II. — LE CONGRÈS SAUVAGE
Ce fut un des incidents les plus piquants du voyage que cette grande réunion d’Indiens, païens ou convertis. Ce congrès de sauvages tenu sous la présidence du Supérieur général prouva l'influence des missionnaires, l’action profonde exercée par eux sur ces peuplades, et il prépara aussi la conversion de plusieurs infidèles. — Suivant notre méthode, nous nous contenterons de reproduire ici le récit d’un témoin oculaire, celui-là même dont on vient de lire les pages intéressantes.
« Le bouquet de toutes ces fêtes a été certainement la réunion des sauvages chrétiens et païens. Il est regrettable que Mgr Taché, notre bien-aimé archevêque, qui en a été le promoteur zélé, et le R. P. Lacombe, qui a négocié heureusement l'affaire avec le gouvernement afin d'obtenir quelques secours pour nourrir les sauvages, n'aient pas été capables d’y assister ; ce sont deux vides énormes que rien n’a pu combler.
« Néanmoins, le congrès sauvage a été fort intéressant, même pour ceux qui ne savaient pas le sauvage, grâce aux habiles et bienveillants interprètes dont le nom mérite ici une mention honorable : le R. P. Hugonard pour les Cris, le R. P. Allard pour les Sauteux et le R. P. Favreau pour les Sioux;les RR. PP. Camper, Magnan (Prisque), supérieur de Qu’appelle, et Campeau sont aussi venus à la rescousse des Sauteux.
« On évalue à plus de 800 (d’autres disent 1.000) le nombre des sauvages présents aux fêtes, et cela malgré que l'invitation n'ait été faite qu'aux Indiens des réserves voisines et aux seuls catholiques.
es NOT us
« L'’appât des vivres et une certaine curiosité ont mis sur pied un certain nombre de sauvages païens. S'il y avait eu invitation générale, nous aurions compté au delà de 2.500, peut-être 3.000 sauvages.
« Je suis tenté de renoncer à décrire les costumes des assistants ; M. l'abbé Rocan aura l'honneur d’avoir immortalisé, au moyen de son appareil photographique, des types qui méritaient cette distinction. Beaucoup de personnes aimeront par exemple à posséder le portrait de Pia-Pot, le vieux chef païen, et celui de O’Shouppe, le chef chrétien, catholique, noble conquête de la civilisation chrétienne.
« Mais plusieurs païens ont refusé catégoriquement de se laisser photographier, et il aurait fallu le crayon ou le pinceau d’un artiste caricaturiste pour reproduire sur le papier ou sur la toile les sauvages paiens vermillonnés, les cheveux tressés ou retombant sur les épaules en mèches incultes, les oreilles ornées de boucles comme les héros d'Homère, et se drapant, avec la fierté des anciens Romains en toge, dans leurs couvertes à larges carreaux rouges et bleus ou dans un simple morceau de coton blanc portant sa marque de commerce. Plusieurs étaient en partie couverts de peaux de bêtes disposées en casque ou en collerette, pèlerine : le bord de la couverte ou du manteau et le pantalon de couleur sont quelquefois garnis de queues de belettes, en guise de passenoils.
« Point d’armes, mais un long calumet de paix, servant de manche à une hachette fort inoffensive.
« Quelques vieux sauvages portaient comme un sceptre une aile ou plumeau d’aigle noir ou d’aigle à tête blanche (aigle américain), très commun, dit-on, dans la région de la montagne du Cyprès.
« Donc, ils étaient là, Cris, Sauteux, Sioux, Assiniboines, dans la grande salle bâtie récemment pour servir de gymnase aux enfants de l’école, et ils attendaient en toute patience l’ouverture de la séance.
« Le T. R. Père Général, accompagné du R. P. Antoine, de MM. les abbés Roy et Rocan et des RR. PP. Langevin, Camper, Allard, Magnan (Prisque), Hugonard, Saint-Germain, Campeau, Favreau, Comeau, O. M. I., prit place sur la plate-forme et l’on déclara le congrès ouvert. »
f indien.
Type de che
Les piscours. — « Par politesse et par diplomatie, on voulut d’abord faire parler les païens; mais il refusèrent, pour les mêmes raisons, sans doute.
