‹ Voyage du Comte De Forbin a SiamChapitre 5 sur 16 · I. Bantan ou Bantam, ville et royaume de l’Ile de Java · texte numérisé non relu

I. Bantan ou Bantam, ville et royaume de l’Ile de Java

me répondit qu’il était malade, et qu’il ne voyait personne depuis longtemps ; enfin , après avoir éludé par de mauvaises défaites toutes mes demandes, on me dit clairement, et sans détour, que je ne devais pas m’attendre à faire aucune sorte de rafraîchissements, le roi ne voulant pas absolument que des étrangers missent le pied dans le pays.

Comme j’insistais sur la dureté de ce refus , et que j’en chargeais ouvertement les Hollandais, l’officier me fit entendre que la situation de l’État ne permettait nullement au roi d’y laisser entrer des étrangers; que ses peuples, à demi révoltés, n’attendaient, pour se déclarer ouvertement, quç,W, le secours qu’on leur faisait espérer de la France et de l’Angleterre, et que, malgré tout ce que je' pourrais dire de l’ambassade de Siam , j’aurais.;^ peine à persuader que notre vaisseau, qui avait mouillé si près de Bantan, ne fût pas venu dans le dessein de rassurer les Javans et de leur faire comprendre que le reste de l’escadre ne tarderait pas longtemps d’arriver ; que pour ce qui regardait les Hollandais, j’avais tort de leur imputer le refus qu’on nous faisait ; que ne servant le roi qu’en qualité de troupes auxiliaires, ils ne pouvaient faire moins que de lui obéir ; que du reste si nous allions à Siam, comme je l’en assurais, nous n’avions qu’à continuer notre route jusqu’à

VOYAGE OU COMTE OE KOlUtiN

Balavie 1 , éloignée seulement de douze lieues, et que les honnêtetés que nous y recevrions de lu part du général de la compagnie des Indes , nous donneraient lieu de connaître que ce n’était que par nécessité qu’on usait de tant de rigueur à notre égard.

Tout ce qu’il disait du mécontentement de ces peuples et de la nécessité de fermer leur port aux étrangers , était vrai ; mais il n’ajoutait pas que ce mécontentement venait de la tyrannie des Hollandais, aussi bien que la dureté dont je me plaignais. Voici, en peu de mots, ce qui avait donné lieu à l’un et à l’autre.

' r n II y avait déjà cinq ou six ans que le sultan Agun , lassé des embarras de la royauté , s’était "démis de la couronne en faveur du sultan Agui ,

" r ,:7:son fds.

Quelques années après, soit qu’il eût regret à sa première démarche, soit que son fds abusât en effet de l’autorité souveraine , il songea aux moyens de remonter sur le trône. Il en conféra secrètement avec les pangrans, qui sont les grands seigneurs du royaume, et après avoir bien pris avec eux toutes ses mesures, tout paraissant favorable à son dessein, il se déclara ouvertement et reprit les ornements de la royauté.

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