II. — ANNIVERSAIRE DE L'ÉLECTION DU T. R. PÈRE GÉNÉRAL
(11 MaAï)
C'est à la maison de Sainte-Marie que fut célébré, le 11 mai, le premier anniversaire de l’élection du T. R. Père Général. Le R. P. Georges racontait ainsi cette fête :
Vendredi passé, toute la Congrégation était dans la joie ; on célébrait le premier anniversaire de cette belle journée qui nous avait donné un nouveau Père. Mais si la joie était partout, j'ose affirmer que nulle part cette fête de famille n’eut un caractère plus intime et plus solennel qu’à Sainte-Marie : notre bien-aimé Père y présidait lui-même. La veille, les RR. PP. Camper, Magnan (Jos.) et Dupont, descendus à Winnipeg pour la visite, avaient présenté les hommages de leur piété filiale au T. R. Père Général ; ils ne pouvaient rester pour le lendemain ; ils devaient remonter aussitôt dans leurs Missions respectives. Pauvres Pères, ils le regrettaient bien, mais le bon Dieu les appelait ailleurs. Le jour est arrivé, il est midi; tout le monde est là : notre T. R. Père Général, le R. P. Antoine, le R. Père Vicaire, les RR. PP, Allard, Poitras, Dandurand, Mac Carthy, Blais, O’Dwyer, les FF. Georges, Boisramé et Doyle ; et il n’y a que des Oblats : c’est bien une fête de famille. Le réfectoire est élégamment orné; de longs festons de verdure courent le long des murs et encadrent les portes, les fenêtres et les meubles. Devant le siège du T. R. Père Général, les portraits de ses deux'vénérables prédécesseurs se détachent agréablement sur un lit de feuillage et de roses. Des fleurs choisies forment un très beau bouquet au milieu de la table. Tout respire la simplicité et la gaieté. Notre bon F. Doyle a montré dans ce travail son cœur d'artiste et de fils dévoué. Mais on ne s’arrète pas -ongtemps à contempler les merveilles de notre bon F. Doyle, on veut faire honneur à notre excellent Père Econome.
Ce ne fut pas un dîner princier, il n’y eut ni champagne, ni liqueurs, ni vins d'aucune sorte; ces choses-là ne sont guère nécessaires non plus pour bien diner et dîner le plus gaiement du monde ; nous nous en aperçûmes vendredi dernier. Cependant il
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fallait quelque chose, il fallait une parole aussi éloquente qu’'autorisée pour donner une voix aux sentiments de respect filial qui nous animaient envers notre bien-aimé Père. Cette consolation ne nous manqua pas.
Notre bon Père Vicaire se lève, et dans un discours où nous sentimes vibrer tout son grand cœur, il exprima à notre Père notre bonheur de le posséder au milieu de nous; il lui dit combien nous nous sentions encouragés, fortifiés par la sollicitude toute paternelle qu'il ne cesse de nous témoigner ; il lui dit quels sentiments de respect, de vénération et d'amour nous nourrissons pour sa personne et pour toute la Congrégation. Que ne puis-je reproduire ces belles paroles!
Que ne puis-je surtout rendre cet accent convaincu tout vibrant de fierté quand l’orateur parlait de ses Pères, tout plein d’une si grande humilité quand il parlait de lui-
même !
Lo R. P. TEMPIER, Notre bien-aimé Père premier compagnon de notre vénéré A st répondit dans cette langue PR Si hder de nos mlonibhe d'AmUtique, qui n'appartient qu'à lui,
et il y répondit de manière à mettre le comble à notre bonheur. Il remercia d'abord notre bon Père Vicaire, « cet élu de Dieu, celui que Dieu lui-même avait pris par la main pour le conduire au gouvernement de la belle province du Manitoba, celui que Dieu lui-même avait comblé des dons les plus précieux pour en faire un supérieur selon son cœur. » Et puis, félicitant les Pères du vicariat de leurs
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travaux : « Courage, leur dit-il, car le bon Dieu vous bénit; vous avez fait bien des sacrifices pour établir vos œuvres, vous avez beaucoup souffert, mais vos peines et vos larmes n’ont pas été stériles : les belles manifestations qui ont salué mon arrivée en ce pays le prouvent encore mieux que toutes les constructions que vous pourriez posséder dans la contrée. En effet, qu'ont déclaré vos catholiques quand ils sont venus en si grand nombre recevoir le Supérieur général de la Congrégation? Est-ce à la personne du Supérieur que s’adressaient tous ces honneurs? Non, personne n’y songeait, je ne suis qu’un inconnu dans ce pays ! tous ces honneurs, et vos catholiques l’ont répété bien souvent dans leurs belles adresses, tous ces honneurs s’adressaient à vous, mes Pères, à tous nos Pères qui ont travaillé dans ce vicariat ; ils s’adressaient à vous tous, synthétisés dans la personne de votre Supérieur général, ils s'adressaient à vous tous, représentés par votre Supérieur général. Vos catholiques avaient compris que le Supérieur général d’une Congrégation en est comme la tête et le cœur ; que tout va à lui comme tous les rayons d’une circonférence vont au centre, qu'il incarne en sa personne la Congrégation tout entière, et voulant vous honorer, voulant célébrer votre esprit de zèle et votre charité, voulant en un mot proclamer tout ce qu’ils vous devaient et vous en remercier publiquement, ils ont remercié, célébré, honoré votre Supérieur général. Oui, mes Pères, courage ; continuez à donner tout votre temps, à dépenser tout votre zèle au profit des populations qui vous sont confiées ; vous avez vu combien vos souffrances et vos larmes avaient fécondé vos travaux, que ce soit pour vous un nouvel encouragement, afin que, sous la conduite de votre si digne et si dévoué Père Vicaire, vos œuvres ne fassent que s'accroître pour la gloire de Dieu, pour l'honneur de notre Congrégation et de la sainte Eglise, pour le salut de ces populations et le vôtre. Et permettez-moi de vous dire combien je suis heureux de me trouver, à pareil jour, au milieu de vous, à Winnipeg, l'avant-garde, la citadelle de nos belles Missions du Nord-Ouest. Je sais combien vous êtes attachés à votre Supérieur général ; votre bon Père Vicaire, dont l'amour pour la Congrégation et son chef est si notoire, vient encore de m'en assurer en votre nom. Eh bien, moi aussi je vous aime. Dès le jour de mon élection j'ai eu pour vous tous et pour chacun de vous une
affection paternelle. Demeurons toujours unis comme nous le sommes, et nous serons inébranlables. Toute notre force doit venir de là; sans votre affection, je ne puis rien, et sans votre attachement au chef de la famille vous ne pourriez rien non plus. Vous avez toujours donné l’exemple de la soumission filiale à votre Supérieur général, et vous avez réussi dans vos œuvres. Continuez dans vos sentiments, et le succès continuera à répondre à vos efforts. »
PAVAYA YA A AT