« Alors, un chef chrétien se leva, et, après avoir touché la main à tous les missionnaires, selon le cérémonial sauvage, il exprima d’abord sa joie de voir devant lui un si grand chef venu de par delà le grand lac salé, et il fit une courageuse profession de foi catholique, en présence de ses irères païens :
Très. grande robe noire, nous sommes fiers d’être ici aujourd’hui et de te rencontrer. Nous te remercions d’être venu de si loin afin de nous voir. Nous sommes catholiques ; nous avons accepté la grande bonne prière que tu prêches avec les robes noires que tu a envoyées au milieu de nous. Nous te remercions, nous remercions tes robes noires, nous disons grand merci aux filles de la prière (les religieuses) pour toutes les belles et grandes bonnes choses qu'elles disent et font pour nous et pour nos enfants. Très grande robe noire, nous te demandons avec instance de nous prendre en pitié ; nous sommes nombreux dans nos réserves, beaucoup de nos frères ne prient pas encore la grande bonne prière du Grand Esprit. Nous espérons que tu nous donneras une robe noire pour demeurer plus longuement avec nous.
« Son discours terminé, il toucha de nouveau la maïn des prêtres et il reprit son siège.
« Un autre sauvage catholique, un néophyte baptisé seulement depuis Pâques et confirmé le matin même par le R. Père Général des Oblats, demanda la permission de dire quelques mots. Au grand étonnement des Pères qui connaissent le fanatisme des païens au milieu desquels il vit, ce brave Indien professa sa foi avec une fermeté admirable, Evidemment, il avait bien reçu le don de force.
Je suis en deuil, dit-il, je viens de perdre mon père ; mais la joie de ta présence est si grande que j'ai voulu oublier mon chagrin pour venir te toucher la main et te dire que mon cœur est heureux depuis que j'ai pris la prière des blancs. Tu dis que tu viens au nom du Grand Priant, le Pape ; eh bien, dis-lui le bonjour de ma part ; dis-lui que nous sommes ses enfants et que nous l’aimons bien,
Discours de Pia-pot. — « À ce moment, on pria le vieux chef Pia-pot de faire son discours. Il se leva aussitôt.
« Il avait dé'à rejeté sa couverte jadis blanche et il apparut avec son justaucorps en peau de caribou, garni de languettes de cuir en guise d’épaulettes et de frange. Un sourire moqueur errait sur ses lèvres, et ses petits yeux de fouine brillaient comme des escarboucles ; ses longs cheveux, vierges du peigne, retombaient pêlemêle sur ses épaules et ses joues. Le rusé compère semblait se douter de l'intérêt qu’il excitait et s’y complaire doucement.
« C’est le R. P. Hugonard qui l’interpréta en français. Pia-pot parle le cris.
« Après la cérémonie de la poignée de main donnée à tous les missionnaires, il commença :
Dis à ce grand chef que je suis content, moi aussi, de le voir, afin de le saluer et de lui dire ce que j'ai dans le cœur. Je suis de ceux qui sont sortis de cette terre et qui ont toujours été les maîtres de ce pays.
« Ici, Pia-pot s’interrompit pour faire remarquer que personne n'écrivait ce qu’il disait : i/ veut que ses paroles aillent loin dans les grands papiers qui courent par le monde (journaux). Sur la réponse des Pères que tout serait gravé dans leur mémoire, il continue :
Jamais je n'ai consenti à vendre nos terres aux blancs. Comment pouvons-nous vendre la terre P Est-ce qu'elle n'appartient pas au maître de la vie, au grand Manitou P Il n’y a aucun prix qui puisse la payer.
Et puis, la terre ne forme qu’un avec mon corps. Est-ce qu'il est permis à un homme de vendre son corps P
Mais les blancs nous ont trompés. Ils nous ont fait de belles promesses, Leur bouche était pleine de sucre. Ils ont gagné à leur cause quelques-uns des nôtres qui ont cru à leurs paroles.
Ma:: moi, je n’ai jamais voulu me fier à eux.
Ils avaient promis aux vieux chef Piguis, près de Selkirk, de ne prendre que deux milles de chaque côté de la rivière Rouge ; ils ont fini par s'emparer de tout le reste.
Ici, ils font la même chose,
Nous ne sommes plus maîtres sur nos réserves. On nous prend non seulement notre terre, mais même nos arbres, et l'on nous défend de tuer
le gibier dans nos bois et nos prairies et de prendre le poisson dans nos rivières.
On nous a donné des animaux, mais s’il arrive que quelqu'un de nous en tue pour le manger, il est menacé d'aller en prison. L'argent du traité nous est payé trop tard durant l'été ; nous devons le donner tout de suite, parce qu'il a fallu s'endetter pour vivre.
