous fûmes par fai tement accueillis. Toutes nos provisions, pour quarante-sept hommes , ne consistoient plus alors qu’en quatre à cinq livres de pain, un gallon d’eau, autant de rhum , cinq bouteilles de vin, et un peu de vin de Madère dans une cruche. »
Pendant toute la durée de ce petit voyage , la plus parfaite égalité s’observa dans la distribution des provisions , et si l’on fit quelque distinction , ce fut en faveur des rameurs, ceux qui n’étoient pas en état de manieur la i;amç consentant à recevoir une ration plus foihle pour augmenter celle des
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Le couran t d’eau douce que la Providence sembla étendre tout exprès jusque dans la mer, et qui se trouva si utile, se rencontre de même dans plusieurs parties du globe. La flotte angloise trouva le même avantage, il n’y a pas très-long-temps , devant Toulon, et put ainsi renouveler son eau à l’etu-
bouchure du Rhône, sans perdre de vue le port dont elle formoit le blocus. Les vaisseaux peuvent boire l’eau du Mississipi avant même d’apercevoir la terre. La même chose a lieu pour l’Orénoque, dans T Amérique méridionale, et il en est probablement de même de tous les fleuves dont l’embouchure est étroite, et dont le courant entraîne rapidement les eaux dans la mer* L’eau douce étant spécifiquement plus légère que l’eau salée, elle reste nécessairement sur la surface sans se mélanger, aussi long-temps que le courant conserve sa force.
Les principaux inconvéniens de ce voyage en chaloupe, vinrent de ce quelles étoient
chargées de trop de monde, ce qui obligeoit