CHAPITRE III
A l’église Sainte-Marie de Winnipeg.
« Les journaux anglais protestants, parlant de la réception de l'église Sainte-Marie, ont mis en tête de leur article : Royal Reception (Réception royale).
« Ce fut, en effet, une véritable ovation triomphale.
« Le dimanche 29, à trois heures après midi, toutes les sociétés catholiques de Winnipeg et de Saint-Boniface, à savoir la Société de Saint-Vincent de Paul, la Société de bienfaisance mutuelle catholique, les Forestiers catholiques, la Société de Saint-Jean- Baptiste, celle de Saint-Joseph, et la Catholic Truth Society, se réunissaient aux abords du palais archiépiscopal, chaque membre portant sur sa poitrine les couleurs et les armes de sa société.
« À quatre heures, votre serviteur, accompagné de M. Nicolas Banlf, un de nos catholiques irlandais les plus influents, et de M. Richard, riche marchand canadien, agent consulaire de France, venait dans une voiture de gala chercher le R. Père Général. Aussitôt, la fanfare de Saint-Boniface, qui avait gracieusement ofiert ses services, se mit en tête de la procession, composée de près de mille hommes et suivie d’une foule considérable qui allait toujours grossissant. On saluait de tous côtés avec le plus grand respect le vénérable vieillard objet de cette grandiose démonstration, qui le prit par surprise, comme il l’avoua plusieurs fois.
« Lorsque le défilé passa par la rue principale de Winnipeg, la foule des protestants qui couvraient les trottoirs et se pressaient aux fenêtres des résidences privées, ne salua point, mais garda une attitude parfaitement correcte.
« On dévorait des yeux ce prêtre étranger, à qui les catholiques
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des deux villes faisaient une telle ovation qu’un gouverneur ou un
premier ministre la lui auraient enviée, et plusieurs se disaient
sans doute en secret : « Il faudra bien tout de même que nous
« comptions avec ces gens-là. Ils forment un groupe uni et puis- É « sant; il y a là une force sociale que nous ne pouvons point
« méconnaître et dédaigner. »
« Oui, c’est une grande force, puisque c'était la force du sentiment religieux, du sentiment chrétien, qui avait réuni la fine fleur de nos catholiques, bien déterminés à réclamer leur part de libertés religieuses et politiques.
« La fanfare de Saint-Boniface exécuta ses plus beaux airs, et ce ne fut pas l’une des moindres attraccions des bambins qui inondaient les rues.
« Lorsque nous pénétrâmes dans l’église, elle était déjà remplie de fidèles, impatients de saluer le roi de la fête.
« À l’arrivée du T. R. Père, chacun se leva par respect, comme pour un évêque.
« On avait disposé des sièges dans le sanctuaire pour nos Pères et les divers membres üu clergé, qui formèrent une couronne wuonneur autour de notre vénéré Père. »
M. Cass, architecte, et M. Dumouchel, président de la Société de Saint-Jean-Baptiste de Winnipeg, lurent, le premier en anglais, le second en français, les adresses suivantes :
Adresse anglaise.