Les blancs sont des avares, des rapaces ; ils ramassent pour eux tout ce qu'il y a sur la surface de la terre. Ils sont si avares que quand ils crachent, ils mettent ce crachat dans un linge pour ne rien perdre.
Tu vois nos visages amaigris ; tu vois nos habits déchirés. Regarde comme nous sommes pauvres et misérables. Notre race va bientôt disparaître. J'ai déjà perdu près de deux cents personnes dans ma réserve depuis quelques années. Notre religion s'en va, la religion des blancs est plus forte.
« Alors Pia-pot, montrant deux doigts de la main, demanda au P. Hugonard : « Comment appelles-tu cela en français ? — Deux », répondit le Père.
1 Eh bien, reprit Pia-pot, dis-lui que je veux encore danser deux danses h en l'honneur du soleil, et alors je verrai ce que je dois faire. Je ne sais ni LEE lire, ni écrire comme les blancs ; si j'ai mal parlé, pardonne-moi. Il y a plusieurs années, j'ai promis au « grand prêtre », Mgr Taché, que je ne ferais jamais la guerre aux blancs, et j'ai tenu parole avec mes gens. Cependant, je garde ma façon de prier le Grand Esprit ; je ne veux pas plus changer ma religion que je ne veux changer ma peau. Il y en a qui disent que les sauvages qui meurent après avoir pris la prière des blancs ne sont pas reçus dans le ciel des sauvages parce qu'ils portent des croix, et ils sont chassés du ciel des blancs parce que leur peau est noire.
« Ici, un missionnaire, craignant la mauvaise impression que pouvait produire cette profession de foi païenne et cet exposé d’une croyance d’origine satanique très répandue chez les sauvages, se permit d'interrompre Pia-pot, et l’on entendit aussi des protestations de la part des chrétiens.
Je n’exprime pas ma conviction, repartit alors le vieux drôle, mais je dis ce qui se répète parmi nous. Je ne méprise pas la prière des blancs ; j'envoie mon petit-fils à l’école de Qu'appelle. Au reste, je pourrais bien, moi aussi, dire de belles paroles. Je sais comment on parle aux blancs quand on veut leur faire plaisir, mais j'ai promis de dire ce qu’il y avait dans mon cœur. Grand chef de la prière des blancs, je te salue.
« Ce discours fut débité avec une éloquence vraiment remarquable, et je regrette de ne pouvoir en donner que de courts passazes. Les païens l’applaudirent plusieurs fois en faisant sortir du fond de leurs gorges une sorte de grognement significatif.
« Les autres orateurs païens qui parlèrent ensuite eurent bien soin de dire au début qu'ils pensaient tous comme le vieux chef. « Ce que le vieux dit, je le dis moi aussi », répétaient-ils à l’envi. L'un d’eux, comme pour répondre à l’objection de servilisme, dit qu’il aurait parlé ainsi s’il s'était levé le premier.
« J'ai remarqué que tous les jeunes païens se sont excusés de ne pas avoir encore la sagesse des anciens, ce qui m’a semblé une leçon d’humilité pour les jeunes visages pâies.
« Un des païens a demandé carrément si leurs discours allaient avoir quelque résultat pratique.
J'ai maints chapitres vus, Qui pour néant se sont ainsi tenus,
aurait-il pu dire avec le bon La Fontaine.
« Un autre se plaignit de ce que leurs paroles n’allaient pas plus loin que Winnipeg.
« Alors un Sioux païen appelé La Suisse demanda à parler, et le R. P. Favreau l’interpréta.
Je suis heureux, moi aussi, dit-il, en s'adressant au Supérieur général. Ta présence rend la nature plus belle autour de nous. La feuille des arbres est plus verte, les fleurs des prairies plus parfumées, le soleil plus brillant. En te voyant, ce matin, il m'a semblé que c'était le Grand Esprit qui descendait sur la terre. Nous savons que la parole de la robe noire est droite, qu’il ne nous trompe pas. Nous avons confiance en lui. Nous avons placé nos enfants à l'école ici et nous sommes contents. Nous t'avons promis de faire baptiser nos enfants, et déjà nous en avons présenté deux à notre Père. Nous comprenons que l’école est une bonne chose et que nos enfants apprennent de bonnes choses. Je te salue.
