SUR L’AMBASSADE A S1AM
recevons ici de toutes parts par les ordres de Votre Majesté seraient capables de nous faire oublier notre patrie et, si nous l’osons dire, les ordres mêmes de notre prince. Mais, sur le point de nous éloigner de votre personne royale, nous n’avons point de paroles qui puissent exprimer les sentiments de respect, d’admiration et de reconnaissance dont nous sommes pénétrés. Nous nous étions bien attendus à trouver dans Votre Majesté des grandeurs et des qualités extraordinaires : l’effet y a pleinement répondu, et même il a surpassé rie beaucoup notre attente. Mais (nous sommes obligés de l’avouer) nous n’avions pas cru y trouver l’accès , la douceur que nous y avons rencontrés) nous 11e jugions pas même que des qualités qui paraissent si opposées pussent compatir dans une même personne , et qu’on pût accorder ensemble tant de majesté et de bonté. Nous ne sommes plus surpris que vos peuples, trop heureux de vivre sous votre empire, fassent paraître partout l’amour et la tendresse qu’ils ont pour votre royale personne. Pour nous , grand Itoi , comblés de vos bienfaits, charmés de vos vertus, touchés jusqu’au fond du cœur de vos bontés, saisis d’étonnement à la vue de votre haute sagesse et de tous les miracles de votre règne, notre vie nous paraît trop courte, et le monde entier trop petit pour publier ce que nous en pensons. Notre
DÉTAILS
mémoire aurait peine à retenir tant de choses; c’est ce qui nous a fait recueillir dans des registres fidèles tout ce que nous avons pu ramasser ; et nous les terminerons par une protestation sincère, que, quoique nous en disions beaucoup, il nous on est encore beaucoup plus échappé. Ces mémoires seront consacrés à la postérité, et mis en dépôt entre les 'monuments les plus rares et les plus précieux de l’État; le roi notre maître les enverra pour présent aux princes scs alliés; et par là l’Orient saura bientôt, et tous les siècles à venir apprendront les vertus incompréhensibles de Louis le Grand. Nous porterons enfin l’heureuse nouvelle de la santé parfaite de Votre Majesté , et le soin que le ciel a pris de continuer le cours d’une vie qui ne devrait jamais finir.» Celte harangue , qui reçut tant d’applaudissements , fut suivie de seize autres que les ambassadeurs firent,, le même jour aux princes et princesses de la maison royale; il y avait du bon sens et de l’esprit partout. Je mettrai encore ici celle qu’ils firent à M. le duc de Bourgogne.
« Grand Prince, qui serez un jour la gloire et l’ornement de tout l’univers, nous allons préparer dans l’Orient les voies à la Renommée, qui y portera dans peu de temps le récit de vos victoires et de vos grandes actions. Si nous vivons encore alors, le témoignage que nous rendrons de ce que