Discours d'O’Shouppe. — « Vint enfin le tour d’O’Shouppe, excellent sauvage chrétien, qui, il y a vingt ans, adorait le soleil, dansait en son honneur, vivait avec deux femmes, allait à demi vêtu, et faisait de la sorcellerie ou médecine diabolique. O’Shouppe est maintenant vêtu comme un gentleman, et il possède un magni-
tique troupeau de chevaux et de bestiaux. Il récolte, chaque année, une ample moisson de blé et de légumes, et il habite une jolie maison fort proprette au lac Croche, à soixante milles de Qu'’appelle. O’Shouppe est une conquête du R. P. Decorby, et les mis-. sionnaires ont en lui un auxiliaire puissant, zélé ct fort intelligent. Sa fille Isabelle, élève de l’école industrielle de Qu’appelle, a été envoyée avec des Sœurs Grises à Chicago, pour représenter l’institution à l'Exposition colombienne (World’s Fair).
Très grande robe noire, le premier mot que j'ai à te dire, en mon nom et au nom de tous les sauvages du lac Croche, doit venir du fond de mon cœur; je me réjouis beaucoup dans mon cœur de te voir ici avec tes robes noires. Et en mon nom et au nom de tous les sauvages qui sont venus de loin, de toutes les réserves que tes prêtres visitent, je viens te dire, très grande robe noire, grand merci, grand merci d’être venu de bien loin pour nous rencontrer ici dans ces grands et très beaux jours de fêtes de la bonne prière. Oui, vraiment, du fond de nos cœurs, nous devons te remercier, toi, très grande robe noire, et tous nos Pères, pour le grand et bien bel ouvrage que vous faites au milieu des sauvages et en faveur de nos enfants. Ah! nous aimons à les voir aujourd’hui nos enfants ! Nous sommes fiers d'eux tous et nous nous sommes tous réjouis dans nos cœurs, les entendant dire et les voyant faire des choses belles et bien curieuses. Grand merci aux Pères de l’école, qui travaillent nos enfants avec soin et intelligence pour mettre dans leur cœur et leur esprit toutes les belles et bonnes choses que les Blancs connaissent. Grand merci aux filles de la prière qui se donnent tant de trouble, qui se montrent toujours le cœur plein de charité pour nos enfants. Avec toi, très grande robe noire, je dis, au nom de tous les sauvages, grand merci au gouvernement et à tous ses employés, qui ont bien voulu prendre nos enfants en pitié et dépenser de grosses sommes d’argent pour leur faire du bien... Vraiment, quiconque a un peu d'intelligence et de cœur, quiconque voit tout le bien qui se fait ici pour nos enfants, ne peut s'empêcher de dire, le cœur plein de joie : « Merci, merci! » Vraiment, nous nous réjouissons aujourd’hui dans nos cœurs.
Depuis quarante ans, nous n’avons pas encore vu les choses grandes et bien curieuses que nous voyons tous aujourd'hui. Il y a quarante ans, nous ne connaissions pas la robe noire ; nous ne la voyions de loin que très rarement. Nous ne comprenions pas son grand ouvrage. Les Oblats, tes robes noires, sont les premiers qui sont venus nous rencontrer dans le bon temps. Et depuis, ils ont changé toutes les réserves des sauvages. Oui, aujourd’hui, tout est changé; quelle différence entre nos enfants
d'aujourd'hui, qui sont enseignés dans les grandes écoles, et les enfants qui vivaient autrefois! Quelle différence aujourd'hui même entre nos enfants qui sont aux grandes écoles et ceux que les parents gardent chez eux ! Grand prêtre, aujourd’hui tes robes noires sont partout : au Manitoba, ici, là-bas, loin dans le nord, là-bas, loin, de l’autre côté des Montagnes Rocheuses. Moi, je les ai vues presque partout, j'ai été loin, ‘dc l'autre côté des Montagnes Rocheuses, dans les grandes forêts (Colombie Britannique). Là, à la Colombie Britannique, j'ai été joyeusement surpris ;
j'ai vu des milliers de catholiques ; ne parlant pas leur langage, j'ai pris mon chapelet.
« Ici, l’orateur sort son chapelet de son gousset et le montre.
J'ai commencé à prier devant eux. Alors, nous nous sommes compris ; nous ne formions plus qu’une même famille, et déjà nous nous aimions. Wah !'wah ! come ils prient, tous ces sauvages ! J'ai passé un mois avec eux, et je les ai vus se réurir tous les soirs et tous les matins pour réciter le chapelet. J'ai été bien surpris : ces savvages écoutent la robe noire; ils ont tous accepté la grande bonne prière du Grand Esprit que prêche la robe noire. Ils sont heureux et vivent bien. Ici, c'est bien étonnant, c’est le contraire; on n'écoute pas la bonne parole de la robe noire. En les voyant, je pensais ici à ma terre (à mon pays), et j'avais de la peine dans mon cœur; je me disais : « Ah! je désire fort que les sauvages là-bas d'où je viens se conduisent comme ces sauvages. » Grand prêtre, j'aurais encore beaucoup à te dire; mais, comme mes amis ont parlé déjà longuement, je crains de te fatiguer. Je te salue et te remercie encore, toi et toutes tes robes noires. Maintenant, je veux dire seulement quelques mots à mes frères et amis sauvages.
« Se tournant du côté des sauvages, il parla ainsi :
Mes parents, je ne suis pas digne de vous parler aujourd'hui en présence du grand prêtre ; mais je désire vous communiquer tout ce que je vois dans mon esprit et ce que j'éprouve de joie dans mon cœur.
Vous voyez, vous comprenez aujourd’hui ce que nous devons penser du prêtre et ce que nous devons penser du gouvernement. Les prêtres (les robes noires) ont leur ouvrage, ie gouvernement a son ouvrage. L'ouvrage des robes noires n’est pas du tout semblable à l’ouvrage du gouvernement. Vous l'avez vu, hier et aujourd’hui, l'ouvrage des robes noires. Réfléchissez donc fortement et comprenez que cet ouvrage des robes noires est pour vous et pour nous tous. Pensez au Grand Esprit, afin qu'il vous aie à bien comprendre et à bien accepter de bon cœur le grand ouvrap: des robes noires qui marchent tout le temps dans nos réserves.
‘uorput Juowoduwen
« O'Shouppe veut leur faire comprendre qu'ils doivent écoutet et accepter la religion prêchée par les prêtres.
L'ouvrage des robes noires, si vous l'acceptez, si vous vous en servez bien, ne pourra pas manquer de vous faire du bien. Tenez, voulez-vous comprendre le grand ouvrage de la vraie robe noire? Voyez, regardez vos enfants. Que pensez-vous P Les enfants qui sont enseignés dans ces grandes écoles et ceux qui n'y sont pas sont-ils pareils P Ah! il y a, vous le savez bien, une bien grande différence entre les enfants qui sont enseignés dans les grandes écoles et ceux qui sont privés de ces bons enseignements. Les enfants qui sont gardés dans les grandes écoles apprennent les bonnes et grandes choses que les robes noires ont dans leurs têtes (esprits). Ils sortent pour ainsi dire de la grande nuit où ils se se trouvaient pour entrer avec les robes noires dans la grande lumière. Les enfants qui sont dans les réserves, pensez-vous qu'ils sont capables de dire de belles choses et de faire des choses curieuses comme nos enfants P Jonglez (méditez) donc fort sur tout ce que vous avez vu et entendu ici, et servez-vous de tout cela pour vous faire du bien.
Vous penserez peut-être ainsi : les Blancs aident O'Shouppe et voilà pourquoi il nous parle si fortement. Les autres ont parlé, ils ont craint de vous dire quelques mots. Moi, je désire, comme tous ceux qui prient avec moi, je désire que tous mes semblables connaissent les grandes vérités de la bonne prière que le Grand Esprit a eu la charité de nous faire connaître.
« Ce discours d'O’Shouppe fut applaudi à plusieurs reprises par les métis et les sauvages catholiques.
« Aussi éloquent que Pia-pot, il met plus de douceur et d’insinuation dans sa voix, et l’on est frappé du contraste de sa modestie chrétienne avec la fierté raide ou railleuse du vieil adorateur du soleil. »
Réponse du T. R. Père Général. — « Il était bien temps que le Supérieur général eût son tour. Le R. P. Hugonard l’interpréta en cris. Il exprima d’abord sa joie de voir une réunion si importante et d’avoir entendu des discours si intéressants.
Je ne viens pas, dit-il, au nom du gouvernement, mais au nom de celui que plusieurs d’entre vous connaissent si bien, de Mgr Taché, votre vénérable archevêque. Je suis content de ceux qui prient avec nous et j'espère que les autres prieront bientôt. Assurément, nous ne sommes pas indifférents, nous missionnaires, à vos peines, à votre misère physique.
EE
OR E han 2 qe
es
RSS